Le mystère de Listerdale

Fiche identité

  • Titre du livre : Le mystère de Listerdale
  • Auteur : Agatha Christie
  • Nombre de pages : 219
  • Édition : Le Masque
  • Année de publication : 1934

Résumé

Nous avons ici une douzaine de nouvelles.

Avis    

Lorsqu’on abuse des bonnes choses, on finit par s’en lasser. J’ai récemment lu un Agatha Christie qui m’avait fait très plaisir et j’ai choisi de continuer dans la même veine, en espérant plonger dans une enquête de Miss Marple ou de Hercule Poirot (je lis rarement les résumés depuis ma mésaventure avec Ethan Frome).
J’étais un peu déçue en apprenant qu’il s’agissait uniquement de nouvelles, mais comme j’avais un bon historique sur Agatha Christie, je me suis quand même lancée. Ce livre est très semblable à un autre que j’avais déjà présenté ici intitulé Dix brèves rencontres et il reprend même certaines anecdotes comme « La métamorphose d’Edward Robinson » ou « Jane cherche une situation ».
Mais les histoires sont de qualité très inégale : certaines jouent sur le mystère tandis que d’autres ne sont qu’une succession de faits aboutissant à une conclusion tordue et peu crédible. J’ai remarqué que si Agatha Christie excelle dans les histoires de crime, l’incursion dans d’autres genres littéraires ne lui convient pas trop.
Le style d’écriture est simple comme d’habitude. Mais je me suis sentie souvent confuse, car les nouvelles sont courtes donc il a fallu changer rapidement de contexte, d’histoire, de noms de personnages toutes les vingt pages. Comme j’aime bien m’immerger dans un récit, les coupures m’ont paru trop abruptes et les intrigues peu complètes.
Une lecture qui ira très rapidement aux oubliettes !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  A.B.C. contre Poirot – A l’hôtel Bertram – Allô, Hercule Poirot – Associés contre le crime suivi de Le crime est notre affaire – Black coffee – Cartes sur table – Christmas pudding – Cinq heures vingt-cinq – Cinq petits cochons – Destination inconnue – Dix brèves rencontres – Dix petits nègres – Drame en trois actes – Hercule Poirot quitte la scène – Je ne suis pas coupable – Jeux de glaces – La dernière énigme – L’affaire Protheroe – La fête du potiron – La maison biscornue – La maison du péril – La mort dans les nuages – La mort n’est pas une fin – La mystérieuse affaire de Styles – La nuit qui ne finit pas – La plume empoisonnée – La toile d’araignée – La troisième filleLe bal de la victoireLe chat et les pigeons – Le cheval pâle –  Le club du mardi continue – Le couteau sur la nuque – Le crime de l’Orient-Express – Le crime du golf – Le flambeau – Le flux et le reflux – Le major parlait trop – Le meurtre de Roger Ackroyd – Le miroir se brisa – Le mystérieux Mr Quinn – Le Noël d’Hercule Poirot – Le second coup de gong – Le secret de Chimneys – Les enquêtes d’Hercule Poirot – Les indiscrétions d’Hercule Poirot – Les pendules – Les quatre – Les sept cadrans – Les travaux d’Hercule – Les vacances d’Hercule Poirot – Le train bleu – Le train de 16h50 – Le vallon – L’heure zéro – L’homme au complet marron – Marple, Poirot, Pyne et les autres –  Meurtre au champagne – Meurtre en Mésopotamie – Miss Marple et le club du mardi – Mon petit doigt m’a dit – Mort sur le Nil – Mr Brown – Mr Parker Pyne – Mr Quinn en voyage – Mrs McGinty est morte – Némésis – N ou M? – Passager pour Francfort – Pension Vanilos – Poirot joue le jeu –  Poirot résout trois énigmes – Pourquoi pas Evans? – Rendez-vous à Bagdad – Rendez-vous avec la mortTant que brillera le jour – Témoin à charge – Témoin indésirable – Témoin muet – Trois souris – Un cadavre dans la bibliothèque – Un, deux, trois… – Une mémoire d’éléphant – Une poignée de seigle – Un meurtre est-il si facile? – Un meurtre sera commis le … – Un visiteur inattendu 

Un héros de notre temps

Fiche identité

  • Titre du livre : Un héros de notre temps
  • Auteur : Mikhaïl Lermontov
  • Nombre de pages : 420
  • Édition : Flammarion
  • Année de publication : 1839

Résumé

Le narrateur, en voyage dans le Caucase, se lie d’amitié avec un capitaine russe, Maxime Maxymitch. Ce dernier lui raconte une anecdote concernant un officier russe nommé Petchorin.

Avis    

En voyant la couverture de ce livre, je sens que les visiteurs réguliers de ce blog vont s’exclamer : « Quoi ? Encore une histoire de soldat ! Elle s’est entichée de l’armée ou quoi ? ». Malgré les apparences trompeuses, je ne savais absolument pas que ce livre parlait de la vie d’un soldat, car je n’avais pas lu le résumé. Mon choix s’est basé sur deux éléments : le titre, un peu mystérieux et qui invite à la découverte ; et le fait que ce soit un auteur russe.
Et là, ce fut encore et une fois de plus une très belle découverte dans la littérature russe : loin de la vie de garnison monotone de Joseph Roth (cf. La marche de Radetzky), on suit un personnage atypique nommé Petchorin. C’est un être égoïste, désabusé et méprisant, qui parfois choisit volontairement la méchanceté et la cruauté : il n’hésite pas à enlever une jeune fille pour ensuite la délaisser une fois la passion éteinte ; il séduit une fille que courtise un de ses camarades pour le provoquer un duel ; il ignore ses anciens amis et se soucie peu de ce que les gens pensent de lui.
Je ne sais pas comment vous l’expliquer, mais je l’ai apprécié : c’est vrai que dans ma description, je n’arrive pas à rendre le personnage en entier et pire, j’ai l’impression de le caricaturer. Mais il m’a plu, peut-être parce que son comportement atypique représente des morceaux de caractère de gens que je connais et que de ce fait, son attitude ne m’a pas choqué, mais au contraire m’a paru très concrète. Il m’a plu aussi, car il me rappelle les héros tortueux de Dostoïevski ainsi que l’Eugène Onéguine de Pouchkine. 
On sent dans l’écriture de Lermontov les prémisses des chefs-d’oeuvre qui ont façonné la littérature russe du XIXème siècle. Ces descriptions sont magnifiques et rendent parfaitement l’ambiance du Caucase. Son style est riche, soutenu, avec des phrases poétiques, mais il n’y a pas de longueurs, pas de mot en trop. Tout est à sa juste place et le rythme est agréable. Je n’ai pas mis le 4ème cœur, car les remarques désobligeantes et condescendantes que le narrateur et Petchorin avaient envers les autochtones m’ont agacé. On sent encore la domination impérialiste et le mépris des peuples vaincus dans ces écrits.
Bref, je recommande ce livre exclusivement aux amoureux et familiers de la littérature russe ! Pour les débutants, essayez de commencer par quelque chose de plus doux et ensuite revenez vers Lermontov.