Le ventre de Paris

Fiche identité

  • Titre du livre: Le ventre de Paris  
  • Auteur: Emile Zola
  • Nombre de pages: 384
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Florent s’évade du bagne de Cayenne et revient discrètement à Paris. Il s’installe chez son frère Quenu, charcutier aux Halles. Cet homme idéaliste ne rêve que de justice au milieu de cette horde de marchands.

Avis     

Je continue ici dans la série des Rougon-Macquart. Ce troisième tome nous emmène dans les Halles, au sein de la classe marchande et ouvrière. L’auteur nous offre ici un tableau somptueux : nos sens sont enivrés par l’odeur de la nourriture, par le bruit du marché, par l’effervescence qui règne dans ce quartier. On s’y croirait presque, on est presque abruti par tout ce mélange éclectique et cette débauche de couleurs et de descriptions.
Il critique aussi ce système où l’abondance côtoie la misère : à côté des étals richement remplis errent des enfants abandonnés et affamés qui chapardent ceux qu’ils peuvent.
Après son évasion du bagne, Florent s’installe chez son frère Quenu, charcutier aux Halles. Il peine à s’adapter à sa nouvelle existence et ne rêve que de justice sociale au milieu de ce commerce. Naïf et crédule, il tombera dans un groupe qui prépare un complot.
L’auteur souligne dans ce livre la cruauté de la nature humaine, même au sein de la classe ouvrière et marchande. La vie du quartier est rythmée par les rivalités, les jalousies, les médisances, les mesquineries et les cancans.
Le style d’écriture est riche, soutenu avec une abondance de descriptions et de détails précis. Je pense que ce roman est le plus descriptif et le plus documenté de Zola (bien que je n’aie pas tout lu, loin de là).
Toutefois, je ne mets pas plus en termes d’évaluation car j’ai trouvé les personnages un peu ternes sauf Mademoiselle Saget, cette femme venimeuse et aigrie. Lisa, la fille d’Antoine Rougon, joue un rôle secondaire, celui d’une grasse marchande qui souhaite une vie tranquille et posée.  Cadine et Marjolin, malgré un chapitre qui leur est consacré, ne participent guère au dénouement.
Bon, à découvrir quand même pour les amateurs de Zola !

Tout le bleu du ciel

Fiche identité

  • Titre du livre: Tout le bleu du ciel  
  • Auteur: Mélissa Da Costa
  • Nombre de pages: 840
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Emile, un jeune homme de 26 ans, est atteint d’une forme d’Alzheimer précoce. Il ne veut pas que sa famille le voit dans un état de décrépitude avancée et décide d’entamer un dernier voyage avec si possible, un(e) compagnon(ne) trouvé(e) sur Internet.

Avis     

J’ai eu beaucoup de préjugés sur ce livre, peut-être à cause du titre, du résumé un peu aguicheur, des commentaires un peu trop flatteurs des gens croisés ici et là.
Heureusement que je ne suis pas restée sur mes préjugés car j’aurai loupé une magnifique histoire qui m’a fait pleurer à chaudes larmes, qui m’a tenu en haleine pendant des nuits, qui m’a reconnecté à l’essentiel c’est-à-dire le moment présent, « le seul qui nous appartient ».
Le début m’a semblé assez conventionnel mais au fur et à mesure, l’auteur a su titiller ma curiosité sur ces deux personnages un peu insolites, Emile et Joanne. Ensemble, ils vont lentement s’apprivoiser, apprendre à se connaître et s’aider.
C’est une histoire touchante sur la maladie d’Alzheimer, sur le deuil, sur l’amitié qui naît au hasard de la vie, sur l’amour et ses méandres, sur l’émerveillement à propos des petites choses de la vie qu’il faut cultiver tous les jours, sur le voyage à la découverte du monde et de soi-même. Un sujet important évoqué est aussi celui de la fin de vie : comment aborder cette étape cruciale et difficile quand il faut choisir entre laisser partir dignement une personne ou bien la garder coûte que coûte en vie ?
Le style d’écriture est doux, touchant et lumineux. L’auteur ne sombre pas dans le pathétique mais au contraire, donne une touche d’espoir et de gaieté sur plusieurs sujets sensibles. Elle nous offre également des magnifiques descriptions des Pyrénées. Elle a une façon spéciale de décrire cette région au point qu’on s’y croirait presque.
La fin n’est pas un suspens mais laisse quand même un grand vide au cœur.
Un conseil : lisez-le !