Les grues volent vers le sud

Fiche identité

  • Titre du livre : Les grues volent vers le sud
  • Auteur : Lisa Ridzén
  • Nombre de pages : 423
  • Édition : La Peuplade
  • Année de publication : 2024

Résumé

Cette histoire se déroule en Suède. Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. Son quotidien est rythmé par les soins quotidiens des aides-soignantes, les brèves promenades avec son chien Sixten et les visites de son fils Hans. 

Avis    

C’est grâce à un réseau social connu que j’ai entendu parler de ce livre. Tout le monde en disait tellement de bien que je me suis laissée tenter par l’aventure. Nous allons suivre Bo, un Suédois en fin de vie dont le quotidien tourne autour des soins prodigués par les aides à domicile, des promenades avec son chien Sixten et des visites de son fils Hans. Au début, le récit tourne un peu en rond, car il est très répétitif. J’ai essayé de m’accrocher, d’autant plus que Bo est un vieil homme un peu grincheux, solitaire et bougon, donc il n’était pas très attachant. On découvre ses souvenirs avec sa femme, sa vie quotidienne, ses espoirs, l’amour qu’il porte à son chien Sixten, les relations difficiles qu’il entretient avec son fils Hans.
C’est dur de voir un homme sur le déclin, de voir qu’il est obligé de porter une couche pour garder le peu de dignité qui lui reste, de découvrir qu’il ne peut plus
prendre de décisions basiques sur sa vie, comme garder son chien. Tout le monde sait ce qui est bon pour lui, et lui est là, vivant mais sans voix. C’est un roman sur la vieillesse, sur la fin de vie qui nous rappelle que ce sera potentiellement un passage pour chacun de nous. Comme je le disais, je me suis un peu ennuyée devant la répétition des événements quotidiens, devant les souvenirs de cette vie banale, quand soudain la fin est arrivée. Les dix dernières pages ont été très émouvantes. C’est la fin qui a fait basculer cette note.
Le style d’écriture est sobre, doux et agréable. Bref, c’est un livre qui mérite le détour ! 

Pavillon de femmes

Fiche identité

  • Titre du livre : Pavillon de femmes
  • Auteur : Pearl Buck
  • Nombre de pages : 440
  • Édition : Le livre de poche 
  • Année de publication : 1946

Résumé

Cette histoire se déroule en Chine. Mme Wu, le jour de ses quarante ans, décide de cesser tout rapport sexuel avec son mari. Pour compenser cette situation, elle lui choisit une concubine. Mais les relations familiales ne sont pas aussi simples qu’elle l’imagine en introduisant une étrangère à la maison. 

Avis    

Cette histoire raconte la vie des femmes dans la Chine antique. Après leur mariage, les femmes sont enfermées dans le domaine familial, sous l’autorité de leur belle-famille. Dans la famille Wu, c’est Mme Wu qui prend toutes les décisions : la concubine pour son époux, les femmes pour ses fils, l’éducation de ses enfants, la gestion administrative de la maison et du domaine agricole, les fleurs qui seront plantées dans le jardin. Tout passe par elle, et elle dirige la maison d’une main de fer. Sa volonté est la loi, et personne n’ose s’y opposer ouvertement. La vie est un long fleuve tranquille pour elle, jusqu’à ce qu’elle rencontre le père André, un religieux. Ce dernier, par son caractère généreux, doux et tolérant, va modifier peu à peu son comportement.
Ce livre est très bien construit, car le personnage principal est parfaitement bien travaillé. On découvre ses émotions et tous les sentiments qui l’animent. Dans un monde où les femmes n’avaient aucune place, Mme Wu a su s’imposer  avec intelligence en profitant de la faiblesse de caractère de son mari. On découvre la condition de vie des femmes de l’époque qui, j’imagine, en majorité, n’ont pas eu la chance de Mme Wu. Que se passe-t-il si l’on est soumise à un mari violent, une belle-famille cruelle et agressive, ou pire, si l’on n’enfante que des filles ?
L’auteur décrit les traditions chinoises : les pieds bandés pour les petites filles, les mariages arrangés entre familles, l’importance d’avoir des fils pour une femme, le poids de la famille dans la vie quotidienne, le rôle attribué à chacun dans le microcosme familial.
Il y a beaucoup de passages qui font réfléchir dans ce livre sur l’amour, les relations dans un couple, le but de la vie. Ce passage m’a frappé, parce qu’il m’a permis de saisir une situation personnelle difficile que je vis actuellement :  » Élever une âme au-dessus de son niveau naturel est un acte dangereux. Les âmes, comme les eaux, ont leur lit naturel, et les forcer à le dépasser, c’est un acte contre nature et par conséquent dangereux. Car, lorsque l’âme se voit faire violence, elle cherche à reprendre son propre niveau et elle se disloque, tiraillée entre les niveaux supérieur et inférieur ; cela aussi est dangereux. La véritable sagesse est de peser et de jauger une âme et de la laisser vivre là où elle a sa propre place. »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  La mère – Vent d’Est, vent d’Ouest