Le coeur battant de nos mères

Fiche identité

  • Titre du livre : Le coeur battant de nos mères
  • Auteur : Brit Bennett 
  • Nombre de pages : 370
  • Édition : Autrement
  • Année de publication : 2016 

Résumé

Cette histoire commence en Californie, dans une communauté noire. Nadia et Luke sortent ensemble en cachette. Ils sont jeunes, imprudents : Nadia tombe enceinte. Elle choisit d’avorter, mais ce choix aura des répercussions sur la suite de leur existence. 

Avis    

J’ai un avis mitigé sur ce livre, car je ne sais pas vraiment vers quelle tendance il se tourne. La position de l’auteur est volontairement ambiguë et nous laisse dans un flou déconcertant.
Nadia, une jeune lycéenne brillante de dix-sept ans, décide d’avorter suite à une grossesse imprévue. Ce geste aura pourtant des conséquences non seulement sur elle, mais aussi sur son petit ami de l’époque, Luke, fils de pasteur, et Aubrey, sa meilleure amie.
On a l’impression que les personnages sont pris dans une spirale infernale qu’ils ne veulent pas quitter. Ce choix – car oui, c’est un choix de renoncer à la maternité – devient un fardeau pour ce trio amoureux. Ce passé va les hanter, les poursuivre et les abîmer. C’est là où je ne peux pas rejoindre l’opinion du narrateur : nous ne sommes pas irrémédiablement définis par nos choix passés. Comme Nadia, j’ai également pris cette option, mais je n’ai pas détruit ma vie, et je n’éprouve pas ce regret lancinant qu’elle a traîné comme une pierre dans son dos. Elle a choisi son avenir, elle a choisi un chemin différent de la communauté religieuse d’où elle vient. Et c’est dommage, car l’auteur n’exploite pas l’autre Nadia, celle qui a étudié à l’université, celle qui a voyagé, celle qui est différente par les expériences de vie qu’elle a vécu. On dirait qu’elle essaie de la maintenir dans son passé, que la société d’où elle est issue refuse d’accepter ce changement. 
Les personnages ne sont pas très attachants. Ils me rappellent un peu ceux de Sally Rooney : des gens blessés, torturés, qui aiment s’apitoyer sur leur sort, qui se complaisent un peu dans leur douleur. Ils cherchent chacun à leur manière l’amour et la considération : Luke, qui a raté sa carrière de footballeur à cause d’une blessure et qui traîne sa jambe, sa peine et ses déceptions dans le Cénacle ; Aubrey, qui a été abandonnée par sa mère et qui cherche à se faire accepter dans une communauté ; Nadia, qui est partie, mais que les gens refusent de ne voir autrement que  » la fille de celle qui s’est suicidée ». 
Le style d’écriture est fluide, agréable malgré quelques longueurs. 
J’ai fini ce livre avec un goût amer. J’avais envie de serrer Nadia dans mes bras, de lui dire de ne pas écouter ses vipères, ni ses démons dans sa tête. Que tout ce qui aurait pu exister n’est qu’illusion, et que s’accrocher à un passé fictif est un couteau qui ne blesse qu’une seule personne : elle-même.
À lire ? Je ne sais pas…

Ecrits de la maison des rats

Fiche identité

  • Titre du livre : Ecrits de la maison des rats
  • Auteur : Lao She 
  • Nombre de pages : 125
  • Édition : Editions Picquier
  • Année de publication : 2010

Résumé

Ce livre est une collection d’écrits de Lao She publiés dans plusieurs journaux. Il partage quelques-unes de ses pensées intimes sur plusieurs thèmes. 

Avis    

Je ne sais pas ce qui m’a attiré vers ce livre. Ce n’est ni le titre, encore moins la couverture ou l’auteur. Mais nos routes se sont rencontrées par hasard, et ce fut une belle surprise. Ce livre est une collection d’articles publiés par l’auteur dans plusieurs journaux sur une longue période. Il évoque des thèmes intimes : son enfance, sa mère, ses enfants, les animaux, la littérature, etc. Mais malgré la banalité du sujet, il sait insuffler une dose d’humour, de sarcasme et d’auto-dérision particulièrement délicieux.
Chaque chapitre fut une pépite d’or qui a égayé ma journée, au point que je retardai la lecture d’un nouveau chapitre pour prolonger le plaisir. J’ai beaucoup aimé les chapitres suivants : « Ma mère », « La lecture », « La littérature et la menuiserie », « Quand on a des enfants », « Les maladies bénignes » et « Les chats ».
Le style d’écriture est doux, agréable, fluide et drôle. Il y a un passage qui m’a beaucoup ému. Il évoque sa mère avec beaucoup de sobriété, mais dans ses lignes, on sent tellement d’amour : « J’avais peur, peur, peur, peur d’apprendre la nouvelle que je redoutais. Vivrait-on jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans, on reste toujours l’enfant de sa mère. Lorsqu’on a perdu sa mère bien-aimée, on est comme la fleur du vase qui garde sa couleur et son parfum, mais n’a plus sa racine ».
[…]
Ma vie m’a été donnée par ma mère. Si j’ai pu grandir et devenir un homme, c’est grâce au sang et à la sueur de ma mère. Si j’ai pu éviter de mal tourner, c’est grâce à l’influence de ma mère. Mes habitudes, mon caractère, je les ai hérités de ma mère. »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le pousse-pousse