L’échange des princesses

Fiche identité

  • Titre du livre: L’échange des princesses
  • Auteur: Chantal Thomas
  • Nombre de pages: 348
  • Édition: Seuil

Résumé

1721. Pour terminer un conflit, le régent de France a une idée audacieuse. Marier l’infante d’Espagne, âgée de quatre ans, à Louis XV. En échange, sa propre fille, âgée de douze ans, épousera l’héritier du trône d’Espagne.

Avis     

C’est avec un grand soulagement que je termine ce récit, à mi-chemin entre un essai, un document historique et un roman. L’histoire aurait pu être intéressante et elle l’est d’un point de vue purement historique.
Mais il manque le talent de conteur, cette magie qui fait qu’on aime les personnages pour les suivre jusqu’au bout. Hélas, on a l’impression de lire un documentaire composé de longues descriptions fades et sans panache. Le style d’écriture est plat, froid, rébarbatif et trop académique à mon goût. L’auteur insère des extraits de journaux, des morceaux de courrier pour renforcer son récit mais je trouve que ce procédé est terriblement ennuyeux. Et puis au moment on s’y attend le moins, le lecteur se retrouve au milieu de passages vulgaires, peut-être pour le secouer de sa torpeur.
Les personnages ne sont pas attachants, étant donné la distance que l’auteur met d’emblée. Leurs réactions sont inhabituelles et ne cadrent pas avec leur âge, surtout celle de l’infante. A quatre ans, je doute fort qu’une petite fille pense ainsi même à l’époque des Temps modernes.
Le narrateur fait aussi beaucoup de jugements de valeur en se référant à notre époque. C’est comme s’il trouvait scandaleux le fait que les filles étaient de simples pions, monnaies d’échanges politiques entre puissances rivales. Bien sûr que leurs situations respectives sont terribles mais à cette époque, ce sont des pratiques courantes et même nécessaires pour obtenir la paix.
Je me suis profondément ennuyée lors de cette lecture qui ressemble plus à une thèse qu’autre chose. Ecrire une histoire captivante n’est pas à la portée de tous. En tout cas, à éviter à tout prix malgré le buzz qu’il obtient dans le milieu littéraire !

Etre en vie

Fiche identité

  • Titre du livre: Etre en vie
  • Auteur: Cristina Comencini
  • Nombre de pages: 216
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Caterina se rend seule à Athènes pour identifier le corps de sa mère et de Sebastiano, son compagnon, décédés dans un hôtel. Elle y est rejointe par le fils de Sebastiano. Ces deux personnages, marqués par une enfance difficile, parviendront-ils à surmonter leurs blessures ?

Avis     

C’est une amie qui m’a prêté ce roman. Je la remercie de m’avoir fait découvrir cet auteur que je ne connaissais pas mais je suis navrée de ne pas avoir appréciée autant qu’elle ce livre. Confrontée au brutal suicide de sa mère, cet évènement va réveiller les fantômes du passé que Caterina pensait sagement enfoui dans sa mémoire : elle se retrouve face à de vieux souvenirs d’avant son adoption, lorsqu’elle était une petite fille maltraitée dans une famille défavorisée. Elle revoit son enfance et son adolescence solitaire, avec la figure de sa mère adoptive, éternelle combattante qui a su l’accompagner dans ses divers handicaps et combats.
Au milieu de cette triste rétrospective débarque Daniele, le fils du compagnon de sa mère. Lui aussi enfant a été malmené à cause d’un père qui avait des problèmes psychologiques.
Le temps de terminer les papiers, ces deux cabossés de la vie vont passer un moment ensemble. La relation que noue Caterina et Daniele est assez ambigüe jusqu’au bout : une amitié soudaine face au malheur commun qui les frappe ? un coup de foudre enfoui ?
Mais, c’est là où le charme s’arrête. L’histoire est esquissée rapidement sans profondeur. L’auteur nous offre des instantanés de vie, un peu vides et superficiels. J’aurai aimé que l’auteur nous écrive plus de pages pour mieux analyser et comprendre chacun des personnages. Il y avait matière à faire un beau récit mais hélas, je suis restée sur ma faim.
Le comportement de Caterina est parfois incompréhensible : elle s’accroche à ses souvenirs mais refuse de connaître plus de détails sur sa famille biologique ; elle reconnaît tout le bien que sa mère adoptive lui a apporté mais ne peut l’aimer car elle n’a pas fait le deuil de sa mère naturelle.
Daniele sait que son comportement n’est pas conventionnel mais il refuse de l’admettre et continue à être ce qu’il est, sans envisager de se soigner.
On dirait que les personnages se complaisent à rester dans leur situation même si de l’eau à couler sous les ponts.
Le style d’écriture est agréable, fluide et léger. Il se lit vite et reste assez court. Néanmoins, je n’ai pas totalement apprécié donc je ne vous le recommanderai pas.