Fille noire, fille blanche

Fiche identité

  • Titre du livre: Fille noire, fille blanche
  • Auteur: Joyce Carol Oates
  • Nombre de pages: 384
  • Édition: Points

Résumé

Genna Meade et Minette Swift, deux jeunes filles de dix-huit ans, partagent la même chambre sur un campus universitaire. Mais tous les oppose, que ce soit la couleur de peau, l’origine sociale ou le caractère. Lorsque Minette décède prématurément, Genna revient sur les évènements passés.

Avis     

Dès le début de cette histoire, nous connaissons la fin : Minette Swift est morte à l’âge de dix-neuf ans. Puis vient le retour en arrière selon le point de vue de Genna, sa colocataire dans une chambre universitaire.
Minette Swift est noire, boursière issue d’une famille de pasteurs. On sait qu’elle va mourir. Mais Minette est si antipathique, si distante et rigide que j’ai ressenti peu de compassion pour elle. Ce n’est pas réellement sa couleur de peau qui est en jeu mais son attitude : farouche et solitaire, elle peine à trouver sa place parmi les autres étudiants. Est-elle victime du racisme de l’époque ou a-t-elle profité d’une situation ambiguë pour provoquer ce malaise ? Est-elle aussi une victime de ses parents, qui l’ont mis sur un piédestal, au point qu’elle a du mal à soutenir et à assumer certains échecs ?
Mis à part les évènements qui tournent autour du décès de Minette, Genna revient aussi sur sa propre existence, notamment sa relation compliquée avec sa famille : ses parents qui prônent une culture « hippie », sa mère lunatique sous l’emprise de médicaments, l’image de son père qu’elle vénère mais qui perdra son aura.
Genna m’a fait pitié car elle ressemble à  un petit animal qui manque désespérément de tendresse. Elle veut prendre Minette sous son aile et essuie des rebuffades. Elle souhaite à tout prix attirer l’attention de son père, obnubilé sur d’autres sujets. On lui a inculqué le mépris des biens matériels mais finalement, au lieu de posséder des choses, elle veut posséder les gens.
Le style d’écriture est agréable, fluide et plein de suspens. Il est ponctué quand même de quelques longueurs. Parfois, l’auteur change brusquement de ton et passe de la 1ère et à la 3ème personne sans crier gare. En tout cas, l’auteur pousse le lecteur dans l’inconfort et le malaise par rapport aux sentiments qu’il pourrait accorder aux personnages principaux : je suis moi-même perplexe et mal à l’aise face à ma propre réaction vis-à-vis de Minette!
C’est le premier roman que je lis de cet auteur mais ce fut une belle surprise ! A découvrir !

Je suis l’empereur de Chine

Fiche identité

  • Titre du livre: Je suis l’empereur de Chine
  • Auteur: Tong Su
  • Nombre de pages: 275
  • Édition: Editions Philippe Picquier

Résumé

L’auteur nous raconte ici le règne fictif d’un empereur nommé Duanbai, monté sur le trône très jeune. Oisif, sans réel éducation pour régner, il devient vite un simple pantin aux mains de sa famille et de la cour.

Avis     

Empereur à l’âge de quatorze ans, Duanbai manque de maturité face à la charge de pouvoir qui lui incombe. Jeune et innocent, il devient un instrument malléable au profit de sa grand-mère Dame Huangfu et de sa mère Dame Meng. Ces concubines le manipulent aussi.
Dans ce roman on découvre les fastes et dérives de la cour impériale ainsi que les luttes de pouvoir au niveau des familles. L’empereur dispose de tout pouvoir, peut exécuter ses sujets comme bon lui semble mais en même temps, il est enfermé dans sa prison doré, sous le joug des traditions, des coutumes et du code de bienséance.
Je frissonne d’horreur devant certaines pratiques ignobles de l’époque comme les concubines contraintes de se suicider lorsque l’empereur meurt afin d’être enterrée avec lui. Même schéma pour les servantes attachées à une maîtresse. Ou bien les enfants vendus par leurs parents pour survivre. Ou les garçons castrés pour servir d’eunuques à la cour.
Mais, je suis assez déçue par ce roman. Le personnage principal est antipathique et évolue peu. Les évènements mettent du temps à s’enchaîner si bien que je me suis parfois ennuyée.  La chronologie est un peu floue aussi.
J’ai trouvé le style d’écriture froid, plat, sans aucune sensibilité et poésie. L’auteur se contente de décrire les faits bruts.
Bon, c’est quand même un roman qui permet de découvrir les pratiques de la cour impériale chinoise donc à lire pour ceux qui seraient intéressés par le sujet.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Epouses et concubines