La supplication

Fiche identité

  • Titre du livre: La supplication
  • Auteur: Svetlana Alexievitch
    • Nombre de pages: 249
  • Édition: J’ai lu

Résumé

Que sait-on de Tchernobyl, cette catastrophe nucléaire de 1986 ? L’auteur recueille ici plusieurs témoignages des survivants.

Avis     

Ce roman est un coup de poing dans le cœur, un livre qui ne peut laisser personne indifférent.
L’auteur, à travers ses différents témoignages, nous montre qu’en plus d’être une catastrophe écologique, les conséquences humaines et sociales sont dramatiques.
Peu de gens étaient conscients de l’ampleur de la catastrophe à cause du manque d’information mais surtout à cause de l’opacité du gouvernement à ce sujet. Cette situation a détruit tellement de vies.
Les paysans qui ont été chassés de leur terre ne comprenaient pas le danger de ces radiations.  Évacués d’urgence, ils ont perdu du jour au lendemain leurs biens. Plusieurs sont retournés vivre là-bas.
Les soldats et autres personnes envoyés sur le terrain pour les travaux de la centrale nucléaire y sont allés par bravoure, par héroïsme ou par ignorance mais tous sans équipement de protection adéquat. Le prix qu’ils ont tous payé est terrible car c’est leur vie qui a permis de minimiser les dégâts occasionnés.
Les victimes sont des simples gens comme vous et moi: des familles qui vivaient à côté de la centrale, des soldats, des étudiants réquisitionnés, des exilés des anciens pays de l’URSS, les générations suivantes qui ont des enfants malades ou difformes etc. Il y a beaucoup de douleur dans ces récits, de la souffrance, de l’incompréhension, de la colère mais aussi de l’amour, de l’humanité et du courage.
Le style d’écriture semble parfois flou car l’auteur recueille ici des témoignages bruts avec son lot d’hésitations, de propos décousus et d’interruptions. Mais elle nous restitue avec brio chacun de ces récits de vie sans une fois s’immiscer. C’est beau à lire, cette chorale de plusieurs fois, ces cris déchirants….
Ce livre est un témoignage bouleversant sur les gens qui ont subi cette catastrophe. C’est une lecture exigeante, qui nécessite un cœur bien accroché mais il me semble indispensable.  A lire  de toute urgence!
Par ailleurs, y a-t-il un livre semblable sur Fukushima ?

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blogLa fin de l’homme rouge

Mangue amère

Fiche identité

  • Titre du livre: Mangue amère
  • Auteur: Bulbul Sharma
  • Nombre de pages: 185
  • Édition: Picquier

Résumé

Pendant les préparatifs d’un banquet funèbre, des femmes s’échangent des anecdotes de leur vie quotidienne.

Avis     

Ce roman est une succession de nouvelles autour de la cuisine et de la place de la femme indienne dans une famille.
La cuisine est le lieu où elle règne, où elle peut déverser ses joies et ses peines. Mais c’est aussi leur prison car elles doivent préparer quotidiennement les plats qui nourrissent la famille, souvent  élargie et sous la férule d’une belle-mère exécrable.
Ces anecdotes sont de qualité inégale et ont un goût plutôt amer : une femme qui se fait empoisonner par sa belle-mère car cette dernière estime qu’elle a une trop forte personnalité; une mère nostalgique de son fils  unique parti vivre aux Etats-Unis, une femme qui « empoisonne » son mari en lui préparant tous les jours des plats bien gras, des femmes indiennes à l’étranger qui se retrouvent pour cuisiner lors d’un évènement religieux, une réunion de famille autour d’un curry etc…
La nourriture est souvent associée aux souvenirs, à la nostalgie. Par rapport à son précédent roman intitulé La colère des aubergines, je trouve que ce recueil de nouvelles est plus triste et plus mélancolique.
La société indienne est rigide, avec les femmes reléguées au second plan : elles sont sous la domination de belles-mères cruelles, corvéables à merci, mariées sans connaître leur époux donc vendues comme du simple bétail. Elles partagent leur mari avec d’autres femmes qui ont subi le même sort et si elles ont le malheur d’être stériles, elles sont répudiées et chassées de leur belle-famille. Ces situations donnent froid dans le dos et nous montrent à quel point les droits des femmes sont encore loin d’être respectés.
Le style d’écriture est agréable, fluide et se lit vite. Les nouvelles sont courtes donc on reste un peu frustré: à chaque chapitre, il y a comme une impression d’inachevé car on a envie de continuer avec les personnages décrits mais hélas, cela s’arrête bien trop vite. Dommage !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La colère des aubergines