Dans la forêt

Fiche identité

  • Titre du livre: Dans la forêt
  • Auteur: Jean Hegland
  • Nombre de pages: 308
  • Édition: Edition Gallmeister

Résumé

Le monde tel que nous le connaissons semble avoir disparu : plus d’électricité, plus d’essence ni de réseau téléphonique. Eva et Nell, deux soeurs, essaient de survivre seules dans leur maison familiale au cœur de la forêt.

Avis     

Tout le monde parle de ce livre partout où je traîne. Curieuse, je me suis empressée de le lire mais je n’ai pas autant apprécié que la majorité des lecteurs.
C’est l’histoire d’Eva et de Nell, deux adolescentes qui essaient de survivre dans un monde post-apocalyptique. Le lecteur ne sait pas très bien pourquoi le monde a basculé : une guerre ? une épidémie? une centrale nucléaire qui a explosé quelque part ? Toujours est-il que désormais, il n’y a plus ni électricité, ni carburant, ni moyens de communication.
Eva et Nell vivent seules au monde dans une maison délabrée non loin de la forêt. Au début, les vivres stockés par leurs parents suffisent à leur subsistance. Chacune peut vaquer à ses occupations et se raccrocher à leur rêve : l’une souhaite devenir danseuse professionnelle, l’autre intégrer Harvard. Mais lorsque la nourriture manque et que la situation semble stagner, Nell, la cadette, va tenter d’apprivoiser la nature. Elle se lance dans un jardin potager puis apprend petit à petit les caractéristiques et les vertus des plantes dans la forêt qui se trouve à proximité de leur domicile.
Ce texte est un hommage à l’amour filial : malgré leurs différences, les deux sœurs sont attachées l’une à l’autre et restent solidaires face aux épreuves.
Puis c’est aussi un hommage à la nature : grâce à son abondance et à sa richesse, les deux jeunes filles arrivent à se procurer le nécessaire pour leurs besoins basiques (se nourrir, se soigner, se chauffer etc.).
Le style d’écriture est agréable. Mais voilà, j’ai trouvé l’ensemble un peu lisse : pour deux adolescentes peu aguerries, elles se débrouillent étonnamment bien. J’aurai préféré plus de difficultés ou une tension plus forte. En plus, la première moitié du livre est assez longue car la narratrice, Nell, revient longuement sur leur passé familial, sur ses propres émotions d’adolescente, sur les sentiments ambigus et contradictoires qu’elle nourrit envers Eva, son unique sœur.
La fin est assez décevante mais laisse un champ assez large de possibilités pour l’imagination du lecteur.
Autre remarque : la couverture de ce livre est idyllique, fausse et ne représente pas le thème principal. Ce n’est pas un pique-nique en forêt mais bien une question de survie dans un monde hostile donc à quoi sert la robe blanche sur ce dessin ?!?
Pour conclure, un livre assez court mais qui peut quand même valoir le détour pour les amoureux de la nature.

Le fléau

Fiche identité

  • Titre du livre: Le fléau
  • Auteur: Stephen King
  • Nombre de pages: 1 559
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Un virus fabriqué dans un laboratoire s’échappe et décime une grande partie de la population. Les rares survivants essaient de trouver de nouveaux repères dans ce monde post-apocalyptique où la figure menaçante  d’un homme noir les hante dans leur sommeil.

Avis     

A l’heure où un certain virus vient bouleverser toute la planète, il est bon de se rappeler que certains auteurs avaient écrit bien des années auparavant des scénarios similaires (presque prophétiques diraient certains). Bien sûr, le monde n’est pas à ce niveau de létalité et de chaos mais cette histoire donne à réfléchir.
Quinze ans de cela, je lisais ce livre et je l’adorais. Quinze ans après, je retrouve les mêmes sensations, d’autant plus que je l’ai lu dans la version longue c’est-à-dire avec quatre cent pages de plus.
Que se passe-t-il lorsqu’un virus mortel quitte par erreur le laboratoire secret où il a été fabriqué ? Cette vilaine épidémie de grippe se transforme peu à peu en véritable cauchemar car peu d’individus en réchappent. Le monde bascule dans l’apocalypse. Certaines scènes sont terribles, froides, incisives mais en même temps si cruellement réalistes. Je pense que si cette situation devait arriver, les gens se comporteraient ainsi : les mensonges du gouvernement pour étouffer l’affaire, la fuite éperdue, les cadavres qui jonchent les villes, l’odeur de putréfaction qui plane dans l’air, l’incompréhension et la peur qui taraude les survivants etc.
Une fois l’épidémie passée, il reste une poignée de gens mais l’auteur, dès le début, nous a doucement introduit les personnages principaux que nous allons suivre durant cette histoire. Ils vont se retrouver petit à petit, d’abord parce que la solitude est insupportable et aussi parce qu’ils sont guidés par une vision. S’unir contre une menace, celle de l’Homme noir qui profite du chaos pour asseoir un pouvoir maléfique.
Ce récit se déploie lentement, avec une abondance de détails qui pourrait ennuyer ceux qui ne sont pas familiers avec l’écriture de Stephen King. Pour ma part, j’aime le rythme qu’il emploie pour planter le décor, pour nous faire découvrir les principaux protagonistes, pour nous emmener vers cet affrontement entre le bien et le mal. Cette maladie étant totalement aléatoire, ceux qui restent sont des hommes et des femmes comme vous ou moi : des gens ordinaires, avec leurs qualités, leurs peurs, leurs doutes et leurs faiblesses.
Il y a beaucoup de personnages, de noms et de lieux mais au fur et à mesure, on finit par les connaître et s’attacher à eux : Stu Redman, Fran Goldsmith, Larry Underwood, Nick Andros, Glen Bateman (etc.) vont devenir familiers, un peu comme des voisins sympathiques (ou pas) qu’on croise dès qu’on ouvre le livre, un peu comme une deuxième vie qui s’offre à nous par magie. J’ai vécu cette lecture comme un moment de pause, comme une parenthèse où je pouvais entrer dans un autre monde bien plus effrayant, bien plus sinistre mais en même temps quelle aventure !
Le style d’écriture est fluide mais il y a quand même quelques longueurs, beaucoup de marques citées et des détails superflus. Les péripéties s’enchaînent lentement car l’auteur prend son temps. Ici, ce n’est pas la fin qui compte mais la route parcourue !
Pour conclure, c’est un gros pavé que je recommande aux fans de Stephen King et aux amateurs de science-fiction mélangé avec du fantastique.

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