Des fleurs pour Algernon

Fiche identité

  • Titre du livre: Des fleurs pour Algernon
  • Auteur: Daniel Keyes
  • Nombre de pages: 542
  • Édition: J’ai lu

Résumé

Charlie Gordon, un adulte qui présente un retard mental, accepte une opération chirurgicale qui pourrait potentiellement le rendre plus intelligent. Mais cette transformation va bouleverser sa paisible existence.

 Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog    

Divisé sous formes de comptes rendus semblables à un journal intime, nous allons suivre dans ce livre l’évolution spectaculaire de Charlie, un adulte qui a subi une opération dans le but d’améliorer son intelligence.
Si les premiers chapitres m’ont découragé, vu la multitude de fautes d’orthographe et la syntaxe assez naïve, le ton change au fur et à mesure que Charlie « devient intelligent ». Mais ce récit, loin de la science-fiction utopique et idéaliste, pousse le lecteur à réfléchir.
La science a-t-elle le droit de créer un être humain surdoué, un surhomme, capable d’assimiler une quantité d’informations phénoménales et doués de talents intellectuels et techniques hors normes ? Quelle place occupe cet être humain pourvu de tous les dons dans la société ? Le risque n’est-il pas de créer une race de génies (si la possibilité scientifique le permet dans le futur) arrogante et au-dessus des lois naturelles ? Qu’en est-il dans ce cas de la méritocratie et des efforts fournis par d’autres individus? Qu’en est-il des pays qui ne disposent pas de la technologie nécessaire pour ce type de prouesse ?
Ensuite, si on revient à Charlie, on se rend compte que sa maturité émotionnelle n’a pas suivi le même rythme que son évolution intellectuelle. Il découvre la honte, les moqueries cruelles de ses collègues de travail, les souvenirs douloureux liés à ses parents et la solitude liée à son nouvel état. N’était-il pas plus heureux avant, au moment où il ignorait tout ça ? Mais en même temps, quel bonheur d’acquérir de nouvelles connaissances et de voir le monde sous un autre prisme ! Il pensait que l’intelligence lui apporterait l’amitié et l’amour de ses semblables, mais ce joker n’est qu’un leurre. Le monde a besoin de gens bienveillants, généreux, à l’écoute et plein de compassion et non d’une armée de personnes dotées d’un savoir infini.
Le style d’écriture est fluide, léger et agréable. Même si on le classe dans la science-fiction, c’est plutôt un roman psychologique qui analyse les sentiments et les émotions d’un homme, confronté à des situations qui le dépassent. L’histoire est émouvante même si la fin est juste un crève-cœur. A un moment, lorsqu’il écrit « Mon Dieu ne me retirez pas tout », j’ai cru que mon cœur allait exploser de chagrin. Une personne atteinte d’Alzheimer ou de démence sénile pousserait ce même cri de détresse lorsqu’il sent que ces facultés mentales lui échappent et qu’il voit son état se détériorer irrémédiablement. J’ai refermé le livre, les larmes aux yeux et j’ai mis du temps à m’en remettre.
Pour conclure, c’est un roman bouleversant qui mérite amplement le détour !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Les mille et une vies de Billy Milligan

Dolores Claiborne

Fiche identité

  • Titre du livre: Dolores Claiborne
  • Auteur: Stephen King
  • Nombre de pages: 336
  • Édition: Pocket

Résumé

Un soir, Dolores Claiborne débarque au commissariat de police de Little Tall pour avouer deux choses :
– l’accident qui a coûté la vie à son mari, il y a trente ans de cela, n’en était pas un.
– le meurtre de sa patronne Vera Donovan, qu’on lui impute actuellement, est une erreur.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

Stephen King est un auteur que je lis depuis mon adolescence. C’est comme un compagnon de route que j’aime croiser régulièrement et avec qui je prends plaisir à faire un bout de chemin ensemble.  Ici, il n’est pas question de créatures épouvantables qui poursuivent les enfants dans des égouts mais de «monstres ordinaires ». Ce monstre est la violence conjugale.
Dolores Claiborne confesse ici son crime : oui, elle a tué son mari le soir de l’éclipse.  Si, à un moment les soupçons se sont posés sur elle,  il n’y a pas eu suffisamment de preuves tangibles pour la condamner.
Ce qui est surtout intéressant à suivre dans ce récit est la raison de ce geste. On entre doucement dans l’intimité de la famille au fur et à mesure que Dolores raconte son histoire. Elle travaille durement comme femme de ménage et peine à joindre les deux bouts  avec ces trois enfants à charge et un mari alcoolique, paresseux et violent. Mais, pendant qu’elle est occupée à trimer pour une patronne exécrable et lunatique, la tranquillité de son foyer vole doucement en éclats sous ses yeux sans qu’elle comprenne pourquoi.  
Dolores est un personnage très attachant qui m’a beaucoup émue. Elle a son franc-parler, un caractère bien trempé mais elle symbolise pour moi le sens même du courage d’une mère de famille: se lever le matin et tenir quoiqu’il arrive malgré les circonstances difficiles dans son travail ; songer à l’avenir de ses enfants en mettant quelques dollars de côté pour qu’ils puissent un jour aller à l’université; et SURTOUT oser tenir tête à son mari pour qu’il ne la frappe plus. Cette scène est juste mémorable : les hommes qui battent leurs femmes sont des lâches !
Je ne peux pas la blâmer pour son crime, car à sa place, qui sait si je n’aurai pas fait pire ! D’ailleurs, qui aurait cru que son mariage allait tourner dans cette direction ? Un amour qui commence au lycée, une grossesse imprévue et la voilà mariée à une brute immonde et pervers !
Et sa patronne, c’est aussi un sacré numéro, une vraie bique acariâtre et sadique ! C’est seulement en apprenant son secret que j’ai ressenti un peu de pitié pour cette pauvre créature, qui à mon avis, est atteint de démence sénile. Elle est aussi victime de ces machinations et se retrouve seule face à ses propres cauchemars.
Le style d’écriture est juste un délice. L’auteur a un merveilleux talent de conteur pour nous restituer aussi fidèlement que possible toutes les émotions et tous les sentiments du personnage. La fin est juste parfaite : ni mièvre, ni utopique mais un dénouement réaliste.
C’est un roman que je recommande vivement et que je terminerai par cette citation:  « Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par amour… l’amour qu’une mère ressent pour ses enfants. C’est l’amour le plus fort qu’il y a dans ce monde, et c’est le plus terrible. Y a pas de pire garce sur terre qu’une mère qui a peur pour ses gosses.»

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: 22/11/ 1963 – Brume – ÇaCoeurs perdus en Atlantide – Docteur Sleep – Dôme – La petite fille qui aimait Tom Gordon – Marche ou crève – Misery – Rêves et cauchemars – Salem – Shining