Yaak Valley, Montana

Fiche identité

  • Titre du livre: Yaak Valley, Montana
  • Auteur: Smith Henderson
  • Nombre de pages: 648
  • Édition: 10 x 18

Résumé

Nous suivons le quotidien de Pete Snow, un assistant social dans le Montana. Il essaie tant bien que mal de s’occuper de plusieurs cas sociaux. Lui-même rencontre des problèmes au sein de sa famille.

Avis     

C’est grâce à Babelio que j’ai découvert ce roman qui décrit des conditions sociales compliquées dans l’Amérique des années 80. D’emblée, si vous avez le blues, je vous conseille de cesser cette lecture.
Ce livre est un roman noir, un des portraits les plus sinistres de l’Amérique profonde. On ressort de cet ouvrage avec beaucoup de tristesse dans la mesure où nous sommes spectateurs de la violence qui règne dans des familles défavorisées, en proie à l’alcoolisme, la drogue ou le fanatisme religieux. Ce sont des gens qui vivent en marge de la société, dont les enfants subissent le mode de vie de leurs parents. Lorsqu’ils ne souffrent pas de la faim, de la violence ou d’abus sexuels, ces derniers sont envoyés dans des familles d’accueil lorsque les parents ne peuvent plus assumer leurs devoirs. Leur souffrance m’a touchée, car étant moi-même maman depuis quelques années, je ne peux pas concevoir qu’on puisse infliger autant de mal à son propre enfant. Après, qui suis-je pour juger ?
Même le personnage principal, Pete Snow l’assistant social, n’est pas indemne : son penchant pour l’alcoolisme, un divorce qui se passe mal, sa fille de quatorze ans qui fugue et sombre dans la prostitution.
Le style d’écriture est fluide, mais avec quelques longueurs. Le ton est doux, mais parfois monotone. On a envie de voir les personnages évoluer mais la plupart restent englués dans leurs conditions sociales, enfermés dans une spirale destructrice.
C’est une histoire réaliste, pessimiste et glauque où on ressort avec un arrière-goût amer et des accents de déprime. Lire ce livre mobilise une énergie folle et aspire toute pensée positive. Il faut prévoir quelques morceaux de chocolat et un bon bain chaud ensuite !

Fille noire, fille blanche

Fiche identité

  • Titre du livre: Fille noire, fille blanche
  • Auteur: Joyce Carol Oates
  • Nombre de pages: 384
  • Édition: Points

Résumé

Genna Meade et Minette Swift, deux jeunes filles de dix-huit ans, partagent la même chambre sur un campus universitaire. Mais tous les oppose, que ce soit la couleur de peau, l’origine sociale ou le caractère. Lorsque Minette décède prématurément, Genna revient sur les évènements passés.

Avis     

Dès le début de cette histoire, nous connaissons la fin : Minette Swift est morte à l’âge de dix-neuf ans. Puis vient le retour en arrière selon le point de vue de Genna, sa colocataire dans une chambre universitaire.
Minette Swift est noire, boursière issue d’une famille de pasteurs. On sait qu’elle va mourir. Mais Minette est si antipathique, si distante et rigide que j’ai ressenti peu de compassion pour elle. Ce n’est pas réellement sa couleur de peau qui est en jeu mais son attitude : farouche et solitaire, elle peine à trouver sa place parmi les autres étudiants. Est-elle victime du racisme de l’époque ou a-t-elle profité d’une situation ambiguë pour provoquer ce malaise ? Est-elle aussi une victime de ses parents, qui l’ont mis sur un piédestal, au point qu’elle a du mal à soutenir et à assumer certains échecs ?
Mis à part les évènements qui tournent autour du décès de Minette, Genna revient aussi sur sa propre existence, notamment sa relation compliquée avec sa famille : ses parents qui prônent une culture « hippie », sa mère lunatique sous l’emprise de médicaments, l’image de son père qu’elle vénère mais qui perdra son aura.
Genna m’a fait pitié car elle ressemble à  un petit animal qui manque désespérément de tendresse. Elle veut prendre Minette sous son aile et essuie des rebuffades. Elle souhaite à tout prix attirer l’attention de son père, obnubilé sur d’autres sujets. On lui a inculqué le mépris des biens matériels mais finalement, au lieu de posséder des choses, elle veut posséder les gens.
Le style d’écriture est agréable, fluide et plein de suspens. Il est ponctué quand même de quelques longueurs. Parfois, l’auteur change brusquement de ton et passe de la 1ère et à la 3ème personne sans crier gare. En tout cas, l’auteur pousse le lecteur dans l’inconfort et le malaise par rapport aux sentiments qu’il pourrait accorder aux personnages principaux : je suis moi-même perplexe et mal à l’aise face à ma propre réaction vis-à-vis de Minette!
C’est le premier roman que je lis de cet auteur mais ce fut une belle surprise ! A découvrir !