Gone baby gone

Fiche identité

  • Titre du livre: Gone, baby, gone 
  • Auteur: Dennis Lehane
  • Nombre de pages: 560
  • Édition: Rivages

Résumé

Amanda McCready, une petite fille de quatre ans, disparaît mystérieusement sans laisser de traces. Les détectives Patrick et Angela vont mener l’enquête.

Avis     

C’est le troisième roman de Dennis Lehane que je lis mais à mes yeux, c’est le meilleur. Heureusement que je ne me suis pas restée sur mes à priori.
Lorsqu’on a un enfant, la seule idée de sa disparition donne des sueurs froides et des cauchemars. Pourquoi donc lire ce roman, qui à coup sûr, me bouleverserait ? Je ne sais pas, peut-être pour essayer d’exorciser la peur.
Lorsqu’Amanda McCready disparaît sans laisser de traces, c’est sa tante Béatrice qui remue ciel et terre pour la retrouver. Elle va contacter un couple de détectives privés pour l’aider dans ses recherches.
Nous plongeons dans un récit bouleversant, qui m’a procuré parfois des bouffées de colère et de rage. La mère d’Amanda est une femme irresponsable, droguée, alcoolique et accro à la télévision : la disparition de sa fille l’inquiète tout en la laissant dans une apathie inquiétante.
Lors de cette enquête, nous touchons à des sujets noirs, douloureux mais réels: les conditions de vie d’une enfant délaissée par sa mère ; les réseaux de pédophilie avec ici, une description d’un crime atroce qui m’a glacé le sang ; les trafics de drogue avec une limite ténue entre la police et les délinquants.
Plusieurs questions sont venues lors de ma lecture car cette histoire n’est ni blanc, ni noir et laisse des zones de doute permanent : quand on parle de l’intérêt de l’enfant, qu’est-ce qui est juste ? Quand peut-on décider pour le bien d’un enfant si la justice ne le fait pas ? Le lien biologique a-t-il autant d’importance si les parents ne sont pas capables de procurer des soins adéquats à un enfant ?
Je ne sais pas…honnêtement j’aurai aimé répondre à toutes ces questions mais je n’ai pas pu. Je ne peux pas juger car je ne suis pas dans la peau d’une jeune maman solo paumée.
Le style d’écriture est agréable, fluide et se lit bien. Cela ressemble à un scénario de film bien mené, avec des péripéties et des rebondissements. La fin est surprenante : je ne m’y attendais pas.
Un livre noir, bouleversant qui touche un sujet sensible mais intéressant à découvrir !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Mystic riverShutter island

Nickel Boys

Fiche identité

  • Titre du livre: Nickel Boys
  • Auteur: Colson Whitehead
  • Nombre de pages: 272
  • Édition: Albin Michel

Résumé

Floride dans les années 1960. Elwood Curtis, un jeune adolescent noir, prend très à cœur les messages de paix et de tolérance de Martin Luther King. Lorsqu’il obtient une place dans une université, ces rêves sont au plus près de se réaliser. Mais suite à une erreur judiciaire, tout s’écroule et il se retrouve enfermé dans une maison de correction pour jeunes délinquants.

Avis     

Qu’est-ce qui se passe lorsqu’on sort émerveiller d’un livre ? Qu’est-ce qui se passe lorsqu’on rencontre une seconde fois un auteur et que celui-ci nous a tout simplement subjugué, fasciné et entraîné là où on ne pensait pas aller ? La réponse est : on est un lecteur heureux ! Heureux de savoir que la littérature contemporaine sait se renouveler, heureux des belles surprises et des rencontres sur la route littéraire.
Ce livre est juste magnifique, court mais d’une intensité que j’ai rarement vu dans mes lectures.
Le résumé nous en dit déjà long mais je le reprends un peu : Elwood est un jeune garçon noir, sérieux et attachant. Elevé seul par sa grand-mère, bercé par les discours de Martin Luther King, il grandit dans un idéal où la non-violence, les mêmes droits pour tous peuvent devenir une réalité. Mais lorsqu’une erreur judiciaire se produit, pire, la fatalité car il n’est pas coupable mais n’a pas les moyens de se défendre correctement, Elwood est envoyé dans une maison de correction pour jeunes délinquants.
Là-bas règne la terreur incarnée par le directeur, adepte des châtiments corporels violents. Les adolescents « éduqués » là-bas subissent de multiples sévices, de la maltraitance sans compter tous les fonds qui leur sont destinés copieusement détournés par l’administration. Malgré tout ce qui se passe, on ne peut qu’admirer le courage des garçons qui y vivent mais qui ressortiront brisés de cette douloureuse expérience. On ne peut que trembler de rage devant l’inertie des autorités qui ferment les yeux sur ce type d’endroit.
La construction de ce roman est magistrale : jusqu’au bout l’auteur sait tenir le lecteur en haleine. Certaines scènes sont devinées plus que décrites avec minutie mais elles n’en sont pas moins réalistes et glaçantes d’horreur. J’aime ce procédé car il laisse toute une latitude au lecteur : c’est comme si l’auteur, semblable à un guide qui tient une lanterne, éclaire l’ombre pour le lecteur qui voit la scène et l’interprète à sa guise.
Le style d’écriture est limpide, riche et fluide. Il a une plume de conteur, un don pour subjuguer le lecteur. La fin est simplement mythique, une des plus belles que j’ai lues à ce jour.
Bref, vous l’aurez compris c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Underground railroad