Samedi

Fiche identité

  • Titre du livre: Samedi
  • Auteur: Ian McEwan
  • Nombre de pages: 384
  • Édition: Gallimard

Résumé

Pour Henry Perowne, neurochirurgien et heureux citoyen londonien, ce samedi devait être un jour ordinaire. Mais un banal accrochage va bousculer ses principes.

 Avis     

Ce livre est un exercice de haute voltige compte tenu du sujet. Tout le long de cette journée du samedi, nous allons suivre toutes les activités de la journée d’Henry Perowne, citoyen lambda londonien. Toutes ses activités sont détaillées, décrites et passées au peigne fin, depuis la partie de squash avec un collègue de bureau, sa visite à sa mère atteinte d’Alzheimer et jusqu’à sa préparation du dîner du soir.
Nous suivons ainsi toutes les pensées qui se bousculent dans sa tête : on passe ainsi de réflexions politiques sur la guerre en Irak à un flux de souvenirs pour ensuite revenir sur des sujets terre à terre comme la cuisson d’une matelote de poisson ou une opération du cerveau.
Si c’était un autre auteur qui écrivait moins bien, j’aurai abandonné cette lecture mais malgré un rythme un peu lent, il a une manière de raconter qui captive quand même le lecteur et le pousse à continuer. C’est assez paradoxal ce que je dis mais on arrive à s’intéresser à Henry Perowne même s’il ne vit pas des choses intéressantes.
L’auteur fait réfléchir le lecteur sur sa  façon de voir les choses, de considérer un évènement politique sous plusieurs angles notamment la guerre en Irak. Faut-il intervenir ? Il y a les arguments « pour » qui tiennent la route et les arguments « contre » qui sont tout aussi cohérents.
J’ai aussi bien aimé cette citation : « Récemment, un dimanche soir, Théo a forgé un aphorisme : « Plus on pense grand, plus tout à l’air glauque. » Sommé de développer, il a expliqué : « Quand on se focalise sur les grands problèmes, la situation politique, le réchauffement de la planète, la pauvreté dans le monde, tout parait vraiment épouvantable, sans aucune amélioration en vue, aucun espoir auquel se raccrocher. Alors que si je change d’échelle, si je pense aux petites choses de la vie – comme la fille que je viens de rencontrer, la chanson que je prépare avec Chas ou la perspective de faire du snowboard le mois prochain, tout s’éclaircit. Telle sera donc ma devise: Voir les choses en petit. »
Sommes-nous tous comme Théo et aussi Henry ? Je pense que la plupart du temps nous sommes des égoïstes qui préférons notre confortable quotidien plutôt qu’aller s’engager dans une cause humanitaire. Est-ce un tort ? Je ne suis pas en mesure de juger.
Le style d’écriture est riche, fouillé et élégant mais sans son talent de conteur, je n’y serai pas arrivé au bout. Un livre dérangeant et original qui ravira certains lecteurs !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog:  Amsterdam – Dans une coque de noix – Expiation – Les chiens noirs – L’intérêt de l’enfant – Sur la plage de Chesil

La maison aux pignons verts

Fiche identité

  • Titre du livre: La maison aux pignons verts
  • Auteur: Lucy Maud Montgomery
  • Nombre de pages: 500
  • Édition: Archipoche 

Résumé

Cette histoire se déroule sur l’île du Prince-Edouard, à l’est du Canada. Les Cuthbert, un frère et une sœur d’âge mur, souhaitent adopter un garçon pour les aider dans les travaux de la ferme. Mais par erreur,  c’est une fille nommée Anne qui les attend à la gare. Ils décident finalement de la garder.

 Avis     

Ce roman est très connu dans la littérature jeunesse anglo-saxonne mais c’est seulement depuis quelques années que j’en entends parler. J’ai différé cette lecture mais il était enfin temps de m’y mettre.
Néanmoins, je suis déçue. Peut-être m’attendais-je à quelque chose de grandiose, de touchant mais j’ai surtout été ennuyée par le bavardage incessant de Anne, son imagination débordante, sa coquetterie un peu exagérée (est-ce un grand drame d’être rousse avec des taches de rousseur ?), son côté rancunier envers Gilbert, un camarade de classe.
Les aventures qu’elle vit sont assez mièvres et gentilles : un gâteau raté, une confusion entre un sirop de framboises et une liqueur, une teinture pour cheveux qui vire au vert. Les deux seuls bêtises assez risquées sont sa chute du toit et le radeau qui chavire.
Le livre, comme tous les romans du XIXème siècle à portée éducative, regorge de leçons moralisatrices : les filles doivent rester sages, douces et gentilles et obéir aveuglément aux adultes.
Le style d’écriture est simple, un brin désuet mais pas gênant. Est-ce moi qui suis trop vieille et qui ait oubliée toute poésie et romantisme ? En tout cas, je n’ai pas été conquise. Dommage !