Notre famille

Fiche identité

  • Titre du livre: Notre famille
  • Auteur: Akhil Sharma
  • Nombre de pages: 220
  • Édition: Editions de l’Olivier

Résumé

Ajay quitte l’Inde avec sa mère et son frère pour rejoindre leur père, immigré depuis un an aux Etats-Unis. Ils découvrent avec émerveillement ce nouveau pays, promesse d’une nouvelle vie pour eux. Mais le destin, en trois minutes, va faire basculer le cours de leur existence.

Avis     

Voici une pépite découverte au hasard de ma vie de lecteur qui m’a beaucoup touché car elle parle de la vie ordinaire des gens.
Ce sont des personnes comme vous ou moi, mais quand un tragique accident s’en mêle, tout vole en éclats.
L’histoire est racontée du point de vue du fils cadet, Ajay qui est confronté à de multiples changements : s’adapter à un nouveau pays, une nouvelle culture et une nouvelle langue ; survivre au racisme ambiant et au harcèlement scolaire, subir la terrible solitude face à l’horreur de la tragédie qui les touche.
Beaucoup de questions envahissent le narrateur : comment vivre quand on est le « seul » qui reste ? Comment affronter le délitement de sa famille, entre une mère obnubilée par Bijur et un père noyé dans l’alcoolisme ? Comment trouver sa place dans ce nouveau schéma familial en faisant abstraction de la colère, de la culpabilité et de la jalousie ? Est-on moins aimé car le moins fragile du nid ?
J’ai trouvé cette histoire terriblement émouvante. J’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois. Je voulais rentrer dans le livre pour serrer Ajay dans mes bras, pour le réconforter et l’encourager.
Le style d’écriture est agréable, fluide et se lit extrêmement bien. L’auteur nous livre les émotions et les sentiments du narrateur avec une telle sincérité qu’on devine que ce roman a des accents autobiographiques. Il ne sombre pas dans le pathétique mais garde une vision lucide, courageuse et même parfois drôle de ce qui lui arrive.
Je n’ai pas mis le cinquième cœur car la fin est un peu rapide. J’aurai aimé le suivre un peu plus, comprendre son cheminement en tant qu’adulte après toutes ses souffrances dans l’enfance. Certes, il a réussi financièrement mais a-t-il pu se reconstruire et trouver réellement la paix de son âme ? Je le souhaite de tout mon cœur.

L’amant de Lady Chatterley

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Fiche identité

  • Titre du livre: L’amant de Lady Chatterley 
  • Auteur: D. H. Lawrence
  • Nombre de pages: 554
  • Édition: Gallimard

Résumé

Constance s’est mariée avec Clifford lors de sa permission pendant la première guerre mondiale. Il revient du front gravement blessé et handicapé des membres inférieurs. Constance s’ennuie à mourir et ne trouve aucun plaisir avec son mari, focalisé désormais sur les débats intellectuels et économiques. Sa rencontre avec le garde-chasse du domaine va éveiller sa sexualité endormie.

Avis     

La sortie de ce livre fut un tollé à l’époque. Le lire maintenant c’est comprendre à quel point la sexualité des femmes était taboue il y a quelques années de cela. C’est aussi le voir sur une autre perspective car comparer à d’autres livres actuels plus érotiques, l’histoire n’est pas aussi choquante qu’on se prête à l’imaginer. J’imagine aussi que ce livre a créé un scandale à cause de l’écart social entre les deux amants. C’est peut-être plus cette barrière franchie que les scènes de sexe qui ont choqué les gens.
En réalité, ce livre est lent et long. Lent dans le rythme au point qu’il a fallu dépasser les cent premières pages pour une brève action (et encore !). On s’ennuie autant que Connie, voire plus. Il y a de quoi se jeter sur le premier venu si on est voué à une existence aussi vaine, ennuyeuse et sans aucun sens. Ce ne sont pas les idées intellectuelles et entrepreneuriales de son mari qui vont combler le besoin d’attention, de sexe et de contact physique que Connie éprouve. D’ailleurs, ils se connaissent mal à cause d’un mariage fait à la va-vite pendant la guerre. Le handicap de Clifford ne va pas arranger les choses.
Les personnages principaux ne sont pas attachants. J’ai trouvé Connie puérile et indécise ; Mellors cynique et désabusé ; Clifford stupide et aveugle. Ce trio amoureux n’est pas intéressant pourtant j’ai fait un énorme effort pour les apprivoiser. Peine perdue, je m’endormais presque à chaque paragraphe.
Mais ce livre n’est pas accès uniquement sur la passion amoureuse et sexuelle qui unit le garde-chasse et Constance. C’est aussi une critique des conditions sociales en Angleterre notamment le travail des mines qui dénature la nature humaine. L’auteur constate un délitement de la société, une destruction des anciennes valeurs sociales et des campagnes anglaises qui sont étouffées sous le charbon etc.
Le style d’écriture est lourd, avec beaucoup de longueurs et d’atermoiements. J’avais l’impression de me noyer dans un marécage d’ennui. Certains passages m’ont fait sursauté comme les femmes noires qu’ils qualifient de « fétides » ou ses allusions sur les Juifs.
Pour conclure, c’est une lecture que je n’ai pas appréciée et dont je garderai un souvenir très mitigé.