Pedro Paramo

Fiche identité

  • Titre du livre: Pedro Paramo 
  • Auteur: Juan Rulfo
  • Nombre de pages: 145
  • Édition: Gallimard

Résumé

Juan Preciado a promis à sa mère, sur son lit de mort, de retourner à Comala pour voir son père Pedro Paramo. Il va y rencontrer plusieurs personnes mais sont-elles réelles ou des fantômes ? 

Avis     

Ce livre, bien que court, nécessite autant d’énergie qu’un roman épais. Il mobilise toute l’attention du lecteur et l’entraîne dans un tourbillon où il est difficile de distinguer les morts des vivants, les songes des faits réels.
Arrivé au village de Comala, le narrateur va rencontrer plusieurs personnages mais est-ce que ce sont des fantômes ou les derniers survivants de cet endroit abandonné et maudit ?
Le lecteur est pris dans cette valse de personnages qui apparaissent et disparaissent tour à tour : les noms se confondent, la frontière entre le réel et l’illusion est ténue.
Je ressors de ce livre avec un profond trouble : il m’a emmené dans des sentiers inconnus au point d’avoir des vertiges et une légère migraine.
L’auteur esquisse ici le portrait de Pedro Paramo, un propriétaire terrien sans scrupules qui domine le village par la force et la terreur : il s’accapare les terrains, viole les femmes et laisse son fils unique faire ce que bon lui semble.  
La forme de ce livre est complexe à saisir : je le recommande pour des lecteurs aguerris qui aiment les histoires décousues, les puzzles qui s’emboîtent petit à petit sans jamais être totalement finis. C’est assez déroutant donc il faut parfois trouver le fil d’Ariane qui permet de se sortir de ce labyrinthe.
Pour conclure, un livre déstabilisant qu’il faut prendre le temps de découvrir lentement.

Bienvenue

Fiche identité

  • Titre du livre: Bienvenue
  • Auteur: Yi-seol Kim
  • Nombre de pages: 170
  • Édition: Editions Philippe Picquier

Résumé

Yunyeong travaille durement pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et de son bébé. Mais les ennuis s’accumulent…

Avis     

Ce roman ne laissera personne indifférent. Il évoque les conditions de vie d’une femme coréenne qui lutte pour joindre les deux bouts. Depuis plusieurs années, Yunyeong enchaîne les petits boulots. Elle le fait pour son enfant qui vient de naître ; pour son compagnon qui tente de passer les concours de fonctionnaire ; pour sa famille qui réclame sans cesse des sous. Tout le monde s’agrippe à la narratrice et essaie de lui arracher le peu qu’elle gagne. D’ailleurs, la pauvre gagne à peine de quoi subvenir ses besoins. Son patron lui propose alors d’arrondir ses fins de mois en se prostituant dans les chambres annexées à son restaurant.
J’ai admiré Yunyeong pour son courage, sa tenacité et sa force de caractère. Elle m’a vraiment fait de la peine d’autant plus qu’à ses côtés se trouve une bande de parasites.
On voit aussi les carcans de l’éducation qui l’emprisonnent : Yunyeong n’arrive pas à dire non ni à refuser de prêter de l’argent. Même quand son compagnon montre les signes d’une évidente paresse, elle met du temps à crever l’abcès.
Ses décisions semblent parfois absurdes, mais quand on est acculée, a-t-on vraiment le choix ? Doit-elle laisser son enfant chez sa belle-mère, une femme inconnue et acariâtre ? A-t-elle le devoir d’aider son compagnon, victime d’un accident, au détriment de sa fille malade, elle aussi ? Elle a fait ses choix, aussi difficiles sont-ils à accepter (en tout cas pour moi !).
Je n’ai pas mis le 5ème cœur car sa situation ne s’améliore pas. Au contraire, un malheur n’arrive jamais seul et au moment où elle sort la tête hors de l’eau, voilà une nouvelle vague qui noie ses efforts. La vraie vie est ainsi faite mais cette absence d’espoir dans ce roman m’a beaucoup attristée.
Pour conclure, cette histoire n’est pas seulement celui des femmes coréennes pauvres et opprimées, c’est celui de toutes les femmes qui traversent des difficultés financières partout dans le monde.