Nuit

Fiche identité

  • Titre du livre: Nuit
  • Auteur: Bernard Minier
  • Nombre de pages: 608
  • Édition: Pocket

Résumé

Une policière norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne d’une base off-shore. En fouillant la cabine d’un salarié, elle découvre la piste de Julian Hirtmann, le célèbre tueur en série échappé de l’asile (cf. Glacé).

Avis     

Je suis terriblement déçue par ce polar de Bernard Minier, bien loin de l’ambiance palpitante de son premier roman Glacé.
Nous retrouvons de nouveau le commandant Servaz, chargé de l’enquête. Mais loin d’être une suite de rebondissements intéressants, le lecteur fait face à un personnage de moins en moins crédible. Martin Servaz joue de plus en plus cavalier seul, prend des décisions sur un coup de tête qui ont des conséquences désastreuses. Je ne suis pas une experte dans ce domaine mais dans la police, il doit bien y avoir quelques procédures non ?
On dirait que l’auteur a manqué d’inspiration donc il a mélangé des ingrédients qui marchaient bien : créer un scénario tordu et peu crédible (plus c’est gros, plus ça passe), faire intervenir un psychopathe qui tire les ficelles, mettre quelques scènes de violence assez crus, impliquer un enfant (oui c’est la corde sensible) etc. Mais l’ensemble manque d’énergie, de cohérence et surtout de simplicité. Il y a trop de clichés, trop de déjà-vu qui éclipsent ce récit et le rendent d’une banalité affligeante.
L’auteur a étiré les pages jusqu’au maximum. Dès les premiers chapitres, j’étais mal à l’aise face à toutes ces longueurs mais la suite s’est empirée. Honnêtement, il aurait été possible d’enlever au moins 200 pages sur ce livre.
Le style d’écriture reste correct, sinon je n’aurai pas pu passer ce pavé soporifique.
En tout cas, ce fut un flop total pour moi, ce qui me fait beaucoup hésiter à continuer à découvrir ses autres ouvrages.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Glacé 

Betty

Fiche identité

  • Titre du livre: Betty
  • Auteur: Tiffany McDaniel
  • Nombre de pages: 720
  • Édition: Gallmeister

Résumé

Betty est la sixième d’une famille de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car son père est Cherokee, donc rejeté à cette époque par la communauté américaine blanche.  Elle nous raconte sa vie de famille, avec son lot de secrets, de douleurs et de joies.

Avis     

Un certain chanteur disait : « y a des vies douces, y a des vies rudes ». Cette histoire se situe dans la seconde catégorie, celles des existences brisées dès le début par une mauvaise distribution des cartes.
Si vous avez le moral en berne, si vous avez besoin d’une lecture réconfortante, ce livre n’est pas fait pour vous. J’en ressors avec un arrière-goût amer, une fatigue émotionnelle que j’ai aussi fait subir à mes proches (pardon d’avoir laissé débordé la coupe cette fois-ci).
Certains passages restent insoutenables : une mère déséquilibrée qui a des accès de violence physique et psychologique envers ses enfants, l’ombre de l’inceste qui plane, la tragédie qui frappe au moment où on s’y attend le moins, le racisme et la marginalisation de la famille en raison de leur origine, la pauvreté et la misère qui viennent s’ajouter à l’ensemble.
Que reste-t-il de bon ? Un père aimant et attachant, véritable lumière dans les ténèbres et qui éclaire le quotidien à travers ces histoires imaginaires. Il y aussi la relation fraternelle avec son lot de chamailleries, de complicité, d’échanges et de solidarité. J’ai beaucoup aimé suivre les liens familiaux plein d’affection entre Fraya, Flossie, Betty, Trustin et Lint.
Le style d’écriture est agréable, doux et poétique. L’auteur nous partage les sentiments et les émotions des personnages: certaines scènes sont très émouvantes, très tristes aussi. Mais je n’ai pas mis une meilleure note pour une raison. Le récit met du temps à se mettre en place et même lorsque le décor est planté, on est toujours dans ce rythme lent, répétitif et parfois avec des longueurs.
Il y a des scènes sordides qui sont décrites avec beaucoup de détails. De ce que j’ai lu ici et là, cette histoire serait inspirée d’une histoire vraie. C’est juste terrible de penser que certains enfants aient à subir autant d’injustice et de maltraitance.
Je pense que c’est un livre intéressant à découvrir à condition d’avoir du temps et un cœur prêt à toute épreuve.