Qui a tué Palomino Molero?

Fiche identité

  • Titre du livre: Qui a tué Palomino Molero ?
  • Auteur: Mario Vargas Llosa
  • Nombre de pages: 192
  • Édition: Gallimard

Résumé

Lorsqu’un jeune berger découvre un corps affreusement mutilé pendu à un arbre, ce dernier s’empresse de prévenir la police. Le lieutenant Silva et le sergent Lituma vont mener l’enquête sur ce crime. 

Avis     

Partir à la découverte de la littérature sud-américaine est aussi un défi de ce blog. J’avance à petit pas, moins vite que j’escomptais mais je découvre à chaque fois de belles pépites.
Qui a tué Palomino Molero, ce jeune garçon inoffensif réputé pour sa belle voix lorsqu’il chante des boléros ? Dépourvus de moyens matériels mis à leur disposition, deux gendarmes mènent cahin-caha l’enquête sur ce crime où est impliquée la base militaire de Talara.
Cette investigation est magnifiquement racontée, avec un zeste d’humour qui donne une saveur unique à ce récit !  Quoi de plus amusant que de suivre ces deux policiers, deux phénomènes qui ont leur franc-parler, leurs manies et leurs dadas. Le lieutenant Silva est méticuleux, calme et posé sauf lorsqu’il évoque son obsession pour Dona Adriana, la propriétaire de la gargote du coin.
Le sergent Lituma, encore inexpérimenté, suit les traces de son mentor et tente tant bien que mal de comprendre ce meurtre.
L’auteur peint brièvement la vie étriquée d’une bourgade péruvienne pauvre, aride et isolée.
Le style d’écriture est limpide, vif et coloré. Il a un vrai talent de conteur : en peu de mots il sait donner vie au paysage et aux personnages et nous emporte dans son histoire. Les péripéties s’enchaînent avec brio, sans aucune longueur. J’ai aimé ce livre où la fin semble elle-même ambiguë et floue : quelle est la part de vérité et de mensonge ? Chacun choisira la version qui lui plaît !
Pourquoi pas le 5ème coeur après tous ces éloges ? C’était trop court à mon goût ! En tout cas ce livre m’a donné envie de découvrir l’œuvre de Mario Vargas Llosa. Un petit bijou que je recommande à tout lecteur! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La tante Julia et le scribouillard

Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil

Fiche identité

  • Titre du livre: Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil
  • Auteur: Haruki Murakami
  • Nombre de pages: 264
  • Édition: 10 x 18

Résumé

A douze ans, Hajime rencontre Shimamoto-San, sa voisine. Avec elle, il découvre la musique, la complicité et les premiers émois amoureux. A cause d’un déménagement, ils se perdent de vue pendant plusieurs années.
Trente ans après, ils se croisent de nouveau…

Avis     

C’est le second livre de Haruki Murakami que je lis. Sans être totalement conquise, je suis moins déçue.
Cette histoire a des accents mélancoliques qui pourraient toucher tout amoureux de lecture et de musique. Hajime, le narrateur, revient sur ses souvenirs d’adolescence : à l’âge de douze ans, sa rencontre avec sa voisine Shimamoto-San l’a profondément marqué bien que ce fut un amour platonique, une amitié naissante entre deux enfants uniques.
Tout au long de sa vie, il chérira ce doux souvenir mais ne cherchera pas à renouer avec elle après son déménagement. Son existence se poursuit cahin-caha : après plusieurs années de solitude, il fonde une famille et dirige deux clubs de jazz florissants. Lorsque Shimamoto-San débarque de nouveau dans sa vie, va-t-elle tout chambouler ?
Nous partageons le point de vue du narrateur, un personnage assez solitaire amoureux de littérature et musique. Comme lui, je partage les mêmes passions donc je l’ai trouvé attachant et sympathique. On comprend ses doutes, ses angoisses, sa solitude et surtout son trouble en rencontrant de nouveau son ancienne camarade de classe.
L’auteur évoque le thème de l’infidélité, la crise d’un homme confronté à une passion incontrôlable, le doux poison des souvenirs qui reviennent le hanter. Que faire : suivre ce rêve irréel, ce fantôme réapparu qui cristallise tout ce passé perdu et cet amour inachevé? Est-il possible de rattraper ce qui n’a pas été quitte à jeter aux orties son foyer ?
Mais je ne mets pas une note supérieure pour deux raisons. D’abord, je trouve que l’auteur utilise un ton froid, presque chirurgical. Ensuite les scènes de sexe m’ont agacé : si d’autres lecteurs apprécient des détails aussi intimes, érotiques et voyeurs, ce n’est pas ma tasse de thé. C’est même au-delà de toute pudeur, ce qui est assez étonnant pour un roman japonais.
L’auteur laisse également beaucoup de zones d’ombres qui peuvent frustrer un lecteur. Qui est réellement Shimamoto-San, cette femme mystérieuse, exigeante et versatile ?
Quoiqu’il en soit, ce roman respire la nostalgie, le parfum des souvenirs souvent fantasmés et amplifiés à l’excès ! A découvrir quand même !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Kafka sur le rivage