Les abeilles grises

Fiche identité

  • Titre du livre: Les abeilles grises 
  • Auteur: Andreï Kourkov
  • Nombre de pages: 432
  • Édition: Liana Lévi

Résumé

Il ne reste que Sergueï et Pachka dans le petit village de Mala Starogradivka, situé dans la zone grise de l’Ukraine. Bien que les deux hommes ne s’entendent pas bien, ils essaient de coopérer pour survivre dans des conditions de vie rudimentaires, rythmées par le bruit de tirs et des obus qui tombent.
Sergueï, passionné d’apiculture, décide de quitter quelques mois le village pour emmener ses abeilles butiner sur des terres plus calmes. 

Avis     

C’est grâce au site Babelio que j’ai découvert cet ouvrage qui évoque plusieurs thèmes liés au conflit entre l’Ukraine et la Russie. C’est une histoire qui est paradoxalement dure et douce à la fois.
Ce récit est dur car le lecteur est confronté aux conditions de vie extrêmement difficiles dans la zone grise, devenu un no man’s land où ne survivent que deux hommes, Sergueï et Pachka. Leur quotidien est composé de peu de choses :  l’absence d’électricité, les tirs d’obus en bruit de fond continu, le chauffage au charbon, la nourriture quotidienne conditionnée dans des boîtes de conserve, la solitude comblée par les bouteilles de vodka ou la visite impromptue de quelques soldats du front. Le plus dur est l’incertitude sur le lendemain, ou les minutes qui suivent quand les bombardements se rapprochent de leur bourg.
Le lecteur découvre également l’animosité qui règne entre les Tatars et les Slaves, la méfiance grandissante entre Ukrainiens selon qu’ils viennent de l’un ou de l’autre côté de la frontière.
Mais c’est une histoire douce, plein d’empathie et de bienveillance. Sergueï, grâce à sa passion de l’apiculture possède une humanité, une philosophie et une douceur hors du commun. Lors de son périple, il rencontre la plupart du temps des gens incroyables, généreux et pleins de bon cœur.
C’est un homme solitaire mais doux, bon et attachant. Il ne veut ni déranger ni être encombrant mais quand les gens ont besoin d’aide, il est là pour eux à sa manière.
Le style d’écriture est agréable, poétique, plein de mélancolie et de contemplation. Les descriptions de la nature sont magnifiques et apportent de la paix. Je terminerai par ces deux mots issus du livre qui m’ont marqué : « Vivant ? ». « Vivant ».

Les apparences

Fiche identité

  • Titre du livre: Les apparences
  • Auteur: Gillian Flynn
  • Nombre de pages: 696
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Amy et Nick forment selon les apparences un couple idéal. Après quelques déboires professionnels et financiers, ils quittent New-York pour revenir dans le Missouri où Nick a grandi.
Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, après avoir terminé son travail, Nick rentre chez lui et découvre le salon dans un désordre indescriptible. Quant à sa femme, elle a disparu sans laisser de trace.

Avis     

Je ressors de ce livre avec des sentiments contradictoires. Comment parler d’une histoire qui m’a ennuyé la moitié du temps mais que je trouve néanmoins ingénieuse ?
La première partie de ce livre est fastidieuse au point où j’ai failli abandonner. Le récit alterne entre le journal intime d’Amy Dunne sur plusieurs périodes et les évènements vécus par Nick Dunne à partir du jour de la disparition.
Au fur et à mesure qu’avance le récit, on va découvrir les dessous de ce couple qui semblait heureux : après cinq ans d’amour fou, leur histoire bat de l’aile. Plusieurs causes sont en jeu que ce soit d’ordre professionnel, financier ou social. Quitter New-York pour une petite ville paumée au fin fond du Missouri en fait partie. Quand l’enquête continue, la plupart des faisceaux d’indices se tournent vers Nick, qui de mari éploré, passe au banc des principaux suspects.
C’est à partir de la seconde partie – et il faudra une bonne dose de patience au lecteur pour arriver jusque là – pour que cette histoire prenne enfin son ampleur.
Je ne dévoilerai pas ici le principal nœud de l’intrigue mais c’est particulièrement bien ficelé. Je ne m’y attendais pas, et ce fut une agréable surprise. La fin est juste époustouflante, déstabilisante mais d’une rare habilité.   
Au début, le style d’écriture est peu fluide, assez lourd jusqu’à la fin de la première partie. Une fois passé cette étape, les pages se tournent toutes seules et on a qu’une seule hâte c’est connaître l’issue de ce piège.  Pour conclure, c’est un thriller intéressant avec un parfum de machiavélisme qui mérite le détour !