Si un inconnu vous aborde

Fiche identité

  • Titre du livre: Si un inconnu vous aborde 
  • Auteur: Laura Kasischke
  • Nombre de pages: 192
  • Édition: Page à page 

Résumé

Ce livre est un recueil de quinze nouvelles avec un accent sombre, absurde et parfois fantastique.  

 Avis     

Ces nouvelles sont particulières car elles nous plongent dans une ambiance sombre, ambiguë et glauque.  Chaque histoire commence de manière banale – une mère  qui fouille dans les affaires de sa fille adolescente, un père fraîchement divorcé de sa femme qui assiste à l’anniversaire de sa fille, une femme qui se balade dans les quartiers de la ville, un vieil homme seul chez lui, une femme qui s’apprête à prendre l’avion – pour vriller ensuite dans une direction inattendue et déroutante. On s’attend à une fin, à une explication mais hélas, jusqu’au bout le lecteur restera dans le flou, avec plusieurs fins ouvertes.
Le style d’écriture est froid, précis mais quand même fluide. Ces descriptions sont assez originales, notamment celui de l’anniversaire où on sent cette atmosphère de bruis d’enfants insupportables. Malheureusement, les nouvelles sont inégales et certaines resteront obscures de la première à la dernière ligne.
Pour conclure, je ne sais pas quoi vous dire : à lire ou pas ? Cela dépend vraiment de votre humeur et de votre capacité à aimer les fins ambiguës. 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Esprit d’hiver 

Souvenirs de la maison des morts

Fiche identité

  • Titre du livre: Souvenirs de la maison des morts 
  • Auteur: Fédor Dostoïevski 
  • Nombre de pages: 512
  • Édition: Gallimard

Résumé

Ce livre est le témoignage de Dostoïevski, condamné dans un bagne en Sibérie car il fréquentait un cercle libéral, accusé de complot contre le pouvoir en place. 

Avis     

Pour comprendre l’œuvre de Dostoïevski, ce livre est incontournable.  Faut-il le lire avant ou après ces principaux romans ? Je ne sais pas.
Lire ce livre, c’est découvrir la dureté du système pénitentiaire russe, qui débutait déjà les déportations en Sibérie bien avant le communisme.
Dostoïevski raconte sa réclusion, sa vie à côté de toutes sortes de criminels. Enfermé avec une centaine hommes dans une pièce étroite, une promiscuité quotidienne sans la moindre possibilité de s’isoler, des travaux manuels harassants, une maigre pitance composée généralement de soupe aux choux, voilà son quotidien cauchemardesque pendant plusieurs années.
Certains passages donnent froid dans le dos : les coups de fouets administrés aux prisonniers pour diverses raisons, parfois fallacieuses ; l’absolutisme qui règne au sein des administrateurs pénitentiaires ;  les rivalités au niveau des forçats notamment entre les nobles et les gens du peuple, les quotidiens d’hygiène dans l’hôpital etc.
L’auteur pose énormément de questions dans ce livre : traiter des hommes ainsi les rend-il meilleurs par la suite ? Quelle vertu peuvent-ils trouver à être humiliés comme des bêtes tous les jours ? Pourquoi continuer à enchaîner un malade agonisant sur son lit alors qu’il n’a aucune possibilité de fuir ? De même, un homme qui disposerait d’autant de pouvoirs sur d’autres êtres humains ne deviendra-t-il pas forcément mauvais et pervers comme le major ?
L’auteur essaie de comprendre le caractère de certains prisonniers, raconte de menus anecdotes pour illustrer l’atmosphère du bagne. Il a un regard plein de lucidité, sans sombrer dans l’amertume.
Le style d’écriture est agréable, riche en descriptions. Il y a plusieurs personnages avec des noms assez proches. J’ai souvent eu du mal à les distinguer et à les retenir.
Ce livre, méconnu à mes yeux, est un témoignage à découvrir. Il éclaire aussi sur toutes les facettes de ces principaux chefs-d’œuvre !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Carnets du sous-sol – Crime et châtiment – Le joueur – Les frères Karamazov – L’idiot