Des ballerines de Papicha

Fiche identité

  • Titre du livre: Des ballerines de Papicha
  • Auteur: Kaouther Adimi
  • Nombre de pages: 128
  • Édition: Points

Résumé

C’est le bref quotidien d’une famille quelque part dans un quartier populaire d’Alger.

Avis     

C’est ce titre mystérieux qui m’a attiré vers ce court roman. Hélas, je suis déçue de cette lecture.
A travers neuf personnages, le lecteur découvre le quotidien des classes moyennes qui vivent à Alger : une belle étudiante à l’université, une mère de famille veuve qui subit ces grands enfants, un jeune adolescent victime de brutalités, une femme dont le mari est devenu fou etc.
Mais l’auteur a peine esquissé ses personnages que la fin arrive déjà. C’est trop court pour qu’on s’attache aux protagonistes qui sont nombreux et faciles à confondre. Il n’y a pas d’histoire, pas d’intrigue palpitante, juste quelques instantanés de vie le temps de quelques pages.  J’aurai aimé les suivre plus longtemps. J’aurai préféré que l’auteur développe beaucoup plus son récit plutôt que nous laisser sur cette fin abrupte qui laisse des zones d’ombre.
Ce livre a un accent de désespoir assez marqué : les jeunes sont désabusés, la mère de famille déteste sa progéniture au point d’être amère et aigrie. L’avenir s’annonce sans issue mis à part pour certains l’espoir de fuir en Europe.
Le style d’écriture est fluide, doux et léger. Le livre se lit vite. Je pense que l’auteur a une jolie plume ; je tenterai bien  l’aventure avec elle si elle écrit un livre plus dense.

La plus secrète mémoire des hommes

Fiche identité

  • Titre du livre: La plus secrète mémoire des hommes 
  • Auteur: Mohamed Mbougar Sarr
  • Nombre de pages: 448
  • Édition: Philippe Rey

Résumé

Diégane Faye, un jeune écrivain sénégalais, découvre un livre rare intitulé « Le labyrinthe de l’inhumain ».  Fasciné par cet auteur, il part à la quête de ce dernier mais celui-ci a disparu, ne laissant que de fragiles traces dans la mémoire de quelques personnes.

Avis     

Avant que cet auteur obtienne le prix Goncourt, j’ai regardé son interview sur l’émission « La grande librairie ». Je l’ai trouvé brillant, intelligent et simple, ce qui m’a donné envie de découvrir ce livre.
J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, un mélange entre travail de recherche et enquête policière. Qui est l’auteur du roman « Le labyrinthe de l’inhumain » et pourquoi a-t-il soudainement disparu ? Cette quête mystérieuse et mystique va fouiller le passé. Plusieurs thèmes sont abordés par l’auteur : le mode de vie ainsi que les coutumes et les traditions d’un village sénégalais, le poids de la colonisation, la relation ambiguë entre la France et l’Afrique, le racisme ambiant qui en découle, Paris lors de l’occupation allemande, la douleur de l’exil etc.
Diégane Faye va rassembler les morceaux du puzzle, et de ce fait, va plonger dans une histoire familiale complexe autour duquel la littérature est le point névralgique.
Ce livre est également une réflexion philosophique sur la littérature : certains passages montrent à quel point lire revêt une importance primordiale pour le narrateur (et par ricochet l’auteur). Lire, c’est son oxygène, sa raison de vivre. Je me suis reconnue dans plusieurs passages notamment celui-ci : « Quelle est donc cette patrie ? Tu la connais : c’est évidemment la patrie des livres : les livres lus et aimés, les livres lus et honnis, les livres qu’on rêve d’écrire, les livres insignifiants qu’on a oubliés et dont on ne sait même plus si on les a ouverts un jour, les livres qu’on prétend avoir lus, les livres qu’on ne lira jamais mais dont on ne se séparerait non plus pour rien au monde, les livres qui attendent leur heure dans une nuit patiente, avant le crépuscule éblouissant des lectures de l’aube. »
Le style d’écriture est riche, coloré, soutenu et splendide. Alors là, amis lecteurs, accrochez-vous on ne s’en lasse pas ! L’auteur a le don de nous tenir en haleine, de nous emmener dans des méandres confus et des récits foisonnants de mystère, parfois à la limite du fantastique. C’est un jeu de piste qui se termine par une phrase qui m’a touché en pleine cœur : « l’alternative devant laquelle hésite le cœur de toute personne hantée par la littérature : écrire, ne pas écrire. »