La plus secrète mémoire des hommes

Fiche identité

  • Titre du livre: La plus secrète mémoire des hommes 
  • Auteur: Mohamed Mbougar Sarr
  • Nombre de pages: 448
  • Édition: Philippe Rey

Résumé

Diégane Faye, un jeune écrivain sénégalais, découvre un livre rare intitulé « Le labyrinthe de l’inhumain ».  Fasciné par cet auteur, il part à la quête de ce dernier mais celui-ci a disparu, ne laissant que de fragiles traces dans la mémoire de quelques personnes.

Avis     

Avant que cet auteur obtienne le prix Goncourt, j’ai regardé son interview sur l’émission « La grande librairie ». Je l’ai trouvé brillant, intelligent et simple, ce qui m’a donné envie de découvrir ce livre.
J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, un mélange entre travail de recherche et enquête policière. Qui est l’auteur du roman « Le labyrinthe de l’inhumain » et pourquoi a-t-il soudainement disparu ? Cette quête mystérieuse et mystique va fouiller le passé. Plusieurs thèmes sont abordés par l’auteur : le mode de vie ainsi que les coutumes et les traditions d’un village sénégalais, le poids de la colonisation, la relation ambiguë entre la France et l’Afrique, le racisme ambiant qui en découle, Paris lors de l’occupation allemande, la douleur de l’exil etc.
Diégane Faye va rassembler les morceaux du puzzle, et de ce fait, va plonger dans une histoire familiale complexe autour duquel la littérature est le point névralgique.
Ce livre est également une réflexion philosophique sur la littérature : certains passages montrent à quel point lire revêt une importance primordiale pour le narrateur (et par ricochet l’auteur). Lire, c’est son oxygène, sa raison de vivre. Je me suis reconnue dans plusieurs passages notamment celui-ci : « Quelle est donc cette patrie ? Tu la connais : c’est évidemment la patrie des livres : les livres lus et aimés, les livres lus et honnis, les livres qu’on rêve d’écrire, les livres insignifiants qu’on a oubliés et dont on ne sait même plus si on les a ouverts un jour, les livres qu’on prétend avoir lus, les livres qu’on ne lira jamais mais dont on ne se séparerait non plus pour rien au monde, les livres qui attendent leur heure dans une nuit patiente, avant le crépuscule éblouissant des lectures de l’aube. »
Le style d’écriture est riche, coloré, soutenu et splendide. Alors là, amis lecteurs, accrochez-vous on ne s’en lasse pas ! L’auteur a le don de nous tenir en haleine, de nous emmener dans des méandres confus et des récits foisonnants de mystère, parfois à la limite du fantastique. C’est un jeu de piste qui se termine par une phrase qui m’a touché en pleine cœur : « l’alternative devant laquelle hésite le cœur de toute personne hantée par la littérature : écrire, ne pas écrire. »

Khalil

Fiche identité

  • Titre du livre: Khalil
  • Auteur: Yasmina Khadra
  • Nombre de pages: 240
  • Édition: Pocket

Résumé

Ce soir du 13 Novembre 2015, Khalil est dans une voiture qui se dirige vers Paris, une ceinture d’explosifs autour de sa taille. Mais comment ce jeune garçon de banlieue en est-il arrivé là ?

Avis     

Dans ce roman, Yasmina Khadra a pour objectif ambitieux de décrire le processus de radicalisation d’un jeune de banlieue qui deviendra un des acteurs du funeste attentat de Paris. C’est un exercice difficile dans la mesure où il est impossible de comprendre l’incompréhensible.
Khalil est un jeune qui vit dans la banlieue de Molenbeek: issu de la seconde génération d’immigrés marocains, il vivote entre un père absent, une mère soumise et effacée, un décrochage scolaire et de mauvaises fréquentations. Petit à petit, il accompagne ses amis à la mosquée, plus par désoeuvrement que par intérêt religieux. Mais là-bas, les discours flatteurs des imams ainsi que la fraternité et l’amitié qu’il y trouve, vont pousser Khalil à devenir un terroriste.
C’est un sujet délicat mais l’auteur a su l’aborder avec beaucoup de tact et de lucidité. C’est difficile de donner des leçons, mais tout aussi difficile de comprendre comment peut-on arriver à ce genre d’extrémisme ? Ce roman m’a mis mal à l’aise car le personnage, à aucun moment, ne semble vouloir sortir de ce destin tracé. Je n’ai ressenti aucune empathie pour lui. Mon coeur bouillonnait d’incompréhension et de colère : il n’y a aucune circonstance atténuante qui puisse justifier ce qu’il a fait ou ce qu’il compte faire par la suite.
Le style d’écriture est agréable, fluide et léger. Je regrette un peu l’abondance de coïncidences dans ce récit étant donné sa brièveté. Le livre se lit d’une traite avec une fin qui laisse un arrière-goût amer dans la bouche. Pourquoi tant de gâchis ? 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: A quoi rêvent les loupsCe que le jour doit à la nuit – Dieu n’habite pas la HavaneL’attentatLes agneaux du seigneurLes hirondelles de KaboulLes sirènes de Bagdad