Ecrits de la maison des rats

Fiche identité

  • Titre du livre : Ecrits de la maison des rats
  • Auteur : Lao She 
  • Nombre de pages : 125
  • Édition : Editions Picquier
  • Année de publication : 2010

Résumé

Ce livre est une collection d’écrits de Lao She publiés dans plusieurs journaux. Il partage quelques-unes de ses pensées intimes sur plusieurs thèmes. 

Avis    

Je ne sais pas ce qui m’a attiré vers ce livre. Ce n’est ni le titre, encore moins la couverture ou l’auteur. Mais nos routes se sont rencontrées par hasard, et ce fut une belle surprise. Ce livre est une collection d’articles publiés par l’auteur dans plusieurs journaux sur une longue période. Il évoque des thèmes intimes : son enfance, sa mère, ses enfants, les animaux, la littérature, etc. Mais malgré la banalité du sujet, il sait insuffler une dose d’humour, de sarcasme et d’auto-dérision particulièrement délicieux.
Chaque chapitre fut une pépite d’or qui a égayé ma journée, au point que je retardai la lecture d’un nouveau chapitre pour prolonger le plaisir. J’ai beaucoup aimé les chapitres suivants : « Ma mère », « La lecture », « La littérature et la menuiserie », « Quand on a des enfants », « Les maladies bénignes » et « Les chats ».
Le style d’écriture est doux, agréable, fluide et drôle. Il y a un passage qui m’a beaucoup ému. Il évoque sa mère avec beaucoup de sobriété, mais dans ses lignes, on sent tellement d’amour : « J’avais peur, peur, peur, peur d’apprendre la nouvelle que je redoutais. Vivrait-on jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans, on reste toujours l’enfant de sa mère. Lorsqu’on a perdu sa mère bien-aimée, on est comme la fleur du vase qui garde sa couleur et son parfum, mais n’a plus sa racine ».
[…]
Ma vie m’a été donnée par ma mère. Si j’ai pu grandir et devenir un homme, c’est grâce au sang et à la sueur de ma mère. Si j’ai pu éviter de mal tourner, c’est grâce à l’influence de ma mère. Mes habitudes, mon caractère, je les ai hérités de ma mère. »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le pousse-pousse

Elles

Fiche identité

  • Titre du livre : Elles
  • Auteur : Lianke Yan
  • Nombre de pages : 336
  • Édition : Editions Picquier
  • Année de publication : 2022 

Résumé

L’auteur nous partage ici des portraits de femmes de sa famille ainsi que de sa région natale.

Avis    

Voici un livre qui semblait plein de promesses, mais qui m’a déçu par son contenu. Je m’attendais à un écrit qui dénonce les conditions de vie des femmes chinoises, mais je suis tombée sur un récit autobiographique un peu tiède. Ce livre rassemble les souvenirs que l’auteur a gardé sur les femmes de sa famille : sa mère, ses tantes, ses soeurs, etc. Ce sont des tranches de vie parfois tristes, parfois vagues que l’auteur partage. Lui-même ne sait pas grand-chose d’elles, et au moins, il a l’honnêteté de le dire qu’il ne comprend pas les femmes, qu’il ne sait rien de leurs vies et aussi qu’il ne s’y intéresse pas vraiment. Certains choix de vie resteront obscurs et vagues ; lui-même n’a pas été convié au mariage de ses soeurs ; lui-même ne sait pas réellement ce que pense sa femme, ses soeurs ou sa mère. C’est un homme qui regarde les femmes avec respect, mais avec une distance polie. Et pourtant, il y avait tellement à creuser dans le thème qu’il a choisi.
On découvre quand même le poids du mariage et la pression sociale autour de cette institution. Le mariage d’amour n’existe pas, ou est aussi rare qu’une comète. Les mariages sont arrangés et sont là pour satisfaire d’abord la communauté sociale ainsi que la belle-famille qui voit dans l’acquisition d’une bru une main-d’oeuvre disponible et corvéable à merci. Se marier hors de sa région ? C’est rare, et si c’est le cas, on n’entend plus parler de la mariée. Se marier par amour ? Une utopie.
Le chapitre 7 m’a aussi dérangé dans ce livre. L’auteur change de genre et bascule dans l’essai. Nous aurons droit à un long éloge de Mao Zedong qu’il décrit comme un précurseur du féminisme (?!?) ainsi que l’opinion personnelle de l’auteur sur le statut des femmes chinoises qu’il qualifie de « troisième sexe ». Selon sa théorie, les femmes chinoises sont les plus fortes comparées aux autres nationalités.
Je ne vais pas entrer dans la polémique, mais ce chapitre m’a agacé.
Le style d’écriture est lourd, redondant et répétitif. J’ai eu du mal à m’accrocher à ce récit, d’autant plus que sa façon de raconter est ennuyeuse et soporifique. J’ai mis du temps à finir ce livre malgré le fait qu’il soit relativement court. Je ne le recommande pas car il manque de saveur et d’originalité.