Oblomov

Fiche identité

  • Titre du livre: Oblomov
  • Auteur: Ivan Gontcharov
  • Nombre de pages: 576
  • Édition: Gallimard

Résumé

Oblomov est un aristocrate russe oisif qui peine à exécuter les moindres tâches et à prendre une décision quel que soit le sujet. Mais la rencontre avec Olga et l’amitié de Stolz parviendront-ils à le changer ? 

Avis     

Voici un classique russe peu connu par le grand public, sauf par les férus de littérature russe comme moi. Ce livre décrit un personnage atypique : Oblomov, un aristocrate russe, qui a comme principal trait de caractère l’oisiveté. Il aime paresser dans son lit même lorsque les invités débarquent dans son appartement.
Mais au-delà de cette caractéristique assez réducteur, Oblomov est, à mes yeux, un personnage rongé par l’angoisse.
La gestion de son domaine à la campagne le panique tellement qu’il finit par être incapable de prendre une décision. De même, sa relation avec la jeune Olga le met dans un état indescriptible : il est partagé entre la joie, l’amour et la peur et devient inerte. Chaque tracas du quotidien est pour lui insurmontable : lire un livre, faire une promenade dans la campagne avec ses amis, préparer des papiers au tribunal ou des documents de voyage, mettre fin à son contrat de location et déménager etc.
Oblomov fuit la réalité quotidienne car il n’est pas prêt à l’affronter et encore moins à le supporter. Un chapitre qui décrit les rêveries d’Oblomov renvoie à son passé et expliquerait peut-être son comportement : fils unique élevé et choyé dans son domaine, entouré de serviteurs depuis sa plus tendre enfance, Oblomov, au fond, rêve de revenir dans ce paradis perdu.
Pour être tout à fait honnête avec les potentiels lecteurs de ce livre, il ne s’y passe strictement rien mis à part une relation amoureuse platonique avec Olga, des scènes comiques avec son serviteur Zakhar (qui est pire que son maître en termes de paresse) et quelques discussions avec des amis de passage.
Ce livre pourrait être ennuyeux mais il ne l’est pas totalement car le style d’écriture est riche, agréable et plein d’humour. Le personnage principal est intéressant car atypique mais il est délicat de trouver une morale dans cette histoire: ce n’est ni l’éloge de la paresse ni l’apologie de l’action. Oblomov a fait le choix d’une vie de fainéantise et jusqu’au bout, il est resté dans son antre.
Pour conclure, c’est un livre fait pour les amoureux des classiques et de la littérature russe!

Souvenirs de la maison des morts

Fiche identité

  • Titre du livre: Souvenirs de la maison des morts 
  • Auteur: Fédor Dostoïevski 
  • Nombre de pages: 512
  • Édition: Gallimard

Résumé

Ce livre est le témoignage de Dostoïevski, condamné dans un bagne en Sibérie car il fréquentait un cercle libéral, accusé de complot contre le pouvoir en place. 

Avis     

Pour comprendre l’œuvre de Dostoïevski, ce livre est incontournable.  Faut-il le lire avant ou après ces principaux romans ? Je ne sais pas.
Lire ce livre, c’est découvrir la dureté du système pénitentiaire russe, qui débutait déjà les déportations en Sibérie bien avant le communisme.
Dostoïevski raconte sa réclusion, sa vie à côté de toutes sortes de criminels. Enfermé avec une centaine hommes dans une pièce étroite, une promiscuité quotidienne sans la moindre possibilité de s’isoler, des travaux manuels harassants, une maigre pitance composée généralement de soupe aux choux, voilà son quotidien cauchemardesque pendant plusieurs années.
Certains passages donnent froid dans le dos : les coups de fouets administrés aux prisonniers pour diverses raisons, parfois fallacieuses ; l’absolutisme qui règne au sein des administrateurs pénitentiaires ;  les rivalités au niveau des forçats notamment entre les nobles et les gens du peuple, les quotidiens d’hygiène dans l’hôpital etc.
L’auteur pose énormément de questions dans ce livre : traiter des hommes ainsi les rend-il meilleurs par la suite ? Quelle vertu peuvent-ils trouver à être humiliés comme des bêtes tous les jours ? Pourquoi continuer à enchaîner un malade agonisant sur son lit alors qu’il n’a aucune possibilité de fuir ? De même, un homme qui disposerait d’autant de pouvoirs sur d’autres êtres humains ne deviendra-t-il pas forcément mauvais et pervers comme le major ?
L’auteur essaie de comprendre le caractère de certains prisonniers, raconte de menus anecdotes pour illustrer l’atmosphère du bagne. Il a un regard plein de lucidité, sans sombrer dans l’amertume.
Le style d’écriture est agréable, riche en descriptions. Il y a plusieurs personnages avec des noms assez proches. J’ai souvent eu du mal à les distinguer et à les retenir.
Ce livre, méconnu à mes yeux, est un témoignage à découvrir. Il éclaire aussi sur toutes les facettes de ces principaux chefs-d’œuvre !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Carnets du sous-sol – Crime et châtiment – Le joueur – Les frères Karamazov – L’idiot