Expiation

Fiche identité

  • Titre du livre : Expiation
  • Auteur : Ian McEwan
  • Nombre de pages : 496
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 2001

Résumé

L’histoire commence en Angleterre, vers les années 30 lors d’une journée caniculaire. Briony, du haut de ces treize ans, surprend deux scènes ambiguës entre sa soeur Cecilia et Robbie, le fils de la ménagère. Mais son caractère fantasque et immature va faire basculer le cours de leur existence.

Avis          

En ce moment, j’ai la main heureuse au niveau de mes lectures : chaque livre est une pépite d’or qui m’apporte beaucoup de satisfaction. Ce livre d’Ian McEwan m’a ébloui.
Dès les premières lignes, il nous plonge dans un décor qui semble agréable, mais où souffle une ambiance étrange, comme si une fausse note résonnait quelque part. L’auteur arrive à mettre une tension subtile, mais qui monte au fur et à mesure des pages jusqu’à ce qu’éclate le drame qui va affecter toute une vie.
Pour ne pas dévoiler cette histoire magnifique, tout ce que je pourrai vous dire se résume à ceci : le thème prépondérant tourne autour du mensonge, de la culpabilité et des moyens mis en oeuvre pour racheter ces fautes.
L’auteur nous décrit minutieusement les faits et gestes des personnages principaux, leurs états d’âme pour qu’on puisse comprendre qui ils sont et ce qui les pousse à agir comme ils l’ont fait. Chacun tirera ses propres conclusions. Pour ma part, malgré cette analyse fouillée, je n’ai toujours pas réussi à répondre de manière satisfaisante à toutes mes interrogations : pourquoi ? Est-ce par orgueil, immaturité, sous le coup de la pression des autres ou bien par besoin d’être au centre de l’intérêt des gens qu’elle a agi ainsi ? Est-on trop jeune à treize ans pour discerner le bien, le mal et les conséquences d’un mensonge ? Quel gâchis, mais quel immense gâchis !
Le style d’écriture est limpide, clair et agréable. Chacune de ces phrases nous emmène dans son décor ; il joue avec notre imagination et notre perception du monde : lors de la lecture, je sentais presque la chaleur inhabituelle qui régnait dans le manoir ; j’entendais les bombes siffler sur le champ de bataille ; je voyais les soldats blessés, malades et mourants à l’hôpital avec les infirmières à leur chevet. Ian McEwan est un peintre de la société anglaise des années 30. Mais il a réussi à nous décrire aussi un pan de la Seconde Guerre mondiale avec la retraite (pour ne pas dire débandade !) vers Dunkerque des troupes britanniques. Cette partie fut un peu plus laborieuse, avec quelques longueurs disséminées ici et là, mais ce n’est pas bien grave.
Bon, voici les mots de la fin : to be read ? YES !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : AmsterdamDans une coque de noixLes chiens noirsL’intérêt de l’enfant – Samedi – Sur la plage de Chesil

Brume

Fiche identité

  • Titre du livre : Brume
  • Auteur : Stephen King
  • Nombre de pages : 862
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1980

Résumé

Nous avons ici une vingtaine de nouvelles de Stephen King sur le thème de l’épouvante, du suspens et de l’horreur.

Avis    

Est-il encore nécessaire de présenter Stephen King, auteur habitué à être critiqué sur ce blog depuis sa création en 2009 ? Jusqu’à maintenant, j’ai toujours cru qu’il était plus doué dans l’écriture de gros pavés que des courtes nouvelles, mais ce recueil vient de réfuter en partie cette théorie.
Ces nouvelles sont de qualité inégale, mais je n’amuserai pas à les décortiquer un par un. Certains récits sont juste croustillants de terreur, insoutenables par le suspens et l’horreur qui suintent à chaque ligne. Je mettrais dans cette catégorie la plus longue des nouvelles, « Brume », ainsi que d’autres histoires comme « Mémé, « L’excursion », « Le radeau » et « Le goût de vivre ».
Les autres nouvelles sont moyennes, voire médiocres. La plus controversée est celle de l’étudiant qui tire sur des gens dans un campus universitaire (et qui nous rappelle les multiples massacres qui ont eu lieu aux États-Unis).
La plume de Stephen King est aussi affûtée et cruelle que dans ces autres romans : beaucoup de suspens, quelques scènes violentes et une psychologie très fine des protagonistes. On sent la frayeur de George lorsqu’il est seul chez lui, on partage la terreur des quatre étudiants sur le radeau, on a peur face à cette brume opaque qui entoure le supermarché… Voilà, son talent réside dans le suspens qu’il distille goutte à goutte dans nos pensées. Mais où trouve-t-il toutes ces idées macabres ? Machiavéliques ? Originales et terrifiantes ?
Par contre, je note que les conclusions des nouvelles sont abruptes, et parfois il n’y en a tout simplement pas. On ressent une certaine frustration, car on aimerait connaître la suite : vont-ils survivre ? Que va-t-il se passer ensuite ? L’auteur nous laisse imaginer les multiples fins possibles. Grrr !
En tout cas, si vous n’aimez pas les histoires tournant autour du surnaturel, de la paranoïa et de l’horreur, mieux vaut ne pas vous hasarder dans cette lecture. Par contre, si vous aimez les récits d’épouvante, je vous recommande ce recueil de nouvelles !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : 22/11/1963 –  Ça – Coeurs perdus en Atlantide – Docteur SleepDolores Claiborne – DômeLa petite fille qui aimait Tom GordonLe fléauL’institut – Marche ou crèveMiseryRêves et cauchemarsSalemShining