Manuel du guerrier de la lumière

Fiche identité

  • Titre du livre : Manuel du guerrier de la lumière
  • Auteur : Paulo Coelho
  • Nombre de pages : 162
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 1997

Résumé

Il s’agit d’un ensemble de textes courts sur un mode de philosophie de vie.

Avis          

Quelqu’un qui me reprochait d’être dure avec cet auteur m’a conseillé de lire cet ouvrage afin de mieux comprendre sa philosophie. Plutôt que remonter le peu d’estime que j’ai envers lui, je suis encore plus dépitée.
Il s’agit ici d’une succession de préceptes concernant l’attitude à avoir en tant que « guerrier de la lumière ». Qu’est-ce que ce terme signifie ? Après avoir terminé ce roman, je vous avoue que je n’ai encore qu’une vague idée de ce que ce concept veut dire.
Tout ce que je sais, c’est que ce livre est un condensé de spiritualité et de philosophie, mais tout est tellement contradictoire qu’on s’y noierait presque de confusion. Il est difficile de démêler la cohérence et la justesse de chaque chapitre par rapport à l’ensemble.
Au final, ce livre me rappelle un article polémique que je lisais récemment sur « l’happycratie ou comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies ». Ce livre est exactement dans la même veine : une morale à deux sous sur la réalisation de soi et le développement personnel, un plaidoyer pour suivre ses rêves et oser prendre des risques, mais tous ces discours sonnent bien creux à mon oreille. Je n’y crois pas et n’y ai jamais cru à cette approche individualiste, qui peut devenir culpabilisante si on n’atteint pas cette discipline de vie.
Le style d’écriture est simple et se lit vite. Les chapitres sont courts. Mais il manque une dose de sensibilité et de poésie qui aurait pu rendre ce recueil plus attachant.
Bref, c’est une lecture qui m’a déplu et dont j’en garde un souvenir médiocre. Autre conclusion : je vais arrêter momentanément (ou définitivement) de lire cet auteur car j’aime de moins en moins ces textes.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : AdultèreL’alchimisteMaktub – Sur le bord de la rivière PiedraVéronika décide de mourir

Dolores Claiborne

Fiche identité

  • Titre du livre : Dolores Claiborne
  • Auteur : Stephen King
  • Nombre de pages : 336
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1992

Résumé

Un soir, Dolores Claiborne débarque au commissariat de police de Little Tall pour avouer deux choses :
– l’accident qui a coûté la vie à son mari, il y a trente ans de cela, n’en était pas un.
– le meurtre de sa patronne Vera Donovan, qu’on lui impute actuellement, est une erreur.

Avis     

Stephen King est un auteur que je lis depuis mon adolescence. C’est comme un compagnon de route que j’aime croiser régulièrement et avec qui je prends plaisir à faire un bout de chemin ensemble. Ici, il n’est pas question de créatures épouvantables qui poursuivent les enfants dans des égouts, mais de « monstres ordinaires ». Ce monstre est la violence conjugale.
Dolores Claiborne confesse ici son crime : oui, elle a tué son mari le soir de l’éclipse. Si, à un moment les soupçons se sont posés sur elle, il n’y a pas eu suffisamment de preuves tangibles pour la condamner.
Ce qui est surtout intéressant à suivre dans ce récit est la raison de ce geste. On entre doucement dans l’intimité de la famille au fur et à mesure que Dolores raconte son histoire. Elle travaille durement comme femme de ménage et peine à joindre les deux bouts avec ces trois enfants à charge et un mari alcoolique, paresseux et violent. Mais pendant qu’elle est occupée à trimer pour une patronne exécrable et lunatique, la tranquillité de son foyer vole doucement en éclats sous ses yeux sans qu’elle ne comprenne pourquoi.  
Dolores est un personnage très attachant qui m’a beaucoup émue. Elle a son franc-parler, un caractère bien trempé, mais elle symbolise pour moi le sens même du courage d’une mère de famille : se lever le matin et tenir quoiqu’il arrive malgré les circonstances difficiles dans son travail ; songer à l’avenir de ses enfants en mettant quelques dollars de côté pour qu’ils puissent un jour aller à l’université ; et SURTOUT oser tenir tête à son mari pour qu’il ne la frappe plus. Cette scène est juste mémorable : les hommes qui battent leurs femmes sont des lâches !
Je ne peux pas la blâmer pour son crime, car à sa place, qui sait si je n’aurai pas fait pire ! D’ailleurs, qui aurait cru que son mariage allait tourner dans cette direction ? Un amour qui commence au lycée, une grossesse imprévue et la voilà mariée à une brute immonde et perverse !
Et sa patronne, c’est aussi un sacré numéro, une vraie bique acariâtre et sadique ! C’est seulement en apprenant son secret que j’ai ressenti un peu de pitié pour cette pauvre créature, qui à mon avis, est atteint de démence sénile. Elle est aussi victime de ces machinations et se retrouve seule face à ses propres cauchemars.
Le style d’écriture est juste un délice. L’auteur a un merveilleux talent de conteur pour nous restituer aussi fidèlement que possible toutes les émotions et tous les sentiments du personnage. La fin est juste parfaite : ni mièvre, ni utopique, mais un dénouement réaliste.
C’est un roman que je recommande vivement et que je terminerai par cette citation : « Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par amour… l’amour qu’une mère ressent pour ses enfants. C’est l’amour le plus fort qu’il y a dans ce monde, et c’est le plus terrible. Y a pas de pire garce sur terre qu’une mère qui a peur pour ses gosses.»

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : 22/11/ 1963 – Brume – ÇaCoeurs perdus en Atlantide – Docteur Sleep – Dôme – La petite fille qui aimait Tom GordonLe fléauL’institut – Marche ou crève – Misery – Rêves et cauchemars – Salem – Shining