Les deux morts de Quinquin-La-Flotte

Fiche identité

  • Titre du livre: Les deux morts de Quinquin-La-Flotte
  • Auteur: Jorge Amado
  • Nombre de pages: 127
  • Édition: Stock

Résumé

Un beau jour, Quinquin-La-Flotte, un clochard bien connu dans les rues sordides de Bahia décède.
Sa famille, bourgeoise et un peu collet monté, vient pour préparer le défunt mais…

Avis     

Quinquin-La-Flotte est le surnom bien connu de Joaquim Soares da Cunha, un respectable fonctionnaire retraité des impôts. Ce brave homme, lassé des femmes acariâtres de son foyer, quitte tout pour mener une vie plus amusante. Le voilà, clochard déluré et drôle, entouré d’amis, de prostituées, buvant le tafia comme l’eau et jouant aux cartes dans les bas-fonds de Bahia.
Cette histoire, très courte, se déroule lors de la veillée funèbre de Quinquin-La-Flotte.
La famille, qui l’a rejeté toutes ces années, revient à la charge pour redonner un peu de dignité à ce père de famille, et surtout redorer un peu leur réputation, mise à mal par les turpides du vieillard. On sent toute leur hypocrisie, leur hâte de sauvegarder les apparences tout en ménageant leur portefeuille.
Mais lors de la veillée funèbre, les braves compères, amis de Quinquin-La-Flotte débarquent aussi et vont l’entraîner dans une ultime soirée.
Le style d’écriture est coloré, exubérant et joyeux. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce récit original et j’étais comblée.
Pour conclure, une belle découverte de la littérature brésilienne !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Cacao 

Le bleu des abeilles

Fiche identité

  • Titre du livre: Le bleu des abeilles
  • Auteur: Laura Alcoba
  • Nombre de pages: 160
  • Édition: Folio

Résumé

A l’âge de dix ans, la narratrice quitte l’Argentine pour rejoindre sa mère, une réfugiée accueillie en France. Elle s’imagine le Paris idyllique raconté par son professeur de français mais hélas, elle débarque en banlieue, à Blanc-Mesnil.

Avis     

Cette histoire, d’inspiration autobiographique, est celle de l’adaptation d’une enfant de dix ans en France. Exilée politique avec sa mère, un père resté en prison là-bas, elle essaie d’apprivoiser tant bien que mal ce nouveau pays. C’est surtout la langue qui est un frein, avec toutes les subtilités de la langue française : honteuse de son accent, elle écoute sans jamais parler, elle rêve de s’immerger totalement dans cette nouvelle culture mais peine à y arriver.
C’est un récit doux, gentil et sans heurts. Même si le Blanc-Mesnil ne ressemble pas à son rêve, elle y a son petit cocon douillet et protecteur : la présence de sa mère, les correspondances régulières avec son père emprisonné en Argentine, des amies à l’école, des vacances de ski grâce à des familles généreuses etc.
Chaque exil est différent mais ici, il est vu sur un angle positif, presque trop idyllique à mon goût. Bref, malgré un sujet intéressant à traiter, il n’y a pas l’envergure ni la profondeur des romans d’Alice Zeniter comme dans L’art de perdre ou de Maryam Madjidi dans Marx et la poupée.
Le style d’écriture est léger, agréable et fluide. Le livre est court et se lit vite mais ne laisse pas un souvenir impérissable.