Cent ans de solitude

Fiche identité

  • Titre du livre: Cent ans de solitude 
  • Auteur: Gabriel Garcia Marquez
  • Nombre de pages: 460
  • Édition: Seuil

Résumé

Cette histoire se déroule dans le village de Macondo, un hameau retiré où vit la famille Buendia. Au fur et à mesure que le temps passe, ce clan familial s’agrandit mais décline progressivement. 

Avis     

Après plusieurs semaines de lecture, je suis contente d’avoir enfin réussi ce défi qui m’attendait depuis plusieurs années. Je ressors un peu hébétée de ce livre riche, foisonnant, mystérieux et complexe.
C’est un roman qui réussit l’exercice difficile de mélanger tous les genres et tous les sujets avec beaucoup d’humour. On va découvrir comme thèmes principaux : le déclin d’une famille, la politique, la guerre civile qui oppose les conservateurs et les libéraux, les passions amoureuses, les luttes sociales des ouvriers qui travaillent pour les compagnies de plantations de bananes, l’impact des progrès techniques sur l’hameau isolé de Macondo.
Le coeur de cette histoire est la famille Buendia que le lecteur suivra sur plusieurs générations. Mais le plus complexe est qu’ils portent tous le même nom soit Aureliano Buendia ou José Arcadio pour les hommes, soit Amaranta ou Remedios pour les femmes. En plus, avec tous ces noms identiques et la chronologie un peu floue, on finit par s’emmêler les pinceaux. Ce n’est pas bien grave, c’est même original et drôle car, comme le dit si bien Ursula, l’histoire de famille se répète, se mélange et fait une boucle à l’infini .
Au moment où s’y attend le moins, l’auteur va introduire des éléments magiques, fantastiques mais ça semble si naturel dans ce roman que ça ne m’a pas choqué. Par exemple, un jeune ouvrier qui est toujours entouré de papillons jaunes; des maladies étranges comme la peste du sommeil; des fantômes qui côtoient les vivants et qui sont plus vivants que les vivants eux-mêmes; des personnages avec des durées de vie très longue; des fourmis rouges qui envahissent la maison etc…
Le style d’écriture est riche et complexe. C’est une lecture exigeante qui nécessite une certaine disponibilité d’esprit. Pour savourer ce livre, il faut se laisser emporter dans ce tourbillon sans penser à la logique ni à la rationalité. Tout n’est que sensation, sentiment, émotion, instantané, magie et féérie. Il y a des passages mémorables, notamment la diatribe de Fernanda lors de la pluie (pas de point, mais une succession de virgules pendant plusieurs pages).
Pour conclure, ce fut une lecture hors des sentiers battus pour moi, un souvenir que je chérirai même si je n’ai pas mis le cinquième coeur. 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Chronique d’une mort annoncéeL’amour aux temps du choléra

L’ombre de ce que nous avons été

Fiche identité

  • Titre du livre: L’ombre de ce que nous avons été 
  • Auteur: Luis Sepulveda
  • Nombre de pages: 160
  • Édition: Points

Résumé

Trois anciens militants se retrouvent plusieurs années après dans un vieil entrepôt à Santiago. Ils attendent une dernière personne pour effectuer un coup spectaculaire. Mais un évènement inattendu l’empêche d’arriver sur les lieux…

Avis     

C’est le troisième livre que je lis de cet auteur mais j’ai moins accroché que les deux autres. J’étais étourdie par la longueur des noms des protagonistes qui semblent tous identiques. J’ai même confondu les époques, les lieux et les personnages. En quelques mots, j’ai eu du mal à me concentrer sur ce livre et a trouvé le fil conducteur de ce récit.
Pourtant l’auteur évoque ici un pan de l’histoire chilienne : celle des troubles politiques qui ont entraîné un exil massif des communistes et une sévère répression par l’armée lors du coup d’Etat de Pinochet. Il y a une certaine nostalgie et tristesse dans ce récit : trente-cinq ans plus tard, quand les trois compères se retrouvent, ils ressassent tous ces évènements politiques qui les ont rassemblés mais qui ne sont plus que de vieux souvenirs, des sacrifices qui n’ont pas mené à grand-chose. Eux-mêmes ont été brisés par le temps qui passe.
Cette citation, issue du livre, m’a vraiment touché, peut-être parce que j’ai vécu, il y a plusieurs années, un exil (volontaire) loin de mon pays d’origine : « On ne revient pas de l’exil, toute tentative est un leurre, le désir absurde de vivre dans le pays gardé dans sa mémoire. Tout est beau au pays de la mémoire, il n’y a pas de dommages au pays de la mémoire, pas de tremblement de terre, et même la pluie est agréable au pays de la mémoire. C’est le pays de Peter Pan, le pays de la mémoire ».
Le style d’écriture est léger, agréable avec un zeste d’humour mais le récit se dévoile trop lentement à mon goût. Toujours est-il qu’il mérite quand même le détour même si je n’ai pas réussi à l’apprécier à sa juste valeur.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler – Le vieux qui lisait des romans d’amour