Le bon gros géant

Fiche identité

  • Titre du livre: Le bon gros géant
  • Auteur: Roald Dahl
  • Nombre de pages: 254
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1982

Résumé

Une nuit, Sophie, ne parvient pas à s’endormir et part s’accouder à la fenêtre  de l’orphelinat. Elle sursaute en voyant un géant de sept mètres traverser la grande rue, avec une valise et une trompette. Ce dernier l’aperçoit et s’empare d’elle pour la ramener au pays des géants.  

Avis    

Je ne présenterai plus cet auteur tellement il est familier sur ce blog. Mon projet est de lire l’ensemble de son œuvre et visiblement, je suis en bonne voie de le réussir.  Mes sentiments sont mitigés à la fin de cette lecture et contrastent avec les innombrables avis élogieux entendus et lus ici et là.
Une histoire d’amitié va naître entre Sophie et le Bon Gros Géant, communément appelé BGG.  En effet, ce dernier est différent de ses semblables : non seulement  il ne mange pas les humains mais il attrape de jolis rêves pour les souffler aux enfants la nuit. Un projet s’esquisse petit à petit dans la tête de Sophie : et pourquoi n’iraient-ils pas arrêter les méfaits des neufs autres méchants géants mangeurs d’hommes ?  
Le livre ne manque ni de magie, ni de rebondissements, ni de bons sentiments. Il a une saveur particulière grâce aux jeux de mots de l’auteur car BGG a une fâcheuse manie de s’embrouiller avec les mots.
Mais quelques éléments ont perturbé ce récit et donc mon appréciation. Malgré un style d’écriture simple et agréable,  les dialogues ressemblent plus à un monologue. Sophie m’a semblée insipide, se contentant d’acquiescer aux paroles du géant ou de poser des questions un peu fades. Il n’y a pas ce grain de sel qui m’a tellement plu chez Matilda.
La fin est trop rocambolesque et facile à mon goût avec l’intervention de la reine d’Angleterre et des chefs de l’armée. J’aurai préféré plus d’actions et de péripéties et moins de longueurs au début du livre.
La note est sévère compte tenu de mes remarques. Ai-je égaré quelque part mon âme d’enfant ? Ou peut-être, mon humeur du moment ne convenait-il tout simplement pas à cette lecture ?
Pour conclure je dirais qu’il reste quand même un bon livre qui plaira aux enfants ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Charlie et la chocolaterieFantastique Maître RenardLa potion magique de Georges BouillonLes deux gredinsMatildaSacrées sorcièresTel est pris qui croyait prendre

La maison d’Apre-Vent

Fiche identité

  • Titre du livre: La maison d’Apre-Vent
  • Auteur: Charles Dickens
  • Nombre de pages: 1 050
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1853

Résumé

Depuis plusieurs années, le procès Jarndyce & Jarndyce traîne à la Chancellerie.  Les procédures se succèdent interminablement, au grand désarroi de chaque parti. Plusieurs personnes sont touchées de près ou de loin par ce dossier, notamment la famille Dedlock, Mr. Jarndyce, Richard Carstone ou Esther Summerson.

Avis    

Récemment, je vous parlais d’un projet insensé. Il a fini par se réaliser au bout d’un mois et une semaine de lecture presque continue, interrompue de temps en temps par des ouvrages plus simples.  Je suis partagée entre le soulagement et la tristesse de quitter tous ses personnages qui ont largement occupé mes trajets quotidiens.
Soulagement car ce livre est très riche, très dense avec une multitude de personnages qui sont, même pour le plus insignifiant, extrêmement détaillés par l’auteur. Même pour un lecteur aguerri, il faut du temps pour se familiariser avec tout ce beau monde. Je ne pourrais pas commenter ici chacun de leurs traits de caractère mais certains sont inoubliables : le redoutable avoué Tulkinghorn, la famille Dedlock, le généreux Mr. Jarndyce, l’infatigable Mr. Bucket, Mr. Skimpole sans oublier Esther, Ada, Jo, Richard, M. Guppy, les Snagsby, la famille Smallweed, etc. Dickens a souvent tendance à créer des personnages très manichéens : ce livre n’échappe pas à cette règle, ce qui donne quelques situations niaises, des gens d’une extrême méchanceté, ou à l’inverse, d’une bonté infinie.
L’histoire est racontée alternativement par deux personnes : Esther Summerson et un narrateur omniscient. L’intrigue met du temps non seulement à démarrer mais aussi à avancer puisqu’elle est étouffée par un nombre impressionnant de descriptions qui s’étendent sur des sujets divers et variés, depuis l’état de la ville de Londres jusqu’aux gouttes de pluie tombant sur Chesney Wold.
L’auteur critique aussi la société de son époque : les abus du pouvoir judiciaire anglais, la pauvreté, la saleté et la pollution qui règnent dans Londres, les femmes qui négligent leur foyer à force d’être préoccupées par des œuvres humanitaires, les comportements hautains et condescendants des aristocrates, les dévots qui prêchent chez les gens afin de remplir en premier lieu leur estomac etc…. Chaque élément est décortiqué, analysé soigneusement par Dickens qui ne se prive pas pour lancer des piques ici et là.
Le style d’écriture est très riche et très soutenu, avec beaucoup de sarcasme, des apostrophes au lecteur et plusieurs digressions. Ce chef-d’oeuvre se savoure doucement mais modérément. Si vous n’avez pas accrochez dès les premières pages, je vous conseille de le laisser de côté car il n’y aura pas de changement notable durant les 1000 prochaines  pages. La fin est très prévisible mais ravira les fans de Dickens. 
Selon moi, ce livre est réservé aux gens qui connaissent bien – et aiment de tout leur coeur – le style particulier de Charlie ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: David CopperfieldDe grandes espérancesLa petite Dorrit – Les temps difficilesNicholas NicklebyOliver TwistUn chant de NoëlUn conte des deux villes