Salem

Fiche identité

  • Titre du livre: Salem
  • Auteur: Stephen King
  • Nombre de pages: 387
  • Édition: Pocket
  • Année de publication: 1975

Résumé

Ben Mears décide de s’installer à Jerusalem’s Lot, une ville où il a vécu durant une partie de son enfance, pour écrire son troisième roman. Mais des évènements bizarres se déroulent dans la ville depuis l’arrivée d’un d’un certain Straker.

Avis    

Stephen King fut un des auteurs qui a accaparé toute mon adolescence. J’adorais lire ces romans même si, ensuite, la nuit je tremblais de terreur sous les draps. Je me souviens vaguement d’avoir lu ce livre mais il est resté très flou dans ma mémoire. C’est avec une certaine appréhension que je l’ai relu, craignant de perdre la saveur qu’il m’avait donné quand j’avais douze/treize ans.
Eh bien, rien n’a changé. J’étais aussi terrifiée, presque autant que par le passé. Chaque chapitre m’a réservé son lot de surprises, de suspens et d’émerveillement. J’adore comment Stephen King raconte ces histoires : il commence par décrire le quotidien banal de la petite ville de Jerusalem’s Lot, et on a l’impression d’y être comme si on allait aussi boire un café à l’Excellent, ou longer la boutique de meubles fraîchement ouverte de Straker & Barlow, ou s’asseoir à la table de la pension d’Eva Miller, ou participer à un dîner chez les Norton. Je suis arrivée à visualiser nettement chacun des personnages, du livreur de lait à Ben Mears, Susan Norton, Mark Petrie, le père Callahan, Jimmy Cody…
Et puis, petit à petit, l’auteur nous enserre dans ses filets et ne nous lâche plus qu’à la fin. Malgré tous les évènements cauchemardesques qui défilaient sous mes yeux, j’avais envie de connaître la suite, de savoir s’ils allaient ou non s’en sortir et comment.
Ici, Stephen King nous décrit le mal à l’état pur : des créatures cruelles, abjectes et surnaturelles loin des vampires complètement gnangnans de la mère Meyer (cf. les romans Twilight). Là je risque peut-être d’aller loin dans mon analyse mais j’ai senti une réflexion de l’auteur sur la nature du mal. Qu’est-ce que c’est ? Comment peut-on le définir et le représenter ? Est-ce par l’intermédiaire des monstres ou bien ces maisons qui gardent des traces des évènements macabres qui s’y sont déroulés ? Ou bien est-ce quelque chose d’encore plus horrible, immonde, presque insupportable pour notre âme humaine ?
Le style d’écriture est fluide, agréable mais un brin vulgaire. Il y a plusieurs gros mots et quelques scènes très violentes. Il faut aussi noter qu’il évoque beaucoup la religion dans ce livre. Ce n’est pas un livre plein de descriptions macabres mais plutôt du suspens, du fantastique et bien sûr, le talent de conteur d’un de mes auteurs préférés.
A lire ? Oui si vous aimez la littérature fantastique/horreur !
Et un conseil d’ami : si vous vous promenez dans le Maine, ne prenez jamais l’embranchement n°12 en direction de Jerusalem’s Lot dès que le soleil se couche.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog22/11/1963 – Brume – Ça – Coeurs perdus en AtlantideDocteur SleepDolores Claiborne – DômeLa petite fille qui aimait Tom GordonLe fléauL’institut – Marche ou crèveMiseryRêves et cauchemarsShining

Je suis une légende

Fiche identité

  • Titre du livre: Je suis une légende
  • Auteur: Richard Matheson
  • Nombre de pages: 240
  • Édition: Folio
  • Année de publication: 1954

Résumé

Robert Neville est seul, dans un monde frappé par une épidémie inconnue. Autour de lui gravitent des hommes, ni vivants ni morts, mais qui le traquent jusqu’au fond de sa demeure toutes les nuits…

Avis    

J’ai vu le film, joué par Will Smith au cinéma, avant de découvrir ce livre. Et je tiens à mentionner que le film ne partage quasiment rien avec cet ouvrage mythique.
Le résumé nous dévoile le contexte: seuls des morts-vivants, ou peut-être des vampires, subsistent sur Terre. Robert Neville pense être le dernier être humain et il lutte jour après jour pour sa survie: barricader les fenêtres, ne pas sortir dès le coucher du soleil, couvrir ses volets de chapelets d’ails, s’approvisionner quotidiennement en eau et nourriture, tenter de massacrer le plus de « vampires » dès le lever du jour…
A chaque ligne, on sent la tension qui l’anime et l’angoisse qui l’étreint. Il est seul, rongé par les remords, le passé et la solitude. Il rêve d’en finir, rêve de rencontrer un autre être vivant à qui il pourrait parler, rêve de découvrir ce qui aurait pu causer la destruction de l’espèce humaine. Parfois il sombre dans l’alcoolisme et le désespoir mais toujours cet instinct de survie presque animale le retient. Un épisode m’a particulièrement ému : celui du chien.
Moi qui ait toujours un peu fui la SF, je me suis retrouvée complètement accro à cet ouvrage. J’ai adoré passer ces quelques heures avec Robert Neville. Il n’y a pas un seul moment où je me suis ennuyé, pas une seule longueur.
L’auteur a un talent de conteur et maintient le suspens de chapitres en chapitres. Son style d’écriture est très fluide et très agréable. La fin est tout simplement superbe: je suis restée muette de stupeur. Et là, mes neurones frétillaient de joie devant toute la subtilité de l’auteur et toute cette réflexion qu’il nous offre: « C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés« . Je ne vous en dirais pas plus pour vous laisser découvrir ce chef-d’oeuvre!
A lire de toute urgence !