Le boucanier du roi

Fiche identité

  • Titre du livre : Le boucanier du roi (Tome 2 de l’Entre-deux guerres)
  • Auteur : Raymond Feist
  • Nombre de pages : 864
  • Édition : Bragelonne
  • Année de publication : 1992

Résumé

Le prince Arutha considère que son dernier fils Nicholas manque d’expérience et de maturité. Pour le préparer à ses futures responsabilités royales, il l’envoie chez le duc Martin à Crydee. Mais au cours de son séjour là-bas, la ville est attaquée par de mystérieux esclavagistes qui ont enlevé une partie de la population. Nicholas décide de partir à leur recherche. 

Avis   

Au début, j’avais quelques réserves sur cet ouvrage, étant donné ma grosse déception sur le 1er tome de cette série (cf.  Prince de sang) mais l’auteur a su de nouveau me captiver, pas autant qu’avant, mais quand même !
On retrouve ici les ingrédients classiques de l’heroic fantasy, dont Raymond Feist sait se servir : pour résumer brièvement, un jeune homme inexpérimenté part dans une quête désespérée avec ces compagnons. Ils vont traverser pendant plusieurs mois une mer lointaine, affronter de multiples péripéties comme un naufrage, une marche dans le désert, des combats avec des mercenaires et déjouer un complot qui se tramait contre le royaume.
Les événements s’enchaînent rapidement, même si je reproche trop de facilité pour le héros principal, le prince Nicholas : d’adolescent immature, il devient soudain un chef charismatique, et ne subit quasiment aucune défaite ou revers cuisant. Seules les interventions miraculeuses de Pug à chaque situation désespérée commencent à m’agacer. J’espère que nous n’aurons pas à chaque fois ce type de schéma dans les prochains tomes.
Je n’aime pas aussi le côté fleur bleue de ce roman, qui ressemble parfois à un feuilleton type Dallas ou les Feux de l’amour, avec toujours des couples qui se forment, qui se marient et qui vivent heureux jusqu’au prochain tome. Il en fait souvent trop, et à mon avis, trop peu de personnages secondaires meurent malgré la difficulté de la quête, ce qui rend l’histoire moins fantasy.
Quelques personnages secondaires viennent donner un peu de dynamisme au récit comme Nakor et Anthony les magiciens, Calis le demi-elfe, mais la plupart sont stéréotypés et me rappellent d’anciens personnages secondaires. Par exemple, faites le parallèle entre Jimmy/Brisa, etc.
Bon, le style d’écriture reste simple agréable et fluide. C’est d’abord une lecture pour les gens qui aiment l’heroic fantasy et qui ont envie d’une lecture détente !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  La trilogie de l’Empire (Tome 1 à 3)MagicienPrince de sangSilverthorn – Ténèbres sur Séthanon

L’invention de la solitude

Fiche identité

  • Titre du livre : L’invention de la solitude
  • Auteur : Paul Auster
  • Nombre de pages : 304
  • Édition : Actes Sud
  • Année de publication : 1982

Résumé

Ce livre est composé de deux parties distinctes. Dans la première partie, le narrateur évoque son père, et tous les souvenirs qui lui sont liés. Dans la seconde partie, le narrateur change de perspective et s’exprime à la troisième personne du singulier, pour raconter des fragments de souvenirs.

Avis     

Je classe ce livre parmi les plus déroutants que j’ai lu. Je trouve que les deux parties, déjà plus ou moins déconnectées, sont de qualité inégale.
La première partie m’a paru plus intéressante, peut-être parce qu’elle a un schéma narratif classique : Paul Auster évoque son père, un homme qui lui a paru toujours distant et froid, qu’il qualifie même d’« homme invisible ». Dans cette partie, on sent qu’il fouille au plus profond de son intimité, de ses souvenirs d’enfance et nous relate tout ce qu’il croit savoir de lui. On se rend à quel point grandir dans l’ombre d’un père absent est difficile.
Par contre, la seconde partie m’a paru plus difficile, notamment parce qu’elle est plus décousue, sans réel fil conducteur mis à part le travail de mémoire et de souvenir de l’auteur sur certains événements, lectures ou hasards de la vie qui l’ont marqué. Il parle aussi de la solitude de l’écrivain et de l’artiste, mais globalement, j’ai moins accroché.
Mais qu’est-ce que c’est magnifiquement écrit ! Son style d’écriture est juste époustouflant, comme s’il trouve à chaque fois le mot juste et parfait pour décrire ses émotions et sentiments. C’est de l’art avec un grand A, et si parfois, je n’ai pas réellement tout saisi, la beauté de son style suffit amplement.
Mon avis me paraît bancal, mais je n’arrive pas à extraire tout ce que j’aimerais vous dire. Pour ne pas m’acharner en vain, je vous laisse sur ce magnifique paragraphe, un de ceux qui m’a le plus touché, parce que l’auteur a su dire tout ce que je suis incapable d’exprimer aux autres avec mes propres mots.
« Il a rêvé toute sa vie de devenir millionnaire, l’homme le plus riche du monde. Ce qu’il convoitait n’était pas tant la fortune que ce qu’elle représente : non seulement le succès aux yeux des autres mais aussi une possibilité de se sentir intouchable. Avoir de l’argent, ce n’est pas seulement pouvoir acheter : cela signifie être hors d’atteinte de la réalité. L’argent en tant que protection, non pour le plaisir. Parce que dans son enfance, il en avait été démuni, et donc vulnérable aux caprices de l’existence. L’idée de richesse était devenue pour lui synonyme d’évasion : échapper au mal, à la souffrance, ne plus être une victime. Il ne prétendait pas s’acheter le bonheur mais simplement l’absence de malheur. L’argent était la panacée, la matérialisation de ses désirs les plus profonds, les plus difficiles à exprimer. Il ne voulait pas le dépenser mais le posséder, savoir qu’il était là. Moins élixir qu’antidote : la petite fiole à emporter au fond d’une poche si on va dans la jungle – au cas où on serait mordu par un serpent venimeux. »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Chronique d’hiver – InvisibleLe livre des illusions Léviathan –  Moon Palace – Trilogie new-yorkaise