Famille modèle

Fiche identité

  • Titre du livre : Famille modèle
  • Auteur : Eric Puchner
  • Nombre de pages : 552
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2010

Résumé

Cette histoire se déroule aux Etats-Unis, en Californie, chez la famille Ziller. L’auteur nous raconte la lente descente aux enfers de celle-ci après que le père Warren ait investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui tourne au désastre.

Avis    

J’ai choisi de lire ce livre à cause de son titre. Ces mots « Famille modèle » sonnaient déjà faux à mon oreille : je pressentais soit des secrets bien enfouis sous un vernis d’apparences, soit une dissolution progressive d’une famille classique. Et ce furent ces deux schémas qui se sont enchevêtrés tout au long de ce roman.
J’aime beaucoup ce genre de thème, car c’est un exercice difficile pour un auteur : comment attirer suffisamment l’attention d’un lecteur sur un sujet aussi banal que des problèmes familiaux ? Ce pauvre lecteur n’en a-t-il pas déjà assez dans sa vie quotidienne pour encore s’alourdir de ceux de personnages fictifs ?
Mais là, Eric Puchner a réussi à me captiver jusqu’au bout. Pendant ces cinq cents pages, il nous entraîne dans la vie des Ziller. On partagera tour à tour le point de vue des cinq membres de la famille. Je ne vous dirais pas plus pour vous laisser découvrir Warren, Camille, Dustin, Lyle, Jonas et Mister Léonard leur chien.
L’auteur évoque plusieurs sujets : la routine qui fait place, petit à petit, à l’amour dans un couple, les relations parents/enfants, notamment la balance difficile entre complicité et autorité, la frustration ressentie face à la personnalité « différente » de ces enfants par rapport à ce qu’on espérait ; les relations entre les frères et soeurs, qui sont teintées parfois d’incompréhension, de jalousie ou de maladresse ; les adolescents en pleine découverte de leurs premiers émois, des bêtises (fêtes déjantées, drogues, etc.) mais aussi pétris de rêves utopiques.
C’est un livre qui décrypte minutieusement les émotions et les sentiments de chacun de personnages, où on oscille entre humour et tragédie avec un ton toujours juste qui ne sombre pas dans le pathétique. Malgré le fait que les relations se délitent et font place au doute, à la rancoeur et à la colère, l’auteur sait doser chaque situation. ll n’y a pas d’exagération, pas de leçon morale, mais des drames qui pourraient vous arriver à vous et à moi si le malheur vient réclamer sa part dans votre vie.
Le style est léger, agréable, mais profond. Il a vraiment du talent et sa façon de décrire les situations me rappelle un peu Ian McEwan, un écrivain anglais que j’affectionne beaucoup. Je ne mets pas le cinquième coeur car il y a eu quelques petites longueurs et une fin qui m’a paru bizarrement …inachevée.
Je termine cette critique par ce vers de Robert Burns, évoqué aussi dans une oeuvre de John Steinbeck : « les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

Brume

Fiche identité

  • Titre du livre : Brume
  • Auteur : Stephen King
  • Nombre de pages : 862
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1980

Résumé

Nous avons ici une vingtaine de nouvelles de Stephen King sur le thème de l’épouvante, du suspens et de l’horreur.

Avis    

Est-il encore nécessaire de présenter Stephen King, auteur habitué à être critiqué sur ce blog depuis sa création en 2009 ? Jusqu’à maintenant, j’ai toujours cru qu’il était plus doué dans l’écriture de gros pavés que des courtes nouvelles, mais ce recueil vient de réfuter en partie cette théorie.
Ces nouvelles sont de qualité inégale, mais je n’amuserai pas à les décortiquer un par un. Certains récits sont juste croustillants de terreur, insoutenables par le suspens et l’horreur qui suintent à chaque ligne. Je mettrais dans cette catégorie la plus longue des nouvelles, « Brume », ainsi que d’autres histoires comme « Mémé, « L’excursion », « Le radeau » et « Le goût de vivre ».
Les autres nouvelles sont moyennes, voire médiocres. La plus controversée est celle de l’étudiant qui tire sur des gens dans un campus universitaire (et qui nous rappelle les multiples massacres qui ont eu lieu aux États-Unis).
La plume de Stephen King est aussi affûtée et cruelle que dans ces autres romans : beaucoup de suspens, quelques scènes violentes et une psychologie très fine des protagonistes. On sent la frayeur de George lorsqu’il est seul chez lui, on partage la terreur des quatre étudiants sur le radeau, on a peur face à cette brume opaque qui entoure le supermarché… Voilà, son talent réside dans le suspens qu’il distille goutte à goutte dans nos pensées. Mais où trouve-t-il toutes ces idées macabres ? Machiavéliques ? Originales et terrifiantes ?
Par contre, je note que les conclusions des nouvelles sont abruptes, et parfois il n’y en a tout simplement pas. On ressent une certaine frustration, car on aimerait connaître la suite : vont-ils survivre ? Que va-t-il se passer ensuite ? L’auteur nous laisse imaginer les multiples fins possibles. Grrr !
En tout cas, si vous n’aimez pas les histoires tournant autour du surnaturel, de la paranoïa et de l’horreur, mieux vaut ne pas vous hasarder dans cette lecture. Par contre, si vous aimez les récits d’épouvante, je vous recommande ce recueil de nouvelles !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : 22/11/1963 –  Ça – Coeurs perdus en Atlantide – Docteur SleepDolores Claiborne – DômeLa petite fille qui aimait Tom GordonLe fléauL’institut – Marche ou crèveMiseryRêves et cauchemarsSalemShining