Chronique d’hiver

Fiche identité

  • Titre du livre : Chronique d’hiver
  • Auteur : Paul Auster
  • Nombre de pages : 256
  • Édition : Actes Sud
  • Année de publication : 2012

Résumé

A l’aube de ces soixante-quatre ans, Paul Auster nous livre ici un bref autoportrait.

Avis          

Lire Paul Auster est toujours un exercice déstabilisant parce qu’on ne sait jamais dans quoi on va être embarqué. J’ai abordé ce récit avec beaucoup d’enthousiasme, mais mon intérêt s’est émoussé par la suite.
L’auteur évoque ici ces principaux souvenirs et les émotions qui y sont liés. Ce livre est intéressant, car l’auteur se livre sans aucune complaisance : il n’a pas peur de raconter ses faiblesses, ses angoisses, ses doutes, la culpabilité qui le ronge ou son chagrin. Il nous livre, dans des paragraphes pêle-mêle et sans réelle chronologie, ses souvenirs d’enfance, l’image de son père absent (dont il parlait déjà dans son roman L’invention de la solitude), son terrible chagrin lors du décès de sa mère, le sombre passé de l’histoire de sa famille et leurs origines juives, son premier mariage raté, ses voyages à Paris, l’union heureuse qu’il a avec sa seconde femme, etc.
Le corps prend aussi beaucoup de place dans ce livre, corps comme objet sexuel ou outil de la vie quotidienne, comme expression de la souffrance que ce soit par la maladie ou par des crises de panique ou comme victime des aléas de la vie (accidents, blessures, écorchures…).
Le style d’écriture est très particulier puisqu’il se parle à lui-même et emploie le « tu » tout au long du livre. Cela crée une intimité très forte avec le lecteur et on a l’impression de vivre une certaine complicité avec l’auteur par l’intermédiaire de la lecture. Mais je trouve qu’il y a quand même des longueurs et des répétitions et sans le formidable talent de conteur de l’auteur, j’aurai déjà abandonné depuis belle lurette ce récit.
Je pense que c’est un ouvrage particulier de Paul Auster qui dissèque son intimité et qui n’intéressera que ces fans. Donc, si vous hésitez à le lire, ne le faites pas !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blogInvisibleLe livre des illusionsLéviathanL’invention de la solitude – Moon Palace – Trilogie new-yorkaise

Le docteur Thorne

Fiche identité

  • Titre du livre : Le docteur Thorne
  • Auteur : Anthony Trollope
  • Nombre de pages : 779
  • Édition : Points
  • Année de publication : 1858

Résumé

Cette histoire se déroule dans le comté du Barsethire. Mary Barton, de naissance trop basse et surtout obscure, est mise à l’écart par la famille Gresham, qui craint que leur fils unique l’épouse. D’ailleurs, les ladies manœuvrent pour le marier à une femme riche afin de sauver la fortune familiale, grevée par plusieurs dettes.

Avis    

Il s’agit du second roman d’Anthony Trollope que je lis cette année, mais je suis légèrement déçue. Et pourtant, ce livre contient la plupart de tous les ingrédients que j’aime dans un roman : la campagne anglaise du XIXème siècle, une famille de petits nobles orgueilleux mais fortement endettés, une histoire d’amour impossible entre le jeune héritier de Greshambury et une orpheline sans le sou, mais courageuse.
Mais il manque ce ton léger et vivace qui caractérise Jane Austen, d’autant plus que quelques longueurs viennent ralentir l’intrigue vers le milieu du livre. Je ne m’attarderai pas ici sur l’histoire, que vous devinez rien qu’en lisant le résumé. Tout tourne autour de cette question : Mary et Frank auront-ils un avenir en commun malgré leurs différences sociales ?
L’auteur évoque avec beaucoup d’ironie le problème des classes sociales qui minaient cette époque : l’origine sociale était un critère important qui décidait des relations amicales, donc bien évidemment des mariages. Être bien né (de préférence avec une longue généalogie connue de tout le comté), occuper une place estimée dans la société, voilà les piliers sur lesquels se basait cette aristocratie terrienne fière et orgueilleuse. Bien sûr, il arrivait que certaines familles sombrent dans la ruine à cause d’un train de vie disproportionné et alors dans ce cas, ces hypocrites fermaient bien volontiers les yeux sur l’ascendance de certaines prétendantes, pourvu qu’elles rapportent par la suite plusieurs milliers de livres de rente.
En tout cas, les personnages principaux et secondaires sont extrêmement bien travaillés, que ce soit sur la description physique ou bien leurs principaux traits de caractères. Si certains personnages comme Frank, Mary et le docteur Thorne sont attachants, les autres sont détestables notamment Lady Arabella ou toute la clique des de Courcy (beurk !).
Le style d’écriture est riche, mais peut être lourd sur certains passages : l’auteur n’hésite à pas prendre à partie le lecteur et à s’immiscer comme un narrateur parfois trop omniscient. Néanmoins, il ne se prive pas pour railler copieusement toute cette société hypocrite et matérialiste, où les relations étaient teintées d’hypocrisie et de préjugés.
Pour conclure, c’est une lecture intéressante pour les gens qui s’intéressent à la littérature anglaise du XIXème et à la société victorienne de cette époque ! Sinon, pour les autres, vous pouvez vous en passer!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La cure de Framley – L’ange d’Ayala – Le cousin HenryLes tours de BarchesterMiss Mackenzie