Deux soeurs pour un roi

Fiche identité

  • Titre du livre: Deux soeurs pour un roi
  • Auteur: Philippa Gregory
  • Nombre de pages: 660
  • Édition: Archipoles Editions
  • Année de publication: 2001

Résumé

Cette histoire se déroule en Angleterre au XVIème siècle et raconte les manigances de la famille Boleyn pour attirer les faveurs du roi Henri VIII.

Avis    

Après avoir affronté la Révolution française avec Charles Dickens, nous retrouvons les intrigues de la monarchie anglaise du XVIème siècle.
La narratrice, Marie Boleyn, nous raconte les complots menés par sa famille pour asseoir leur pouvoir au sein de la cour anglaise. Henri VIII souhaite ardemment un fils que son épouse  Catherine n’arrive pas à lui donner. Les Boleyn vont profiter de cette situation: Marie deviendra la maîtresse du roi afin de lui soutirer des faveurs (terres, titres et monnaies sonnantes et trébuchantes etc…) mais aussi lui procurer un héritier mâle.  Mais quand celui-ci se lasse d’elle, Anne, sa soeur tente de le séduire à tout prix et ambitionne même de devenir reine d’Angleterre.
Je n’ai pas été touchée par le sort des deux principales protagonistes: Marie est un peu sotte, très passive et son comportement est parfois ambigu. Même s’il elle souhaite une vie simple et retirée à la campagne, elle n’arrive pas à s’affranchir de la tutelle de sa famille et leur obéit en tout. Anne, qui au début, est charmante, deviendra, au fur et à mesure de l’histoire ambitieuse, tyrannique, égoïste : elle est prête à tout écraser sur son passage pour arriver à ses fins et les gens ne sont pour elles que des outils. Cette vision d’Anne Boleyn m’a paru trop caricaturale.
C’est une fresque historique qui s’étale sur un long moment. Sur le point de vue historique, nous découvrons le statut précaire des femmes à cette époque: sans aucun pouvoir de décision, leur vie dépendait du bon vouloir de leur père et leur époux. Monnaies échangeables, troquées, vendues au plus offrant, elles ressemblaient presque à du bétail: leur seul rôle consistait à mettre au monde des enfants, de préférence des fils solides, et pour les dames de la cour d’être charmantes, enjouées et souriantes quelles que soient les circonstances.
Pour un livre qui se déroule au Moyen Age – époque réputée pour ses pratiques chastes et strictes –  j’étais très étonnée de voir autant de scènes de sexe, crues et vulgaires. Sur certains chapitres, on aurait dit plus du roman érotique qu’un livre basé sur des faits historiques.
Le style d’écriture est très plat, monotone, sans saveur. Il comportait trop de longueurs, beaucoup de répétitions sur la vie de la cour, les parties de chasse et les états d’âme de chacun des personnages. Par contre, les péripéties sont succinctes et se jouent essentiellement sur les cinquante dernières pages. Malgré le thème passionnant,  je me suis profondément ennuyée sur certaines parties du récit . Un grand DOMMAGE!

Un conte des deux villes

Fiche identité

  • Titre du livre: Un conte des deux villes
  • Auteur: Charles Dickens
  • Nombre de pages: 416
  • Édition: Folio
  • Année de publication: 1859

Résumé

Cette histoire se situe dans deux villes : à Londres et à Paris au moment de la Révolution française. M. Lorry, commis de la banque Tellsone, accompagne Miss Manette, une pupille de cet établissement bancaire,  à Paris.  Elle y apprend l’existence de son père, qu’elle croyait mort depuis plusieurs années.

Avis    

Pour aborder Noël en toute sérénité, j’ai choisi de vous présenter ce classique anglais, écrit par un de mes auteurs favoris. J’ai bien aimé cette histoire même si je n’en ai pas tiré un plaisir aussi grand que David Copperfield, qui est à mes yeux, son chef-d’œuvre. 
J’ai senti que par rapport à ces autres romans, celui-ci est le moins proche en termes de procédés propres à Dickens. Premier constat : le récit est court, seulement 400 pages. Au lieu d’un personnage principal qui évolue en fonctions des épreuves qu’il affronte, nous avons une succession de protagonistes qui changent très peu. Un peu esquissés à la va-vite, Dickens les développent à peine et leur donnent moins d’ampleur que dans ces précédents ouvrages. Voici les principaux personnages que nous allons côtoyer durant la lecture : le docteur Manette, sa fille Lucie, Charles Darnay, M. Lorry, Miss Pross, Sydney Cartone etc. L’auteur met l’accent sur la générosité, le pardon et  l’abnégation mais il y a un côté mièvre, pétri de bons sentiments dans la façon d’agir des personnages principaux. Il ne s’attarde pas sur eux mais au contraire, se focalise sur les grands évènements historiques de cette époque.
Dickens nous décrit la violence et la barbarie de la Révolution française : certes les abus de l’Ancien régime sont innombrables mais l’auteur n’approuve pas les atrocités et les méthodes sanglantes des révolutionnaires, avides de sang et de vengeance à tout prix. La guillotine acquiert une personnalité propre, devient un monstre assoiffé de sang et la dérision des spectateurs face au nombre de têtes coupées par jour par cette machine fait froid dans le dos. Mais la France n’est pas la seule victime de Dickens : l’auteur critique également le système judiciaire anglais, la peine de mort, la pauvreté et la saleté qui règne en ville et dans les prisons.
Le style d’écriture est riche, très dense. Sa façon d’écrire est parfois déstabilisante car chaque chapitre démarre en plein milieu d’une scène, sans qu’on comprenne qui est qui. Le livre est truffé de coïncidences, parfois trop faciles, mais on pardonne à Dickens ces petits écarts. Par contre, je regrette fortement qu’il y a moins d’humour et de sarcasme dans ce livre. Il a un accent tragique, je dirais beaucoup plus mélodramatique.
Malgré tous les commentaires que j’ai mis, je considère cet ouvrage comme un très bon livre de Dickens, pas forcément le meilleur mais il a le mérite d’offrir une perspective intéressante sur la Révolution française !
A lire pour les fans de Dickens !!!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: De grandes espérancesDavid CopperfieldLa maison d’Apre-VentLa petite Dorrit – Les temps difficilesNicholas NicklebyOliver TwistUn chant de Noël