La maison d’Apre-Vent

Dickens, Charles - La maison d'Apre-VentFiche identité

  • Titre du livre: La maison d’Apre-Vent
  • Auteur: Charles Dickens
  • Nombre de pages: 1 050
  • Édition: Gallimard

Résumé

Depuis plusieurs années, le procès Jarndyce & Jarndyce traîne à la Chancellerie.  Les procédures se succèdent interminablement, au grand désarroi de chaque parti. Plusieurs personnes sont touchées de près ou de loin par ce dossier, notamment la famille Dedlock, Mr. Jarndyce, Richard Carstone ou Esther Summerson.

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Récemment, je vous parlais d’un projet insensé. Il a fini par se réaliser au bout d’un mois et une semaine de lecture presque continue, interrompue de temps en temps par des ouvrages plus simples.  Je suis partagée entre le soulagement et la tristesse de quitter tous ses personnages qui ont largement occupé mes trajets quotidiens.
Soulagement car ce livre est très riche, très dense avec une multitude de personnages qui sont, même pour le plus insignifiant, extrêmement détaillés par l’auteur. Même pour un lecteur aguerri, il faut du temps pour se familiariser avec tout ce beau monde. Je ne pourrais pas commenter ici chacun de leurs traits de caractère mais certains sont inoubliables : le redoutable avoué Tulkinghorn, la famille Dedlock, le généreux Mr. Jarndyce, l’infatigable Mr. Bucket, Mr. Skimpole sans oublier Esther, Ada, Jo, Richard, M. Guppy, les Snagsby, la famille Smallweed, etc. Dickens a souvent tendance à créer des personnages très manichéens : ce livre n’échappe pas à cette règle, ce qui donne quelques situations niaises, des gens d’une extrême méchanceté, ou à l’inverse, d’une bonté infinie.
L’histoire est racontée alternativement par deux personnes : Esther Summerson et un narrateur omniscient. L’intrigue met du temps non seulement à démarrer mais aussi à avancer puisqu’elle est étouffée par un nombre impressionnant de descriptions qui s’étendent sur des sujets divers et variés, depuis l’état de la ville de Londres jusqu’aux gouttes de pluie tombant sur Chesney Wold.
L’auteur critique aussi la société de son époque : les abus du pouvoir judiciaire anglais, la pauvreté, la saleté et la pollution qui règnent dans Londres, les femmes qui négligent leur foyer à force d’être préoccupées par des œuvres humanitaires, les comportements hautains et condescendants des aristocrates, les dévots qui prêchent chez les gens afin de remplir en premier lieu leur estomac etc…. Chaque élément est décortiqué, analysé soigneusement par Dickens qui ne se prive pas pour lancer des piques ici et là.
Le style d’écriture est très riche et très soutenu, avec beaucoup de sarcasme, des apostrophes au lecteur et plusieurs digressions. Ce chef-d’oeuvre se savoure doucement mais modérément. Si vous n’avez pas accrochez dès les premières pages, je vous conseille de le laisser de côté car il n’y aura pas de changement notable durant les 1000 prochaines  pages. La fin est très prévisible mais ravira les fans de Dickens. 
Selon moi, ce livre est réservé aux gens qui connaissent bien – et aiment de tout leur coeur – le style particulier de Charlie ! 

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