Le livre des illusions

Fiche identité

  • Titre du livre : Le livre des illusions
  • Auteur : Paul Auster
  • Nombre de pages : 382
  • Édition : Actes Sud
  • Année de publication : 2002

Résumé

David Zimmer est dévasté par la mort de sa femme et de ses deux fils dans un accident d’avion. Alcoolique et dépressif, il n’est plus que l’ombre de lui-même jusqu’au jour où il découvre par hasard un film d’Hector Mann. Il décide alors d’écrire un livre sur ce dernier, mais ce projet va le mener vers l’inattendu.

Avis          

C’est le second livre de Paul Auster que je découvre, et je reste toujours subjuguée par son talent pour raconter une histoire. Quel plume ! Il me coupe à chaque fois le souffle : il a une façon d’écrire qui est limpide, claire et profonde ; il joue avec les mots et les personnages avec une telle maîtrise.
Mais alors, qu’est-ce qui explique cette note moyenne ? D’abord, ce livre souffre de quelques longueurs. Il y a plusieurs descriptions des films d’Hector Mann où chaque scène et chaque décor sont minutieusement décortiqués. Avec un autre auteur, j’aurai abandonné, mais Paul Auster a su me captiver et me retenir jusqu’au bout, ce qui est un exploit.
Cette histoire m’a laissé un arrière-goût amer, car l’auteur évoque plusieurs thèmes douloureux. L’auteur débute par le deuil de David Zimmer, consumé le chagrin suite à l’accident tragique survenu à sa famille. Il nous décrit avec justesse ses états d’âmes, son désarroi, son alcoolisme latent et sa dépression.
Le thème omniprésent est celui de la culpabilité : d’abord celle de David qui regrette d’être en vie alors que sa femme et ses enfants ont péri dans un accident ; ensuite celle d’Hector dont la vie ne sera qu’une tentative d’expier son crime ; et aussi celle d’Alma, dont l’histoire s’entremêle avec celle de David. Peut-on éviter l’impossible ? Dans quelle mesure est-on responsable du destin qui frappe son entourage ? À quel moment a-t-on été la chaîne qui a fait basculer la roue dans le néant : et si David avait choisi un autre vol ? Et si Hector n’avait pas été aussi lâche vis-à-vis de Brigid ? Et si Alma avait décroché le téléphone ? Et si David était venu plus tôt en réponse aux lettres insistantes de Frieda ?
Avec tous ses si, je referai bien une partie de l’histoire, mais si c’est le cas elle perdrait toute sa saveur.
Pour conclure, je pense que c’est un livre intéressant à découvrir sauf si vous avez le blues !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Chronique d’hiverInvisibleLéviathanL’invention de la solitudeMoon Palace – Trilogie new-yorkaise

La chartreuse de Parme

Fiche identité

  • Titre du livre : La chartreuse de Parme
  • Auteur : Stendhal
  • Nombre de pages : 741
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1839

Résumé

Cette histoire se déroule en Italie. Fabrice del Dongo, suite à un coup de tête, s’embarque pour la bataille de Waterloo. Son retour en Italie l’entraîne dans la cour de Parme, avec sa tante, où d’autres péripéties l’attendent.

Avis    

Après plusieurs semaines de lecture qui ont quasiment mis à l’arrêt l’activité du blog, je reviens enfin ! Cette lecture m’a mise à l’agonie, m’a torturée et quel soulagement d’avoir enfin terminé cet ouvrage !
Je l’ai lu pour découvrir ces « classiques dont tout le monde parle, mais que personne ne lit jamais réellement ». Il se peut que ce soit un chef-d’œuvre, un grand roman, mais le courant n’est pas passé. Et pourtant tout avait bien commencé : l’arrivée des Français à Milan, la famille del Dongo, la folie de Fabrice d’aller à Waterloo à cause de son admiration pour Napoléon. Jusque-là, le récit est plaisant et rythmé. Lorsque l’histoire se concentre enfin sur Parme, sur les intrigues de la cour et les manigances de la duchesse pour favoriser son neveu favori, j’ai lentement décroché.
Pour moi, le principal personnage est la duchesse Sanseverina, une femme passionnée et impétueuse qui ressent trop d’affection pour son neveu. C’est elle le principal chef d’orchestre, celle qui tire les ficelles et Fabrice n’est que son pantin. Sans ces multiples interventions, il aurait eu un avenir moins glorieux. D’ailleurs, ce dernier est peu sympathique : c’est un garçon superficiel et vain, impulsif, naïf et inconscient, gâté par ses relations familiales, mais sans l’once d’une réflexion. Son destin n’existe que grâce à l’influence politique de son entourage et lui-même prend pour acquis ce que les autres ont bataillé pour lui. Son histoire d’amour avec Clélia m’a paru fade et ne m’a procuré aucune vive émotion. Entre nous, cette petite dinde m’a tapé sur les nerfs, avec sa mauvaise foi chronique, son hypocrisie religieuse et son attitude ambiguë !
Les scènes du récit sont agencées de manière très inégales et avec une chronologie peu claire : on alterne avec des parties extrêmement détaillées et d’autres qui se résument en une simple ligne. Cette fin expéditive et bâclée m’a presque mis hors de moi !
L’auteur évoque les jeux de pouvoir à la cour, les sentiments exaltés des personnages, mais dans un style d’écriture lourd, parfois trop ampoulé et détaillé. Certaines descriptions sont indigestes et c’est avec beaucoup de peine que j’en suis arrivée au bout. J’ai tiré très peu de plaisir lors de cette lecture, ce qui explique cette note passable.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Chroniques italiennesLe rouge et le noir