Les petites filles modèles

Fiche identité

  • Titre du livre: Les petites filles modèles
  • Auteur: Comtesse de Ségur
  • Nombre de pages: 288
  • Édition: Folio Junior

Résumé

Camille et Madeleine de Fleurville vivent à la campagne avec leur mère.  Affectueuses et douces, elles vont vivre plusieurs aventures avec leurs amies Marguerite et Sophie.

Avis     

Les romans de la comtesse de Ségur font partie de ceux qui m’ont introduit dans la littérature. Les relire de nouveau des années plus tard m’a permis de retourner vers mes premiers souvenirs de lecture.
A l’époque, j’adorais ces quatre filles. J’imaginais que je jouais avec elle, que c’étaient mes amies imaginaires et que nous vivions une multitude d’aventures ensemble dans leur château. Mais bon, revenons un peu à ce court ouvrage.
Camille et Madeleine mènent une existence bien rangée à la campagne. Leur quotidien est animé par l’arrivée de Marguerite, secourue lors d’un accident de voiture, et de Sophie, une voisine qui est maltraitée par sa belle-mère. A travers les anecdotes qui émaillent leurs vies, elles en tirent une expérience qui vient forger leur caractère. Chaque chapitre se termine souvent par une leçon de morale où il faut être généreux, faire preuve de charité et de bonté, éviter de voler, de mentir ou de désobéir aux recommandations des mamans etc.
Bien évidemment à notre époque, ces  leçons de morale, à portée éducative et religieuse prennent un accent un peu vieillot mais il faut remettre ce livre dans son contexte historique et sociale, c’est à dire un ouvrage du XIXème siècle. Il est en de même pour certains comportements ou attitudes qui seraient inadmissibles à notre époque (ex : l’épisode des hérissons, les maltraitances subies par Sophie).
Je pense que malgré ce point, ce livre pourrait quand même plaire à des enfants car il évoque ce doux parfum de l’enfance, de l’amitié, de la douceur maternel, des jeux sans fin, et des découvertes. D’ailleurs, je serai curieuse de connaître l’opinion d’enfants qui l’ont lu si vous en connaissez !

La curée

Fiche identité

  • Titre du livre: La curée
  • Auteur: Emile Zola
  • Nombre de pages: 411
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Aristide Rougon débarque à Paris après son échec politique dans la ville de Plassans. Il change même de nom pour éviter de se compromettre sur son passé. Son frère Eugène lui trouve un emploi assez quelconque à l’hôtel de Ville. Prêt à s’enrichir coûte que coûte, il piaffe d’impatience pendant des années jusqu’où au jour où il découvre un filon illicite qui le rendra riche.

Avis     

Ce livre est le second roman de la série Rougon-Macquart. On retrouve ici Aristide (cf. La fortune des Rougon) qui s’enfuit la queue entre les jambes à Paris après l’échec de ces manigances politiques dans le sud.
Il débarque chez son frère qui lui octroie un poste quelconque à l’hôtel de Ville. Mais cet homme ne rêve que d’une chose : devenir riche. C’est ainsi qu’il trouve un filon illicite qui fera sa fortune. Il va spéculer sur la reconstruction et l’agrandissement de la ville de Paris en achetant des immeubles amenés à être expropriés. Comme il connaît en avance les tracés des futurs boulevards, ce délit d’initié va lui permettre de surévaluer son achat soit en augmentant les loyers, soit en créant des fonds de commerce fictifs. La ville va l’indemniser de la valeur de l’immeuble exproprié au regard de la valeur locative et d’autres critères. Bien évidemment, Aristide Saccard a également des bons amis dans la commission qui appuie son dossier et il passe par des prête-noms pour masquer ses traces.
L’auteur décrit aussi les mœurs parisiennes de l’époque pour cette classe bourgeoise qui a profité de ces spéculations pour s’enrichir rapidement. Leur vie n’est que fêtes, débauches, dépenses faramineuses pour des dîners, des toilettes somptueuses pour les femmes et autres signes ostentatoires de richesses.
Cet œuvre décrit également une relation amoureuse assez ambiguë entre Renée, la seconde femme d’Aristide Saccard et de Maxime, son fils issu du premier mariage. Certes, il y a un inceste mais je n’ai pas senti la passion amoureuse entre les deux. Ils ressemblent plutôt à deux enfants qui essaient un nouveau jeu et expérimentent de nouvelles sensations. Renée le fait par ennui, pour se divertir car Madame s’ennuie tellement dans toutes ses distractions mondaines ; Maxime le fait par lâcheté  et parce qu’il ne sait pas se défaire d’elle.
Le style d’écriture est riche, soutenu avec beaucoup de descriptions. D’ailleurs, elles sont ci particulièrement abondantes et extrêmement détaillées notamment sur les robes de ces mondaines. Ce point alourdit le récit qui perd en tonicité et en dynamisme donc le livre n’a pas atteint une meilleure note.
Zola c’est du grand art, une vraie maîtrise de son sujet, un combat contre les dysfonctionnements de son époque. Ce livre est une critique sociale de ces parvenus arrivés tout en haut de l’échelle sociale grâce à des manœuvres frauduleuses en tout genre.
Si vous aimez la littérature classique française, si un ouvrage assez dense au niveau descriptif ne vous effraie pas, si vous aimez les romans engagés avec un fond historique, ce livre est fait pour vous ! Mais si malgré tout, vous ne remplissez pas tous ces critères, lisez-le quand même !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Germinal – La fortune des Rougon – L’assommoir – Thérèse Raquin