L’anomalie

Fiche identité

  • Titre du livre: L’anomalie
  • Auteur: Hervé Le Tellier 
  • Nombre de pages: 336
  • Édition: Gallimard

Résumé

Deux avions identiques jusqu’à leurs passagers atterrissent à trois mois d’intervalle. Cette situation invraisemblable crée une certaine panique au sein de l’état-major américain puis au niveau de la société.

Avis     

Après avoir entendu tout le buzz autour de ce Goncourt 2020, il était temps de me faire ma propre idée.
Je l’ai lu – en toute honnêteté – sans à priori et voici mon humble avis, une goutte d’eau dans l’océan des critiques.
Cette histoire est bien écrite et tient en haleine le lecteur. On est intrigué sur cet événement particulier : comment deux avions semblables jusqu’aux passagers peuvent-ils apparaître ? Quelles sont les conséquences de cette situation, d’abord sur les passagers qui se retrouvent avec leur double parfait, puis sur la société ? L’auteur utilise une dizaine de personnages pour décrire la situation avant et après cet atterrissage. C’est un mélange de science-fiction, dystopie et nouvelle.
Mais voilà, cette histoire est trop américanisée à mon goût. Sans prôner à tout prix le Made in France, j’aurai aimé que ce prix soit attribué à un roman qui reflète les particularités de notre belle littérature plutôt qu’à un ersatz de littérature franco-pseudo-américaine, prêt pour une série télévisée ou un scénario de film.
C’est bien écrit mais il manque de profondeur, de beauté et de poésie. Si je peux me permettre une comparaison, je dirai que c’est semblable à du Stephen King (auteur que j’apprécie énormément mais qui n’a pas vocation par exemple à avoir un Pulitzer).
Pour conclure, un livre qui plaira aux amateurs de science-fiction mais (trop) surévalué par les médias.

Nuit

Fiche identité

  • Titre du livre: Nuit
  • Auteur: Bernard Minier
  • Nombre de pages: 608
  • Édition: Pocket

Résumé

Une policière norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne d’une base off-shore. En fouillant la cabine d’un salarié, elle découvre la piste de Julian Hirtmann, le célèbre tueur en série échappé de l’asile (cf. Glacé).

Avis     

Je suis terriblement déçue par ce polar de Bernard Minier, bien loin de l’ambiance palpitante de son premier roman Glacé.
Nous retrouvons de nouveau le commandant Servaz, chargé de l’enquête. Mais loin d’être une suite de rebondissements intéressants, le lecteur fait face à un personnage de moins en moins crédible. Martin Servaz joue de plus en plus cavalier seul, prend des décisions sur un coup de tête qui ont des conséquences désastreuses. Je ne suis pas une experte dans ce domaine mais dans la police, il doit bien y avoir quelques procédures non ?
On dirait que l’auteur a manqué d’inspiration donc il a mélangé des ingrédients qui marchaient bien : créer un scénario tordu et peu crédible (plus c’est gros, plus ça passe), faire intervenir un psychopathe qui tire les ficelles, mettre quelques scènes de violence assez crus, impliquer un enfant (oui c’est la corde sensible) etc. Mais l’ensemble manque d’énergie, de cohérence et surtout de simplicité. Il y a trop de clichés, trop de déjà-vu qui éclipsent ce récit et le rendent d’une banalité affligeante.
L’auteur a étiré les pages jusqu’au maximum. Dès les premiers chapitres, j’étais mal à l’aise face à toutes ces longueurs mais la suite s’est empirée. Honnêtement, il aurait été possible d’enlever au moins 200 pages sur ce livre.
Le style d’écriture reste correct, sinon je n’aurai pas pu passer ce pavé soporifique.
En tout cas, ce fut un flop total pour moi, ce qui me fait beaucoup hésiter à continuer à découvrir ses autres ouvrages.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Glacé