Chinoises

Fiche identité

  • Titre du livre : Chinoises
  • Auteur :  Xinran
  • Nombre de pages : 351
  • Édition: Philippe Picquier
  • Année de publication : 2002

Résumé

Xinran a animé pendant plusieurs années une émission radio où il était question du quotidien des femmes chinoises. C’est ce projet qui l’incita à écrire un livre sur leurs vies.

Avis  

Ce livre m’a bouleversée, plus que je n’aurai jamais imaginé. En tant que femme, on ne peut pas rester indifférente devant tous ces témoignages recueillis par Xinran au cours de sa carrière de journaliste.
Chaque histoire est unique, mais le principal fil conducteur est la condition des femmes dans la Chine contemporaine. Qu’elles soient adolescentes, femmes de cadre du parti, paysanne au fin fond de la Chine de l’Ouest, étudiantes ou mères de famille, chacune d’elles a vécu un drame dans cette société chinoise en pleine mutation, mais où la place de la femme est moindre. Victime d’abus sexuels, sous le joug de leur mari et des traditions ancestrales, endoctrinées par l’idéologie du Parti communiste notamment lors de la Révolution culturelle, ces femmes chinoises citées dans ces témoignages ont un destin des plus tristes. Comment de telles situations, de telles souffrances peuvent encore exister à notre époque ? J’ai eu le cœur fendu et tout au long de ma lecture, j’étais partagée entre la tristesse, la révolte et la colère.
L’auteur critique aussi l’idéologie politique chinoise comme la Révolution culturelle, les poursuites, tortures et humiliations subies par tout ce qui semblait à cette époque représenter « l’impérialisme », l’encadrement très strict du travail de journaliste, etc.
Le style d’écriture est simple mais émouvant ; elle décrit avec beaucoup de pudeur et de justesse la souffrance de ces femmes sans sombrer ni dans le pathétique ni l’exagération.
Un excellent livre que je vous recommande vivement !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Baguettes chinoisesFunérailles célestes L’enfant unique Messages de mères inconnues

Prodigieuses créatures

Fiche identité

  • Titre du livre : Prodigieuses créatures
  • Auteur : Tracy Chevalier
  • Nombre de pages : 432
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 2009

Résumé

Cette histoire se déroule dans l’Angleterre du XIXème siècle. Après un revers de fortune, les sœurs Philpot, toutes trois célibataires, déménagent pour Lyme Regis, un petit village dans le sud-ouest de l’Angleterre. Pour égayer la monotonie de leur existence, chacune s’adonne à un loisir. C’est par hasard qu’Elizabeth s’intéresse aux fossiles trouvés le long de la plage et qu’elle fait la connaissance de la jeune Mary Anning.

Avis    

Après la triste atmosphère du roman de Paul Auster, j’avais besoin d’une histoire sympathique, pleine de vivacité et d’espoir. Grâce aux conseils avisés sur le blog de Romanza, j’ai trouvé mon bonheur et j’en suis ressortie le sourire aux lèvres.
Ce livre nous emmène dans l’ambiance calme d’une bourgade de la vieille Angleterre du XIXème siècle, avec son lot de ragots, de problèmes de voisinage, de bavardages autour de plusieurs tasses de thé, de bals et de parties de whist.
Une amitié improbable se noue entre Elizabeth Philpot et Mary Anning, que tout sépare : si Miss Elizabeth est issue d’une respectable famille londonienne qui a subi récemment un revers de fortune, Mary Anning n’est que la fille de l’ébéniste et sa famille compte parmi les plus modestes de Lyme Regis. Malgré ces différences sociales, elles se retrouvent autour d’une même passion, celle de la recherche de fossiles.
L’auteur nous propose des portraits attachants et intéressants et c’est avec plaisir qu’on suit le cheminement des deux femmes. Miss Elizabeth est sympathique, quoiqu’un brin acerbe et aigri ; quant à Mary, j’ai aimé son côté courageux, sensible, impulsif mais parfois naïf. 
Tracy Chevalier évoque les conditions des femmes de cette époque, qui étaient fortement corrélées à leur situation matrimoniale : être une vieille fille était source de mépris de la part des autres. Les femmes étaient rarement considérées, que ce soit dans leurs opinions ou dans leur travail. Si l’une d’elles trouvait potentiellement une avancée majeure scientifique – comme Mary Anning dans son travail de recherche de fossiles – elle n’en tirait aucun bénéfice si ce n’est quelques sous. À peine citée, parfois exploitée honteusement par certains scientifiques, elles n’avaient qu’une place mineure, voire inexistante aux yeux des hommes.
Le style d’écriture est fluide, agréable et très doux sans aucune prise de tête et sans des longueurs étouffantes. Cette lecture m’a procuré beaucoup de détente et de plaisir ! À lire pour les fans de roman historique ou de biographie romancée !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La dame à la licorne – La dernière fugitiveLa jeune fille à la perleLe récital des anges