Thérèse Raquin

Fiche identité

  • Titre du livre : Thérèse Raquin
  • Auteur : Emile Zola
  • Nombre de pages : 228
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1867

Résumé

La famille Raquin, composée de la mère, son fils Camille et sa nièce Thérèse mène une existence monotone, d’abord à Vernon et ensuite à Paris. L’arrivée de Laurent, un ami d’enfance, va faire voler en éclats le quotidien du ménage.

Avis          

Quel livre !!! J’en sors le souffle coupé, comme si j’ai reçu un coup de poing au niveau du sternum.
Ce roman est un bijou, plein de noirceur et de méchanceté, de violence et de cruauté.
Thérèse est mariée à son cousin Camille qu’elle n’aime pas. Sa vie est lugubre, sombre et terriblement monotone jusqu’à l’arrivée de Laurent qui va déclencher une passion violente. Mais Camille devient gênant pour leur relation donc les deux amants décident de le tuer.
L’auteur décrit avec brio la psychologie du crime passionnel et de la culpabilité : Thérèse et Laurent sont des êtres détraqués partagés entre la culpabilité et le besoin d’assouvir leurs passions et leurs vices. Ils sont pris dans les filets du remords, plongent dans des cauchemars, des hallucinations et des délires obsessionnels. Le crime les hante et les poursuit jour et nuit et ils sont prêts à tout pour se délivrer de leurs angoisses quotidiennes, car Camille est plus envahissant vivant que mort : mensonges pour masquer le meurtre, mariage, violences verbales et physiques, prostitution, alcoolisme, etc.
Certaines scènes sont violentes et poignantes, mais la plus terrible à mes yeux est celle de François le chat. Rien qu’à y penser, je frissonne encore d’horreur. À cette étape, j’ai dû poser mon roman pendant dix minutes avant de pouvoir reprendre sereinement la lecture.
Le style d’écriture est riche, intense, ponctué de superbes descriptions psychologiques. On ressent ce que vivent les personnages principaux, c’est un peu vulgaire ce que je vais écrire, mais « ça vous prend aux tripes » et impossible de lâcher le livre tellement on a envie de connaître la suite! En plus, la fin est magistrale, mais vraiment MAGISTRALE !
Bon, mon commentaire enthousiaste vous indique la route à suivre : à lire de toute urgence !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blogGerminalLa conquête de Plassans La curéeLa faute de l’abbé Mouret – La fortune des Rougon – L’assommoir Le ventre de Paris NanaPot-Bouille – Son Excellence Eugène RougonUne page d’amour 

Invisible

Fiche identité

  • Titre du livre : Invisible
  • Auteur : Paul Auster
  • Nombre de pages : 312
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2009

Résumé

Un jeune étudiant, Adam Walker, fait la connaissance d’un couple énigmatique lors d’une soirée. Cette rencontre va déclencher un drame qui va bouleverser à jamais son existence.

Avis          

La première impression que j’ai eue en terminant cet ouvrage est l’exaspération, comme si l’auteur a joué avec mes nerfs pendant deux jours.
La première scène du livre semble banale, mais, par je ne sais quel procédé, il m’a happé et entraîné dans ce bouquin, comme si j’étais prise dans un violent tourbillon. Plus je lisais, plus j’avais envie d’en savoir plus, de découvrir les secrets, de démasquer les mensonges et de connaître le dénouement.
L’année 1967 a marqué à jamais Adam Walker, et c’est cet événement qui sera le fil d’Ariane du récit, car c’est dans un labyrinthe que nous emmène l’auteur. Ce livre se balade sur plusieurs époques et adopte plusieurs styles de narration qui s’emboîtent merveilleusement bien : il commence par la narration à la 1ère personne, puis bascule sur l’usage du « tu » (comme dans Chronique d’hiver) pour ensuite aboutir à un récit à la troisième personne et un journal intime. Que s’est-il passé ? Je vous laisse le soin de le découvrir vous-même.
J’affectionne beaucoup le style d’écriture de cet auteur qu je trouve agréable, fluide et d’une rare sensibilité. Il a un très bon talent de conteur et est capable de nous captiver jusqu’à la dernière page.
Cette note moyenne s’explique surtout par la frustration que j’ai éprouvée à la fin du livre : certaines questions resteront sans réponse, certains secrets à jamais enfouis et la frontière entre la vérité et le mensonge demeurera floue à jamais. J’aurai aimé une fin différente et j’ai ressenti un arrière-goût amer en refermant ce livre.
Pour conclure, voici ce que j’ai pu retirer de cette lecture : on ne peut pas tout savoir, on ne peut pas anticiper les réactions des gens, car on ne connaît ni leur degré de sensibilité ni ce qui les motive vraiment ni leur passé ni leurs désirs secrets. Au fond, nous sommes des énigmes, mêmes pour nous-mêmes.
À lire ? Oui, pourquoi pas ?

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Chronique d’hiverLe livre des illusionsLéviathanL’invention de la solitude Moon Palace – Trilogie new-yorkaise