Daisy Miller

Fiche identité

  • Titre du livre : Daisy Miller
  • Auteur : Henry James
  • Nombre de pages : 98
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1879

Résumé

Lors d’un séjour à Vevey en Suisse, Mr. Wintebourne, un jeune Américain expatrié depuis un moment, rencontre Daisy Miller, une de ses compatriotes venue passer des vacances en Europe.

Avis    

Je suis en ce moment dans un livre gigantesque et je demande si j’arriverai un jour à bout de ce projet insensé. Voici un aperçu : environ 1 000 pages, écrit sur un papier très fin made in Pléiade dans une police si minuscule que l’achat d’une loupe s’avère nécessaire.
Pour ne pas aggraver ma myopie, et surtout, pour me changer de temps en temps les idées, je papillonne ici et là vers des ouvrages plus courts. Ce livre d’Henry James répondait parfaitement à ce critère. J’espérais qu’il gommerait aussi l’avis mitigé que j’ai eu sur cet auteur, mais l’effet inverse s’est produit.
Son style d’écriture ne me plaît pas sans que je n’arrive à discerner la cause. J’ai l’impression d’entendre un homme raide et guindé mélanger un langage soutenu avec un ton très moderne. Les coupures de ses phrases sont brutales, les dialogues sont creux et l’ensemble manque cruellement de fluidité. Il utilise beaucoup de non-dits au point qu’il faut savoir lire adroitement entre les lignes pour comprendre les relations qui se nouent entre les différents personnages.
Généralement, une histoire d’amour naît quand deux jeunes gens se rencontrent inopinément. Mais, ici l’auteur va plus loin. Il oppose les mœurs libérées de Daisy Miller aux dogmes rigides de la société européenne du XIXème siècle. Son comportement m’étonne un peu, car dans l’ouvrage d’Edith Wharton intitulé Le temps de l’innocence, j’ai cru comprendre que la société américaine du XIXème siècle était encore plus stricte.
Cette jeune demoiselle, soit par insouciance ou par pure provocation, refuse de se plier aux traditions et aux convenances. Il faut savoir qu’à cette époque, se balader dans la rue avec un homme pouvait à jamais entacher la réputation d’une jeune fille. Mais je ne l’ai trouvé ni sympathique ni attachante : sa rébellion est la conséquence de son caractère frivole, léger et irréfléchi. C’est par pure bêtise qu’elle se retrouvera dans cette position délicate et non pas parce qu’elle avait une idée plus moderne et plus juste de la société.
Winterbourne, lui, m’a paru lâche. Je sentais qu’il était divisé entre son attirance pour Daisy qui se brûlait les ailes et son attachement aux valeurs morales de la société. J’avais l’impression qu’il voulait imposer son autorité sur cette pauvre créature bête et innocente et que sa frustration venait du fait qu’il n’y arrivait pas.
Néanmoins, l’histoire, relativement courte, entraîne une succession d’événements trop rapides. À peine a-t-on cligné une ou deux fois les yeux qu’on se retrouve déjà vers une fin brusque qui laisse un arrière-goût moralisateur : l’ordre est rétabli lorsque le destin frappe soudainement la fautive. J’aurai préféré une fin plus osée et romantique. Que retenir ? Remercions le ciel d’être né(e) au XXIème siècle dans un pays moderne et libéré de ces codes absurdes !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le tour d’écrouWashington Square

Le soleil se lève aussi

Fiche identité

  • Titre du livre : Le soleil se lève aussi
  • Auteur :  Ernest Hemingway
  • Nombre de pages : 275
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1926

Résumé

Le narrateur, Jacob Barnes, un journaliste américain vivant à Paris, passe sa vie dans les cafés parisiens avec ses amis artistes.

Avis    

Écrire mon opinion sur ce livre d’Hemingway est un exercice très difficile, car il est généralement considéré comme un très bon écrivain.
Effectivement, il a un talent indéniable. Son style est épuré, ses mots sont simples, mais il les agence d’une telle manière que cela provoque une magie qui vous happe dès la première ligne. Sans son style d’écriture, je n’aurai pas continué bien longtemps à lire ce récit de beuveries d’Américains de bars en bars à Paris d’abord, puis à Pampelune.
Ce livre m’a paru flou, comme si j’avais moi-même avalé des litres de whisky. Il ne se passe pas grand-chose en effet : on suit des hommes et une femme dans leurs innombrables virées nocturnes. Leur existence m’a paru tellement inutile, superficielle et vaine : boire, aller à la pêche, boire, assister aux corridas et boire, encore et toujours. Ils ne sont ni antipathiques – même si parfois leurs préjugés envers les Juifs sont très marqués – ni sympathiques.
Cette histoire provoque un malaise, car nous sentons qu’une blessure au fond d’eux est pansée et étouffée par le nombre incalculable de verres d’alcool ingurgités : les séquelles physiques laissées par la guerre, un amour impossible, une femme volage et inconstante qui fait tourner la tête des hommes, la faillite personnelle…
Pour une seconde lecture d’Hemingway, j’en ressors avec des sentiments mitigés. Souvent, le style d’écriture que je trouvais si agréable au début m’a ennuyé dans certains passages qui groupaient trop de longueurs. J’ai l’impression de ne pas avoir tout saisi, d’être passé à côté de quelque chose de profond alors que j’ai pris tout mon temps pour lire tranquillement le livre. J’en ressors avec un goût amer dans la bouche, un sentiment mélancolique dans le cœur et une grosse déception !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Le vieil homme et la mer – Paris est une fête