Les sirènes de Bagdad

Fiche identité

  • Titre du livre: Les sirènes de Bagdad
  • Auteur:  Yasmina Khadra
  • Nombre de pages: 337
  • Édition: Julliard
  • Année de publication: 2006

Résumé

Cette histoire se déroule au Moyen-Orient. Le narrateur est un jeune bédouin Irakien qui mène une vie paisible à Kafr Karam, un village situé près du désert irakien, bien loin de la capitale déchirée par la guerre. La tranquillité règne dans ce village et on entend seulement les échos de la guerre par l’intermédiaire de la télévision. Mais cette sérénité va être troublée par l’arrivée de soldats américains qui commettent deux bavures : la mort « accidentel » d’un jeune attardé mental ainsi que le déshonneur du père du narrateur, condamné à être exposé nu devant ses propres enfants. Après ces deux évènements tragiques, ce jeune homme, aveuglé par la vengeance, décide de quitter son village pour aller à Bagdad. Il s’engagera petit à petit dans la lutte armée.

Avis    

L’auteur nous offre ici un très bon roman qui nous emmène vers un long voyage au Moyen-Orient. Il nous transporte dans l’atmosphère pesante et menaçante de Bagdad ainsi que dans une Beyrouth animée et dynamique. Il – c’est un homme qui se cache sous ce pseudonyme d’Yasmina Khadra – explore ici les raisons qui peuvent pousser un homme à s’engager dans le terrorisme. Sans verser dans la caricature, il nous décrit un monde plein de désillusions, de rêves brisés, de désespoirs et  d’humiliations. Le vivier qui alimente le terrorisme est profond et les gens, particulièrement les jeunes, se bousculent pour la vengeance, pour laver l’honneur…On découvre aussi le gouffre qui sépare l’Orient de l’Occident, et cette incompréhension mutuelle attise de plus en plus la haine et la colère entre les deux parties.
Ecrit à la première personne –  on ne saura jamais le nom de ce jeune homme de vingt ans – cette histoire est sa longue descente aux enfers. Engagé d’abord dans des petites attaques, il finira par être l’élément central d’une mission-suicide encore plus meurtrière que le 11 septembre. Paradoxalement, on comprend pourquoi il en est arrivé à ce point, et c’est ce qui rend cette histoire encore plus émouvante. D’ailleurs le message intrinsèquement véhiculé tout le long du livre est celui la tolérance. On oublie souvent que, derrière les informations banalisées entendues rapidement à la télévision ou à la radio, des gens souffrent et meurent réellement et que la solution à ce conflit n’a pas encore été trouvée.
Un livre que je recommande absolument !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog:  A quoi rêvent les loupsCe que le jour doit à la nuit – Dieu n’habite pas la Havane – Khalil – L’attentat – Les agneaux du seigneurLes hirondelles de Kaboul

Le mec de la tombe d’à côté

Fiche identité

  • Titre du livre: Le mec de la tombe d’à côté
  • Auteur: Katarina Mazetti
  • Nombre de pages: 253
  • Édition: Gaïa
  • Année de publication: 1998

Résumé

Désirée, jeune bibliothécaire récemment veuve, se rend régulièrement sur la tombe de son mari. C’est là qu’elle rencontre Benny, un agriculteur dont la tombe des parents est proche de celle de son mari. Au début, ils ne peuvent pas se supporter mais petit à petit, une histoire d’amour intense naît entre eux. Parviendront-ils à combler le gouffre qui les sépare ?

Avis    

J’ai un avis assez mitigé sur ce livre. D’un côté, j’ai trouvé que le ton était assez humoristique. A chaque changement de chapitre, on voit les sentiments qui animent l’un ou l’autre des personnages principaux, Benny ou Désirée, sur un évènement particulier qui s’est passé entre eux.
Mais l’auteur tombe très vite dans la caricature. Benny est décrit comme un paysan inculte – et pas très propre –  qui vit dans un village paumé et qui est uniquement préoccupé par ses vingt-quatre vaches laitières. Quant à Désirée, elle est peinte comme une citadine snobinarde et très cultivée qui ne pense qu’à sa carrière. Grosso modo, ils ne viennent pas du même monde et la seule chose qui les rapproche est la relation physique.
Si au début les protagonistes m’ont paru sympathiques, ils ont fini par m’agacer vers la fin. Aucun d’eux n’a voulu faire de concessions : chacun voulait changer l’autre et le modeler selon ses désirs. Benny voulait une femme à la maison qui puisse l’épauler dans les tâches quotidiennes de la ferme tandis que Désirée rêvait d’être avec un homme cultivé, sensible à la culture…

Et la fin est-elle est un « happy ending » ? A vous de voir !