Anna Karénine

Fiche identité

  • Titre du livre : Anna Karénine
  • Auteur : Léon Tolstoï
  • Nombre de pages : 928
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1878

Résumé

Lors d’un voyage à Moscou, Anna Karénine, une jeune femme de la haute bourgeoisie russe mariée à un haut fonctionnaire, s’éprend d’un jeune officier nommé Wronsky.

Avis    

Je vous avais parlé auparavant d’un excellent livre et, après plusieurs semaines de lecture, je vous le présente enfin. Cela va être difficile de tout dire, car c’est un ouvrage vraiment exceptionnel et unique !
L’histoire principale est celle d’Anna et de Wronsky, qui seront dévorés par une passion interdite : ils vont aller à l’encontre des convenances et de l’opinion de la société pour s’aimer. Mais c’est un bonheur maudit et le prix à payer sera très lourd.
Parallèlement à cette histoire, et pour donner un contrepoint beaucoup plus agréable, évolue un autre couple : Kitty et Levine vont avoir une vie simple et heureuse à la campagne. D’ailleurs, leur mode de vie me rappelle beaucoup celui de la fin de son autre roman, Guerre et paix.
Le caractère de chaque personnage est extrêmement bien étudié : on ressent chaque émotion et chaque sentiment qui les anime, depuis leur désarroi face aux choix qu’ils font, de l’amour qu’ils ressentent ou bien la colère qui les envahit. Malgré tous ses défauts et ses choix qui peuvent être contestables, j’ai beaucoup aimé Anna. L’auteur a su la rendre très humaine, donc très réaliste : c’est une femme douce, aimante, qui avait conscience du mal qu’elle faisait, mais, comme tout être humain faible et égoïste, elle a choisi de succomber aux tentations et de vivre sa vie.
On découvre les mœurs de la société russe, composée d’un côté d’aristocrates et de l’autre des paysans. La plupart des aristocrates étaient constamment occupés à s’amuser (théâtre, opéras, dîners, bals, courses de chevaux, chasse…), à répandre des ragots sur les gens, et, pour les hommes, à trouver un emploi bien rémunéré et prestigieux. Peut-être que ce genre de vie est plaisant, mais, personnellement, je trouverais cette oisiveté lassante à la longue.
Mais en plus de ces histoires d’amour, l’auteur nous partage aussi sa vision de la vie et les questions qui le troublent. Ces questions concernent la condition de vie des paysans, les droits accordés aux femmes, les questions politiques liées à la guerre et à l’efficience du pouvoir administratif. Mais surtout, les thèmes fondamentaux sur lesquels il se focalise sont le sens de la vie et la mort. Pourquoi ? Parce que, selon Lévine: « Je ne puis vivre sans savoir ce que je suis et dans quel but j’existe ». L’auteur nous partage son point de vue philosophique sur cette idée et je trouve que c’est la plus grande richesse de l’ouvrage, car il peut apporter une nouvelle perspective sur la façon dont nous percevons notre existence.
Une autre citation qui m’a beaucoup plu : « en aimant on est toujours heureux parce que notre bonheur est en nous-mêmes ».
Je suis consciente que mon commentaire est long, mais c’est un livre que j’ai envie que vous lisez !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Guerre et paixLa mort d’Ivan IlitchLa sonate à Kreutzer – Le bonheur conjugal – Le diable Les cosaques 

Les vestiges du jour

Fiche identité

  • Titre du livre : Les vestiges du jour
  • Auteur : Kazuo Ishiguro
  • Nombre de pages : 266
  • Édition : 10 x 18
  • Année de publication : 1989

Résumé

Mr. Stevens est majordome à Darlington Hall. Après de nombreuses années de service auprès d’un lord, le manoir est vendu à un Américain, M. Farraday. Ce dernier l’incite alors à prendre quelques jours de vacances pour visiter l’Angleterre.
Convaincu, M. Stevens va alors entamer un périple jusqu’aux Cornouailles où vit Miss Weston, une ancienne intendante de la maison.

Avis    

Je connais cet auteur par l’intermédiaire de son ouvrage Auprès de moi toujours. Comme je n’ai pas vraiment aimé ce livre, j’ai beaucoup hésité avant de prendre celui-ci. Heureusement que je ne suis pas restée sur mes préjugés, car c’est un livre formidable. C’est vrai que ni la couverture ni le résumé n’ont l’air attrayants,  mais il y a un je-ne-sais-quoi qui fait qu’on en ressort chamboulé.
Je voudrais insister sur un point, qui, selon moi, est la vraie qualité de cet ouvrage : c’est le style d’écriture.  Il est très limpide, léger tout en étant poétique, et les mots coulent doucement à chaque page. L’auteur a vraiment un talent phénoménal et, parmi les livres que j’ai lus, j’ai connu peu d’ouvrages aussi bien écrits.
On se retrouve propulsé dans la vie d’un majordome, Mr. Stevens : lors de son voyage dans les campagnes anglaises, on partage ses pensées, ses souvenirs et ses petites mésaventures. La psychologie de ce personnage est extrêmement bien travaillée et on arrive à comprendre son raisonnement et les valeurs morales qui le guident. Je l’ai trouvé émouvant et j’ai admiré « cette dignité » dont il se revêtait pour accomplir ses tâches professionnelles. Mais, en même temps, j’avais envie qu’il fasse tomber cette carapace et qu’il soit plus humain. Les moments les plus intéressants du livre sont ceux où il évoque ses souvenirs : en les ressassant, il finit par découvrir, petit à petit, ce qu’il a refusé d’admettre depuis et ses idéaux ont été emportés. C’est du charabia ce que je raconte, mais vous comprendrez tout en lisant ce livre.
On découvre aussi les relations qui se nouaient entre les maîtres et les domestiques, entre le personnel lui-même, dans l’Angleterre de l’entre-deux-guerres ainsi que les principes d’une classe sociale en voie de disparition. La fin m’a laissé un goût amer et nous pousse à réfléchir sur notre vie et les choix qu’on fait.
À lire absolument, d’autant plus que cet ouvrage a été récompensé par le prestigieux Booker Prize !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Auprès de moi toujoursKlara et le Soleil – Le géant enfouiNocturnesQuand nous étions orphelins Un artiste du monde flottant