L’amour dure trois ans

Fiche identité

  • Titre du livre: L’amour dure trois ans
  • Auteur: Frédéric Beigbeder
  • Nombre de pages: 194
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1997

Résumé

Marc vient de quitter sa femme Anne après trois ans de mariage. A un enterrement, il rencontre Alice avec qui il vivra une nouvelle histoire.

Avis    

Il y a des livres qui laissent une sensation inoubliable et d’autres qui méritent de rester au fond des tiroirs d’un éditeur. Selon moi, ce livre fait partie de la seconde catégorie et je regrette d’avoir lu un autre ouvrage de cet auteur.
Le titre paraît alléchant et cynique mais le contenu est totalement vide car on a un ensemble éclectique de tous les genres : entre les scènes pornographiques, il y a des envolées lyriques et romantiques, des tirades sur l’inutilité du mariage et la lassitude dans l’amour conjugal, des dialogues creux, un peu de tragique et de mélodrame pour attirer la pitié du lecteur, un chapitre assez dégoûtant sur une cuite …et surtout beaucoup de narcissisme de l’auteur. On dirait qu’il ne peut pas s’empêcher de parler de lui : soit il se vante de ses soirées, soit il étale avec ostentation les biens qu’il possède. Mais le comble c’est lorsqu’il dissémine dans son ouvrage plusieurs références culturelles et pseudo-scientifiques histoire de remplir le vide et d’allonger les paragraphes: entre des citations de personnages célèbres ou d’ouvrages célèbres (si vous remarquez bien, il copie le style d’Albert Cohen dans un certain chapitre), il nous propose une explication « scientifique » du phénomène de l’attirance physique et même un paragraphe entier sur les fameuses playlists à écouter !
La construction de l’ouvrage est décousue : les paragraphes n’ont aucune suite logique et c’est la même chose pour les chapitres. En outre, le personnage est vraiment détestable et n’attire pas du tout la sympathie. Ces arguments restent superficiels, un brin cynique et il use et abuse des clichés de toutes sortes.
Le seul point positif est que le style d’écriture est très léger, donc l’ouvrage se lit extrêmement vite. Quoiqu’il en soit,  je ne vous le recommande absolument pas car ce serait perdre inutilement son temps!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: 99 francs

Des souris et des hommes

Fiche identité

  • Titre du livre: Des souris et des hommes
  • Auteur: John Steinbeck
  • Nombre de pages: 189
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1937

Résumé

Nous sommes aux Etats-Unis pendant les années 30. George et Lennie, des travailleurs itinérants, vont de ranch en ranch pour gagner de l’argent dans l’espoir de réaliser leur rêve.

Avis    

Il y a  très longtemps, j’ai vu ce film, et ça faisait un moment que je voulais lire le livre. C’est chose faite, et il est temps de passer au commentaire. Je pense que je  n’apporterai aucun élément nouveau par rapport aux milliers d’études littéraires faites sur le sujet. Mais je voudrais juste exprimer mon opinion : je n’ai  pas aimé ce livre malgré tous les éloges faits là-dessus.
C’est une histoire d’amitié assez étrange qui se noue entre George, un travailleur itinérant, et Lennie, son compagnon très simple d’esprit. Malgré tous les défauts de ce dernier, George tentera jusqu’au bout de veiller sur lui et de le protéger contre le monde. Car, Lennie n’y comprend pas grand-chose, oublie la moitié de ce qu’on lui dit et surtout ne sait pas mesurer sa force.  Ce qui est le plus poignant dans l’histoire c’est leur façon de s’accrocher à leur rêve utopique et de le ressasser encore et encore, comme pour se donner du courage.
On découvre non seulement la vie difficile des travailleurs américains à cette époque là, contraint d’aller de ranch en ranch pour gagner un salaire misérable qui sera dépensé dans le premier cabaret, mais aussi celui des Noirs. D’ailleurs, Crooks est un des personnages qui m’a fait le plus pitié, parce qu’il était méprisé par tout le monde à cause de sa couleur de peau.
Le thème qui revient sans cesse tout au long du livre est celui de la solitude : celui de George tout d’abord qui doit assumer seul la responsabilité de Lennie, de la femme de Curley vivant sans aucune compagnie féminine, du vieux Candy qui n’a pour ami que son vieux chien aveugle etc… Même lorsque les différents personnages se parlent, ils ne s’écoutent pas car chacun veut absolument parler de celui qui se tient à cœur.
Le style d’écriture est très épuré, et le livre est composé essentiellement de dialogues.
A mon avis, je n’ai pas aimé l’histoire car on sentait vraiment le désespoir, la tristesse dans chaque mot et ça laisse un goût amer à la fin. 
D’ailleurs, pour ceux qui seraient intrigués par l’origine de ce titre, il vient d’un poème de Robert Burns, qui dit « les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: A l’est d’Eden – Les raisins de la colère – Tortilla Flat