La joueuse de go

Fiche identité

  • Titre du livre: La joueuse de go
  • Auteur: Shan Sa
  • Nombre de pages: 326
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 2001

Résumé

Alors que les Japonais envahissent la Mandchourie dans les années 30, une lycéenne de seize ans continue de mener une vie paisible, ponctuée par quelques rencontres amoureuses. Son activité favorite est le go, où elle excelle. Mais, un jour, son adversaire sera un officier japonais dévoué totalement aux dérives impérialistes de son pays.

Avis    

C’est un livre magnifique que je vous présente et qui est construit de façon originale. Chaque chapitre va alterner les récits de la jeune chinoise et du soldat japonais et petit à petit leurs destins vont se croiser et s’enchevêtrer. L’histoire est dépaysante puisqu’on est transporté dans une autre époque et surtout, on ressent bien les traits de caractère et la sensibilité de chaque personnage. D’un côté, nous avons une lycéenne qui devient tout doucement une femme, avec son lot de douleurs et de déceptions, sa naïveté face aux  épreuves de la vie et sa jeunesse encore pétillante. Le deuxième personnage est un soldat japonais, endoctriné et prêt à mourir pour la gloire de l’Empereur. On devine immédiatement qu’une histoire d’amour va se nouer, mais ce n’est pas du tout comme dans le style occidental. C’est très subtil, extrêmement alambiqué et  presque platonique !
On découvre plusieurs choses dans ce court roman. Premièrement, nous avons un aspect historique, avec l’invasion de la Chine par le Japon. C’est l’histoire d’un pays envahi et du triomphe de l’envahisseur qui est mis en avant par l’auteur. On se rend compte aussi que la culture japonaise et la culture chinoise sont différentes même si elles proviennent d’une même source.
L’auteur nous montre également les aspects très traditionnels de la société chinoise, notamment tout ce qui concerne le statut des femmes : quelques-unes sont mariées très jeunes à des hommes choisis par leurs parents, une grossesse imprévue entraîne le déshonneur de la famille et dans ce cas, la mort est mille fois plus préférable.
Le style d’écriture est très poétique avec des phrases très courtes. Néanmoins, certains passages sont difficiles à supporter, surtout celui concernant les tortures perpétrées par les Japonais.
Bref, une belle histoire à découvrir !

Germinal

Fiche identité

  • Titre du livre : Germinal
  • Auteur : Emile Zola
  • Nombre de pages : 638
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1885

Résumé

Nous sommes vers la fin du XIXème siècle en France. Etienne Lantier, machineur sans emploi, va de ville en ville pour trouver un travail. Finalement, il sera embauché en tant que herscheur au Voreux, une mine située dans le Nord. Lorsque leurs conditions de travail se dégradent, il se retrouve à la tête des mineurs pour une grève.

Avis    

Suite à une visite très intéressante au musée des Mines à Lewarde, j’ai laissé de côté mes lectures actuelles pour redécouvrir Germinal. Si, auparavant, je n’avais pas aimé l’histoire, cette fois-ci, j’ai eu un véritable coup de cœur.
L’auteur nous raconte avec beaucoup de réalisme le quotidien des mineurs qui travaillent dans la fosse du Voreux. Il nous décrit avec précision leurs conditions de travail inhumaines : extraction de la houille presque à plat ventre sous une chaleur étouffante pendant des heures, vieillards, femmes et enfants poussant des berlines très lourdes, les risques multiples d’accidents liés aux éboulements ou au grisou, les maladies attrapées à force de respirer la poussière du charbon pour un salaire misérable. À côté du travail à la mine, on découvre aussi la vie du coron où les femmes enchaînent les grossesses, où il est rare qu’on mange à sa faim, où la promiscuité des gens pousse les jeunes à devenir très précoces. 
C’est vraiment une histoire très triste et très poignante qui donne les larmes aux yeux, notamment celui de la famille Maheu qui a été frappé par la tragédie depuis le début de la grève. On ressent les émotions et les sentiments qui animent chaque personnage, depuis Etienne Lantier jusqu’aux bourgeois propriétaires de la mine. D’ailleurs, le personnage qui m’a fait le plus de peine est Catherine, cette pauvre fille docile qui vivote encore entre l’adolescente et la femme.
À côté des idées politiques de son époque comme le socialisme ou l’anarchie, l’auteur, selon moi, analyse plus profondément la psychologie de la foule et l’ivresse donnée par le pouvoir.
Le style d’écriture est assez consistant, avec beaucoup de détails, c’est pourquoi il faut lire l’ouvrage doucement pour apprécier les descriptions.
C’est un vrai chef-d’œuvre donc lisez-le !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La conquête de PlassansLa curéeLa faute de l’abbé MouretLa fortune des Rougon – L’assommoir Le ventre de ParisNanaPot-Bouille – Son Excellence Eugène Rougon – Thérèse Raquin Une page d’amour