Dans une coque de noix

Fiche identité

  • Titre du livre : Dans une coque de noix
  • Auteur : Ian McEwan
  • Nombre de pages : 224
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 2016

Résumé

L’histoire commence dans un ventre et c’est un fœtus d’environ huit mois et demi qui raconte cette histoire. Installé bien au chaud, il entend tout, notamment le complot de sa mère et de son oncle pour tuer son père.

Avis          

Ce livre est assez surprenant parce qu’il revisite un classique de la littérature anglaise, c’est-à-dire Hamlet, à notre époque moderne.
Le narrateur est un fœtus, spectateur positionné tête en bas et qui entend tout ce qui se passe dans le ventre de sa mère. C’est une histoire surprenante et décalée. Ce fœtus est doté de beaucoup d’humour lorsqu’il assiste aux ébats sexuels de sa mère, quand il déguste le vin qu’elle boit sans complexe (malgré tous les interdits médicaux autour de cet état particulier) ou quand il écoute les podcasts savants que sa mère affectionne.
L’auteur transcrit avec justesse ce que pourraient être les « émotions » de ce futur être humain, qui assiste impuissant au drame familial. Il aimerait intervenir, mais comment le faire concrètement quand la seule possibilité qu’il a est de donner des coups de pied vigoureux à sa mère ? L’état du monde dans lequel il va débarquer n’est pas non plus des appétissants, vu ce qu’il entend à partir des podcasts, et il se pose mal de questions sur la géopolitique, le réchauffement climatique ou les inégalités sociales.
Ce livre est une mise en scène bien construite, intelligente, originale et qui met en valeur tout le talent de cet auteur. La fin est brillante et laisse un champ de possibles infinis. Le style d’écriture est fluide, léger et en même temps plein d’humour et d’ironie.
Un bon roman que je recommande vivement !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : AmsterdamExpiationLes chiens noirsL’intérêt de l’enfantSamedi – Sur la plage de Chesil

Le maître a de plus en plus d’humour

Fiche identité

  • Titre du livre : Le maître a de plus en plus d’humour
  • Auteur : Mo Yan
  • Nombre de pages : 128
  • Édition : Points
  • Année de publication : 2001

Résumé

Lao Ding se retrouve au chômage un mois avant sa retraite à cause de la fermeture de l’usine de matériel agricole.

Avis          

C’est le second livre de Mo Yan que je lis. Si la note s’est sensiblement amélioré par rapport au roman Le grand chambard, je ressens quand même un sentiment mitigé.
L’auteur raconte ici le changement d’existence de Lao Ding suite à la fermeture de l’usine. Comment s’en sortir quand il n’existe aucune protection du salarié ? Quelles opportunités saisir à son âge avancé et comment joindre les deux bouts avec sa vieille femme ? Une idée germe dans sa tête, mais cette activité, qui semble lucrative, n’est pas si morale.
Le thème principal est intéressant, mais l’auteur ne fait que l’effleurer délicatement, sans entrer ni dans la polémique ni dans la contestation du pouvoir politique et économique en place. Il oppose les nantis (membres du Parti ou patrons d’usine qui conduisent des berlines) aux ouvriers privés de droit et à la merci des aléas économiques. J’aurai aimé plus d’engagement de sa part, plus d’implication de l’auteur. C’est trop subtil et léger à mon goût comme roman social.
Le second reproche est la brièveté du livre. Mais qu’est-ce que c’est court : ce n’est pas un roman, au mieux une nouvelle ! N’était-il pas possible pour l’éditeur de mettre d’autres récits plutôt que celui-là uniquement ?
Le style d’écriture est léger, plein d’humour et de dérision. Je pense que ce livre reste un bon moyen d’appréhender la littérature chinoise contemporaine donc je le recommande quand même.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le grand chambard