La petite princesse

Fiche identité

  • Titre du livre: La petite princesse
  • Auteur: Frances Hodgson Burnett
  • Nombre de pages: 284
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1905

Résumé

Le père de Sara l’envoie à Londres pour parfaire son éducation dans un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille. Choyée et traitée comme une princesse, sa vie dorée basculera en cauchemar lorsqu’elle apprend que son père meurt sans lui laisser un seul sou. 

Avis    

Je pense que toutes les petites filles de mon époque (ça fait vieillot !) reconnaîtront, à partir du résumé, le célèbre dessin animé japonais « Princesse Sarah ». Grâce au livre Le petit Lord Fauntleroy, j’ai découvert que Frances Burnett était également l’auteur de cette histoire. Quelques temps après la lecture de mon cher Tolstoï, j’ai  profité d’une soirée très calme pour savourer ce roman pour enfants.
Sara est une petite fille rêveuse et fantasque qui aime imaginer des histoires. Malgré sa fortune et les traitements privilégiés dont elle bénéficie, elle reste modeste, douce et gentille. L’auteur nous présente une enfant modèle, avec des manières exquises et un caractère courageux. Bien sûr, cela semble un peu naïf pour nous, lecteurs et adultes contemporains, mais il a été écrit dans les années 1900. A cette époque, les livres pour enfants avaient souvent une visée éducative et morale.
Pour être franche, Sara m’a plu dès les premiers chapitres et j’ai suivi avec beaucoup d’attention ses péripéties : d’une situation riche et enviée, elle devient domestique dans la pension de Miss Minchin, une horrible femme égoïste, cruelle et avare. Entre nous je ne la supporte absolument pas et si je pouvais entrer dans le livre, je l’aurai bien tordu le cou.
On découvre également le type d’éducation reçu par les filles nanties à cette époque : l’étude des matières classiques (les langues, l’histoire…), des cours de danse et des sorties à la paroisse chaque dimanche matin. D’après le livre, elles étaient pensionnaires presque toute l’année, habillées avec des uniformes sombres. Cela doit être une enfance lugubre, surtout si on a vécu de cette manière depuis l’âge de quatre ans comme Lottie ! L’auteur parle aussi des conditions de vie des domestiques ainsi que des mendiants de Londres.
J’ai adoré ce conte de fées moderne, cette magie dans chaque page. Durant la lecture, on a l’impression d’être dans une bulle confortable, une parenthèse loin du bruit de la ville et des impératifs  de la vie quotidienne.
Le style d’écriture est simple, très accessible pour un public jeune. Les actions s’enchaînent vite et les dialogues sont dynamiques. Seuls les descriptions m’ont paru niaises et faciles.
Un conseil : pour l’apprécier à sa juste valeur, réveillez l’enfant qui sommeille en vous ! Un bon « happily ever after » à partager à tout le monde ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Le jardin secretLe petit Lord Fauntleroy

La sonate à Kreuzter – Le bonheur conjugal – Le diable

Fiche identité

  • Titre du livre: La sonate à Kreutzer – Le bonheur conjugal – Le diable
  • Auteur: Léon Tolstoï
  • Nombre de pages: 301
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1889

Résumé

Nous avons ici trois nouvelles de Tolstoï.

Avis    

Après avoir terminé les chefs-d’œuvre de Tolstoï – un de mes auteurs préférés –  j’en redemande encore et toujours car il a une plume tout simplement exceptionnel et inégalée. Nous voici devant trois nouvelles tournant sur un même thème : le bonheur conjugal.
Son style d’écriture, comme je l’ai dit précédemment, est splendide. Il me coupe le souffle avec ses descriptions, sa manière de transcrire avec un réalisme saisissant les états d’âme de chacun des personnages principaux.
L’auteur aborde surtout les désillusions rencontrés après le mariage : lorsque l’amour s’éteint ou change, comme celui de Macha, il ne reste que les apparences et les enfants qui maintiennent le couple. Cette nouvelle m’a bouleversée car on assiste à un amour merveilleux qui se fane à cause du quotidien, de l’égoïsme de chacun, des influences extérieures. J’avais envie de crier : non ! ça ne peut pas finir comme ça !
La passion peut aussi devenir redoutable, comme celui de Pozdnychev qui est possédé par la jalousie et ressent de la haine envers sa propre femme au point de l’assassiner ; ou bien Eugène qui est obsédé par le désir sexuel. Ces deux hommes me rappellent un peu ceux de Dostoïevski : des personnages tourmentés, fous et contradictoires, désespérés par leur vie.
Pourquoi je n’ai pas mis le 5ème cœur ? La Sonate à Kreutzer a un côté très moralisateur. L’auteur critique fortement la société russe avec ses carcans rigides, ses rencontres arrangées qui mettent la femme au rang d’objet, ses mariages conclus à la hâte, ses masques qui cachent la débauche des hommes. Sa conclusion est étonnante et même très décalée car il propose d’appliquer « son » idéal chrétien : l’amour charnel serait banni au profit de relations uniquement spirituels. Sans vouloir être rabat-joie, je pense que c’est un projet utopiste.
Quoiqu’il en soit, ce Tolstoï différent en vaut le détour !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Anna KarénineGuerre et paixLa mort d’Ivan Ilitch Les cosaques