Boléro

Fiche identité

  • Titre du livre : Boléro
  • Auteur : Ahmet Altan
  • Nombre de pages : 224
  • Édition : Actes Sud 
  • Année de publication : 2025

Résumé

Cette histoire se déroule en Turquie. Asli, une physiothérapeute célibataire et indépendante, se rend dans la propriété de Mehmet, un ancien procureur au passé louche. Ils entretiennent une relation passionnée. Lorsqu’elle rencontre Romaïssa, l’épouse de son amant, une complicité naît entre elle, faite de moments privilégiés autour de la piscine. Asli plonge de plus en plus dans l’intimité du couple, au point de se perdre.

Avis    

C’est le second livre que je lis de cet auteur, mais j’étais moins enchantée que l’inoubliable Madame Hayat. On va suivre une femme nommée Asli qui va sombrer dans une passion folle pour un de ses patients.
Asli, physiothérapeute, femme indépendante, célibataire et libre, vient tous les week-ends dans la villa de Mehmet, un ancien procureur connu pour avoir trempé dans des affaires louches. Elle lui prodigue des soins pour son dos, mais ils finissent par devenir amants. Mehmet fascine Asli par son côté obscur, par l’intensité de leur passion et par l’emprise qu’il exerce chez elle. Elle, qui se targuait d’être une personne pleine de bon sens, se retrouve complètement déboussolée face à la vague d’émotions qui la submerge. La fascination est double aussi, car elle s’attache également à Romaïssa, l’épouse du procureur.
Ce livre me rappelle étrangement Gatsby le magnifique, où un couple casse les humains à cause de leur insouciance et de leur égoïsme. On a l’impression qu’Asli n’est que le nouveau jouet de ce couple. De son côté, Asli a beau se raisonner, elle est prise dans une passion folle, terrible, envoûtante et obsédante. Plus rien ne compte si ce n’est Mehmet et Romaïssa. Une étrange relation se noue, où on ne connaît que la version d’Asli : son obsession pour le couple, sa passion dévorante qui l’empêche même de vivre.
À travers ce livre, l’auteur dénonce discrètement les inégalités sociales, la violence du régime, la corruption qui règne et les liens ambigus entre le pouvoir et la mafia
.
Le style d’écriture est fluide, élégant avec beaucoup d’esthétique. L’auteur sait restituer avec brio les émotions et les sentiments qui animent Asli. Il y a un côté répétitif, car plus Asli côtoie le couple, plus elle sombre dans une passion dévastatrice.
Pour moi, ce livre est une leçon de vie, un rappel qu’on est tous faillible quel que soit la force morale qu’on croit posséder. Une fois, j’ai jugé quelqu’un pour les mêmes actes. Ce livre m’a permis de comprendre ce que cette personne ressentait, donc m’a aidé à pardonner, ce que je n’aurais peut-être pas fait auparavant. Ne serait-ce que pour cela, merci à la littérature d’exister dans ma vie !
À découvrir ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Madame Hayat

La ligne verte

Fiche identité

  • Titre du livre : La ligne verte
  • Auteur : Stephen King
  • Nombre de pages : 507
  • Édition : Le livre de poche 
  • Année de publication : 1996

Résumé

Paul Edgecombe, ancien gardien de la prison de Cold Mountain, entreprend d’écrire ses mémoires. Il raconte les événements qui se sont passés en 1932 dans ce pénitencier. 

Avis    

Ce livre est juste une pure merveille qui m’est tombée entre les mains. Oui, il est connu grâce au film joué par Tom Hanks, mais comme je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ce film, j’ai préféré jeter mon dévolu sur l’oeuvre originale. Que dire à part que j’étais bouleversée par cette lecture !
Dès les premières lignes, j’étais happée par le récit du narrateur, Paul Edgecombe, ancien gardien de la prison de Cold Mountain. On rentre doucement dans le quotidien du bloc 9 qui accueille les prisonniers condamnés à la chaise électrique. Dans cet endroit sinistre, marqué par un sol vert, les gardiens essaient de maintenir la sécurité et le calme pour ces pensionnaires temporaires.
Paul Edgecombe est un vétéran, qui a assisté à plus de soixante-dix exécutions, mais l’année 1932 l’a marqué profondément. Tout commence par l’arrivée de John Caffey, un Noir accusé du viol et du meurtre de deux fillettes de neuf ans. Ce dernier est condamné à la chaise électrique, tout comme les deux autres prisonniers qui sont là en même temps que lui, à savoir Edouard Delacroix et Billy Wharton. Mais le récit prend une tournure incroyable avec notamment Mister Jingles, une souris.
Ce livre traite de tellement de sujets : le rapport entre les gardiens et les prisonniers, la compassion pour des gens qui n’ont plus que quelques jours à vivre ; l’amitié entre des collègues de travail ; la présence des gens qui sont de nature malveillante, comme si c’était une gangrène collée à leur peau ; l’injustice dans un monde pétri de préjugés et d’idées arrêtées ; l’existence des miracles même dans des lieux sordides, etc.
Je ne sais pas quoi vous dire à part que pendant plusieurs jours, j’étais dans ce bloc 9. Mon coeur a battu au même rythme que ces gens. Mes larmes ont coulé devant l’exécution sordide de Delacroix. Ma colère était intense face à la bêtise de Percy Wetmore. Mon coeur s’est brisé à la fin. J’ai posé le livre et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps
.
L’auteur a une position claire dans ce livre, car il est contre la peine de mort. Son plaidoyer est émouvant, ses descriptions sont justes et percutantes. A-t-on le droit de détruire ce qu’on ne sait même pas créer ?
Le style d’écriture est limpide, magnifique et fluide. On ne s’ennuie pas une seconde. Les personnages sont extrêmement bien travaillés, avec une rare sensibilité. Je me suis sentie proche de chacun d’eux. J’ai compris chacun de leurs actions, même les plus condamnables.
Je suis sortie très émue de ce livre, et je n’ai qu’un mot : lisez-le ! Lisez-le ! Il mérite tellement le détour ! C’est un chef-d’oeuvre ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : 22/11/ 1963 – Brume – Ça – Coeurs perdus en Atlantide – Docteur Sleep – Dolores Claiborne – Dôme – La petite fille qui aimait Tom Gordon – Le fléau – L’institut – Marche ou crève – Misery – Rêves et cauchemars – Salem – Shining