Elles

Fiche identité

  • Titre du livre : Elles
  • Auteur : Lianke Yan
  • Nombre de pages : 336
  • Édition : Editions Picquier
  • Année de publication : 2022 

Résumé

L’auteur nous partage ici des portraits de femmes de sa famille ainsi que de sa région natale.

Avis    

Voici un livre qui semblait plein de promesses, mais qui m’a déçu par son contenu. Je m’attendais à un écrit qui dénonce les conditions de vie des femmes chinoises, mais je suis tombée sur un récit autobiographique un peu tiède. Ce livre rassemble les souvenirs que l’auteur a gardé sur les femmes de sa famille : sa mère, ses tantes, ses soeurs, etc. Ce sont des tranches de vie parfois tristes, parfois vagues que l’auteur partage. Lui-même ne sait pas grand-chose d’elles, et au moins, il a l’honnêteté de le dire qu’il ne comprend pas les femmes, qu’il ne sait rien de leurs vies et aussi qu’il ne s’y intéresse pas vraiment. Certains choix de vie resteront obscurs et vagues ; lui-même n’a pas été convié au mariage de ses soeurs ; lui-même ne sait pas réellement ce que pense sa femme, ses soeurs ou sa mère. C’est un homme qui regarde les femmes avec respect, mais avec une distance polie. Et pourtant, il y avait tellement à creuser dans le thème qu’il a choisi.
On découvre quand même le poids du mariage et la pression sociale autour de cette institution. Le mariage d’amour n’existe pas, ou est aussi rare qu’une comète. Les mariages sont arrangés et sont là pour satisfaire d’abord la communauté sociale ainsi que la belle-famille qui voit dans l’acquisition d’une bru une main-d’oeuvre disponible et corvéable à merci. Se marier hors de sa région ? C’est rare, et si c’est le cas, on n’entend plus parler de la mariée. Se marier par amour ? Une utopie.
Le chapitre 7 m’a aussi dérangé dans ce livre. L’auteur change de genre et bascule dans l’essai. Nous aurons droit à un long éloge de Mao Zedong qu’il décrit comme un précurseur du féminisme (?!?) ainsi que l’opinion personnelle de l’auteur sur le statut des femmes chinoises qu’il qualifie de « troisième sexe ». Selon sa théorie, les femmes chinoises sont les plus fortes comparées aux autres nationalités.
Je ne vais pas entrer dans la polémique, mais ce chapitre m’a agacé.
Le style d’écriture est lourd, redondant et répétitif. J’ai eu du mal à m’accrocher à ce récit, d’autant plus que sa façon de raconter est ennuyeuse et soporifique. J’ai mis du temps à finir ce livre malgré le fait qu’il soit relativement court. Je ne le recommande pas car il manque de saveur et d’originalité. 

Pot-Bouille

Fiche identité

  • Titre du livre : Pot-Bouille
  • Auteur : Émile Zola
  • Nombre de pages : 510
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 1882

Résumé

Octave Mouret quitte la province pour s’installer à Paris. Il loue une chambre meublée, rue de Choiseul. Dans cet immeuble de quatre étages vivent des familles bourgeoises qui affichent une apparence respectable et digne. Mais derrière les rideaux se cachent bien des saletés.

Avis    

Je continue sur le dixième ouvrage de la saga des Rougon-Macquart. Mon projet avance bien, ce qui me procure un vrai bonheur, d’autant plus que ce livre est une pépite d’or. À travers Octave Mouret, jeune provincial qui débarque à Paris, on découvre les dessous peu reluisants de la bourgeoisie parisienne. Derrière les apparences de bienséance, se cachent les comportements les plus scandaleux : les femmes trompent hardiment leurs maris ; les maris dotent leurs maîtresses de magnifiques appartements meublés et s’affichent sans vergogne avec elles ; certains maris couchent avec les domestiques, etc. L’auteur critique vivement l’hypocrisie de la bourgeoisie parisienne. Ils se targuent de morale, de respectabilité alors que leur foyer n’est qu’infidélité, avarice et continuelles disputes. Les domestiques aussi sont bien décrits par l’auteur : ces derniers connaissent les travers de leurs maîtres et ne se privent pas de raconter au voisinage ce qui se passe dans l’immeuble. Chaque locataire en prend pour son grade : la femme au foyer qui s’ennuie et qui se jette dans les bras du nouveau voisin ; le couple qui héberge la cousine, amante du mari ; la mère qui cherche désespérément à caser ses filles, etc.
On découvre la pression sociale exercée sur les jeunes filles pour trouver un mari. Il n’est pas ici question d’amour, mais de trouver une situation stable, et si le mari est malade, migraineux, qu’importe pourvu que le mariage soit fait. Quant à la dot, tous les coups sont permis, pourvus que la pauvre créature soit mariée.
Je ne sais pas comment ce livre a été accueilli à l’époque, mais en tout cas, c’est une image cruelle et satirique de cette classe sociale. Cupidité, avarice, logique mercantile, l’argent comme seule motivation, le sexe comme exutoire face à un mariage malheureux, ce livre est un condensé de toute la pourriture sociale. On sent vraiment le mépris qu’éprouve l’auteur envers cette classe sociale.
Mais en même temps, ces descriptions sont remplies de justesse : croyez-moi, je retrouve une partie de mes contemporains dans ces chapitres. La nature humaine est-elle intemporelle ? Au XXIème siècle, quelle claque de découvrir que la société où on évolue ressemble à celle du XIXème siècle !
Le style d’écriture est riche, agréable et limpide. Il y a moins de descriptions dans ce livre par rapport à ces précédents ouvrages.
Un vrai délice à découvrir ! 

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : GerminalLa conquête de PlassansLa curéeLa faute de l’abbé MouretLa fortune des Rougon L’assommoir – Le ventre de ParisNanaSon Excellence Eugène RougonThérèse Raquin Une page d’amour