The Empyrean (Tome 1 à 3)

Fiche identité

  • Titre du livre : The Empyrean (Tome 1 à 3)
  • Auteur : Rebecca Yarros 
  • Nombre de pages : 1881
  • Édition : Hugo Publishing
  • Année de publication : 2023

Résumé

Violet Sorrengail était supposé entrer dans le Quadrant des Scribes. Mais sa mère l’oblige à entrer dans le Quadrant des Cavaliers, qui sont liés à des dragons. Arrivera-t-elle à survivre dans cet environnement hostile ? 

Avis    

Avant toute chose, je vous souhaite une belle année 2026, remplie de lectures enrichissantes, de bonheur et de santé. L’activité du blog a été ralentie par ces trois romans qui ont occupé une partie de ma fin d’année. J’ai découvert un nouveau genre, celui de la romantasy, un mélange de romance et de fantasy. Cette série contient quelques scènes sexuelles explicites, mais la plupart du temps, on reste dans le genre principal qui est la fantasy.
Nous débarquons dans une académie spéciale qui forme des Dragonniers, mais avant d’avoir l’honneur d’être choisi par un dragon, les élèves vont passer des épreuves qui conduisent soit à la survie, soit à la mort immédiate. Violet Sorrengail débarque dans cette école, forcée par sa mère : ses chances de survie sont minimes en raison de sa santé délicate. De plus, elle a des ennemis dans ce lieu qui ne veulent qu’une chose : la tuer pour se venger des actions passées de sa mère.
C’est une romantasy avec beaucoup de péripéties, des événements qui s’enchaînent sur les chapeaux de roue, des rebondissements, des retournements de situation inédites, une histoire d’amour intense et passionnée, des guerres, des combats spectaculaires, de la magie et des dragons gigantesques. En tout cas l’univers est bien construit, original et intéressant à découvrir. J’ai surtout aimé le tome 3 lorsque l’escouade part en quête des Irids. J’ai beaucoup aimé le personnage principal, Violet Sorrengail et je me suis beaucoup identifiée à elle dans sa manière d’être, dans son courage et dans sa résilience. Les personnages évoluent au fur et à mesure des tomes, ce qui les rend intéressants. Je me suis attachée à eux malgré leurs défauts : Xaden (dont je suis tombée follement amoureuse aussi), Ridoc, Dain, Rhiannon, Cat, Imogen, etc. Chacun d’eux a partagé une partie de mon existence pendant deux semaines.
Le style d’écriture est agréable, fluide et se lit vite. Je n’ai pas mis le 5ème coeur, car parfois, la romance noie un peu l’intrigue, avec surtout les atermoiements de part et d’autre de nos deux tourtereaux. Il y a des longueurs où on va suivre l’anxiété et les doutes de Violet face à cette passion qui l’envahit. J’aurais aimé que l’auteur développe plus son univers, les relations géopolitiques entre le Continent et les îles, les autres personnages ou même les secrets de la famille de Sorrengail. L
a fin du troisième tome m’a laissé sur ma faim. Je n’avais qu’une envie, c’est de continuer la lecture, et découvrir ce dénouement mystérieux m’a presque donné envie de pleurer. Quand je pense que le tome 4 ne sortira que dans quelques années, quelle attente insoutenable ! J’aurai presque envie d’hiberner et de dormir jusqu’à ce qu’il soit enfin écrit et édité.

Madame Hayat

Fiche identité

  • Titre du livre : Madame Hayat
  • Auteur : Ahmet Altan 
  • Nombre de pages : 272
  • Édition : Actes Sud
  • Année de publication : 2021

Résumé

Fazil, le narrateur de cette histoire, est un étudiant en lettres. Après le décès de son père, il se retrouve sans le sou et accepte un rôle de figurant dans une émission de télévision. C’est là-bas qu’il rencontre Madame Hayat, une femme plus âgée que lui, dont il tombe éperdument amoureux. Quelques jours plus tard, il fait la connaissance de Sila, une jeune étudiante en lettres.

Avis    

C’est grâce à un post I********m élogieux que je suis tombé sur ce livre qui est une vraie pépite. Je ne m’attendais pas à être autant emporté par cette histoire, mais ce fut le cas. On suit les péripéties de Fazil, un étudiant sans le sou qui découvre l’amour à travers deux femmes. Il y a d’abord la sensuelle Madame Hayat, une femme âgée qui le comble de plaisir en l’entraînant dans des méandres qu’il n’a jamais connus. D’un côté, il y a Sila, une étudiante en lettres comme lui, avec qui il partage sa passion de la littérature. Sila est raisonnable, logique et répond à toutes les qualités requises pour une épouse convenable. Mais, quand souffle le vent de la passion, rien n’est logique. Et c’est ce qui est merveilleux dans ce livre. Le narrateur est tiraillé entre deux mondes et tout le long du livre, on sent toutes ses émotions, toutes ses pensées et tous ses sentiments.
Jusqu’au bout, j’ai aimé Fazil, malgré ses faiblesses, ses atermoiements et son indécision. Jusqu’au bout, j’ai aimé le personnage incarné par Madame Hayat, cette femme qui respire la joie de vivre, qui vit le moment présent et qui ne se soucie pas plus que cela du lendemain. J’ai rencontré un personnage lumineux, extraordinaire et libre, dans un contexte politique et social qui, pourtant, ne le permet pas. C’est ce vent de liberté qui m’a attiré vers elle. Voici d’ailleurs un de leurs dialogues :
« – Tu veux que j’ai peur, c’est ça ?
-Et pourquoi ?
– Ça ne fait pas de mal d’avoir un peu peur ?
Elle reprit son sérieux.
– La peur est toujours mauvaise.
Puis elle sourit de nouveau :
– N’aie pas peur, Marc Antoine… Il ne faut avoir peur de rien dans la vie… La vie ne sert à rien d’autre qu’à être vécue. La stupidité, c’est d’économiser sur l’existence, en repoussant les plaisirs au lendemain, comme les avares. Car la vie ne s’économise pas… Si tu ne la dépenses pas, elle le fera d’elle-même, et elle s’épuisera. »
Derrière cette histoire, l’auteur dénonce avec une rare subtilité l’oppression du régime politique turque. Comment vivre dans un pays où règnent les arrestations arbitraires ? Les confiscations des biens privés ? Les coups qui pleuvent au hasard selon le bon vouloir des hommes barbus ? Est-ce une vie que vivre dans la crainte de se faire arrêter, d’être emprisonné pour une peccadille ? Que reste-t-il à part la mort comme le Poète ou l’exil comme Sila ?
Le style d’écriture est fluide, limpide et extrêmement bien écrit. On sent que l’auteur est un amoureux des lettres, de la littérature. Dans certaines phrases qu’il a écrites, je me suis retrouvée, comme si son âme parlait à mon âme et qu’on se comprenait au-delà des frontières et des mots.
 » La littérature ne s’apprend pas. Je ne vous enseignerai donc pas la littérature. Je vous enseignerai plutôt quelque chose sans quoi la littérature n’existe pas : le courage, le courage littéraire. Ne vous contentez pas de répéter ce que d’autres ont déjà dit. Ce n’est pas ainsi qu’on travaille. Soyez courageux. La littérature a besoin du courage, et c’est le courage qui distingue les grands écrivains des autres. Voilà ce que vous apprendrez dans cette classe : le courage littéraire.  »
 » Mon grand rêve eût été de passer ma vie dans la littérature, à en débattre, à l’enseigner, au milieu d’autres passionnés, ce dont je me rendais toujours un peu plus compte à la fin de chaque cours de madame Nermin. La littérature était plus réelle et plus passionnante que la vie. Elle n’était pas plus sûre, sans doute même plus dangereuse, et si certaines biographies d’auteurs m’avaient appris que l’écriture est une maladie qui entame parfois sérieusement l’existence, la littérature continuait de me paraître plus honnête que celle-là. “La littérature est un télescope braqué sur les immensités de l’âme humaine”, avait dit notre professeur d’histoire littéraire, monsieur Kaan. Et je le réentendais ajouter de sa voix caverneuse : “À travers ce télescope, vous voyez de l’homme les scintillantes étoiles aussi bien que les trous noirs.”
Et la dernière citation :
 » Le fond de toute littérature, c’est l’être humain… Les émotions, les affects, les sentiments humains. Et le produit commun à tous ces sentiments, c’est le désir de possession. Quand vous voulez posséder quelqu’un, vous rendre maître de son cœur et de son âme, c’est l’amour. Quand vous voulez posséder le corps de quelqu’un, c’est le désir, la volupté. Quand vous voulez faire peur aux gens et les contraindre à vous obéir, c’est le pouvoir. Quand c’est l’argent que vous désirez plus que tout, c’est l’avidité. Enfin, quand vous voulez l’immortalité, la vie après la mort, c’est la foi. La littérature, en vérité, se nourrit de ces cinq grandes passions humaines dont l’unique et commune source est le désir de possession, et elle ne traite pas d’autre chose. Tel est le fond.  »
Pour conclure, un livre merveilleux à découvrir de toute urgence !