La nostalgie de l’ange

Fiche identité

  • Titre du livre : La nostalgie de l’ange
  • Auteur : Alice Sebold
  • Nombre de pages : 351
  • Édition : Nil Editions
  • Année de publication : 2002

Résumé

Susan Salmon est une adolescente de quatorze ans qui mène une vie des plus ordinaires. Mais, un soir, elle se fait violer puis tuer par son voisin, M. Harvey. Au moment de sa mort, Susan arrive au « paradis » et devient un esprit. Elle nous raconte sa vie dans ce lieu merveilleux où elle peut voir sa famille, ses amis et les sentiments qui les animent, notamment la manière dont ils surmontent sa douloureuse absence.

Avis    

Ce livre est classé parmi les best-sellers aux États-Unis et j’ai été tenté de le lire. En refermant les pages, mon avis reste très partagé. Le thème abordé par l’auteur nous laisse l’occasion de réfléchir : comment faire le deuil d’une personne ? Comment vivre après la perte d’un être cher ? Le deuil, ici, est d’autant plus difficile, car personne (sauf les lecteurs) ne sait ce qui est arrivé à Susan. C’est terrible de voir leur attente, cette lueur d’espoir dans leurs yeux à chaque nouvel indice, ce rêve fou de voir la porte s’ouvrir et de voir Susan rentrer en courant.  Puis, petit à petit, les gens admettent sa mort, surtout lorsqu’un chien découvre son coude, mais la cause de son décès reste toujours inexpliquée. On observe aussi comment chaque membre de la famille surmonte la douleur à sa façon : l’oubli, le silence, la fuite… C’est cet aspect du livre que j’ai le plus apprécié et qui est très émouvant.
Néanmoins, je trouve qu’il y a certains éléments qui diminuent la qualité de cet ouvrage. Tout d’abord, les petites anecdotes de Susan sur sa vie au « paradis » sont assez puériles : c’est vrai qu’à l’heure actuelle, personne ne peut dire ce qui se passe après la mort. Mais, pour moi, ajouter des détails aussi superflus tels que « je pense à une glace et il y a un champ de glace qui apparaît  » est trop enfantin et ne cadre pas vraiment avec l’histoire. Était-ce pour mettre un peu de légèreté dans le récit et nous faire rêver d’une vie meilleure après la mort ?
Certains passages du livre ne sont pas très clairs : j’ai eu du mal à démêler les souvenirs de Susan et sa vie au « paradis ». L’écriture est assez inégale, peut-être à cause d’une mauvaise traduction ?
En tout cas, malgré ses points négatifs, ce livre reste très touchant, c’est pourquoi je lui donne une note plutôt correcte.

Le crabe à lunettes

Fiche identité

  • Titre du livre : Le crabe à lunettes
  • Auteur : Xu Xing
  • Nombre de pages : 209
  • Édition : Julliard
  • Année de publication : 1994

Résumé

Ces cinq nouvelles traitent de la vie de cinq Chinois venant d’horizons très différents : un étudiant ayant arrêté ses études pour devenir serveur, deux amis qui voyagent à vélo, un malade à l’hôpital, les problèmes d’un couple vivant dans 7 m², un simplet qui avait pour vocation d’indiquer la route aux passants.

Avis    

C’est à la demande d’une personne qui aime beaucoup la Chine et que je connais d’ailleurs très bien que j’ai choisi d’axer ma lecture sur ce thème. En arrivant à la bibliothèque, il a fallu évidemment trouver ce fameux auteur, et comme j’avais déjà lu un livre écrit par un Chinois (cf. Dés de poulet façon mégère) je me suis instinctivement dirigée vers la lettre X. Comme je n’ai pas voulu m’encombrer d’un bouquin de 600 pages, j’ai décidé de prendre ce recueil de nouvelles.
Je l’ai fini très rapidement, mais j’ai un avis plutôt mitigé. D’un côté, l’auteur dénonce les misères vécues par la population chinoise : l’exploitation des paysans, la prééminence du Parti sur la vie quotidienne, la pauvreté des uns face à la richesse des autres, la Révolution et ses morts… Le style d’écriture utilisé est très familier : c’est celui des rues, celui des voyous, mais derrière, on sent toute l’ironie et la critique du régime communiste.
C’est un roman très noir, rempli de désillusions, de tristesse et de désespoir. Les personnages se battent avec un destin qui est inéluctable, mais j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux. De même, il y a un côté absurde dans le livre que je n’ai pas entièrement saisi, notamment sur la motivation des personnages : que cherchent-ils ? Que veulent-ils ? Rien. L’auteur adopte un point de vue très nihiliste : l’existence, pour lui, n’a aucun sens ni aucune valeur.