Chronique des temps obscurs (Tome 1 à 6)

Fiche identité

  • Titre du livre : Chronique des temps obscurs (Tome 1 à 6)
  • Auteur : Michelle Paver
  • Nombre de pages : 2 446
  • Édition : Le livre de poche Jeunesse
  • Année de publication : 2004

Résumé

Cette histoire se déroule 6 000 ans avant notre époque, au nord-ouest de l’Europe. Torak et son père mènent une vie de chasseurs dans la Forêt, bivouaquant seulement quelques jours au même endroit. Mais un démon s’empare de l’âme d’un ours et tue sauvagement son père. Torak n’a qu’une seule alternative : pour sauver la Forêt, il doit aller à la Montagne profonde trouver l’Esprit du monde.

Avis    

Il a suffi que je jette un coup d’œil sur la belle couverture soignée et bien dessinée de ce livre pour que je sois prise dans les filets de cette série de 6 tomes, initialement destinée à un public jeune. J’en ressors avec un avis positif, même si quelques points m’ont agacé.
Cette histoire raconte les aventures menées par Torak, un garçon d’une douzaine d’années, qui se retrouve orphelin du jour au lendemain. On retrouve les éléments caractéristiques d’une fantasy : un jeune héros dont le destin est marqué par une prophétie (encore et toujours cette FAMEUSE prophétie, ils ne peuvent pas sortir autre chose comme argument ?), qui affrontera de multiples dangers et des ennemis féroces qui sont prêts à tout. Il sera accompagné dans sa quête par Renn, une fille du clan des Corbeaux, et par un loup qu’il a sauvé. En plus, Torak est doté de pouvoirs qu’il ignore pour le moment, mais qui l’aideront.
Au sujet des personnages principaux, je dirais que si Torak était au début attachant, il m’a paru, au fur et à mesure des tomes, trop impulsif, égoïste, irréfléchi et implacable. Je l’ai moins apprécié, lui préférant Renn, sa fidèle amie. Les personnages secondaires sont bien travaillés mais peu nombreux.
Si la trame du récit reste classique et sans surprise (un mélange de Harry Potter et d’Assassin royal), le décor lui est original : l’histoire se déroule au cours de la Préhistoire, avec des descriptions intéressantes sur le mode de vie des clans, sur les croyances mystiques, sur les relations sociales qui se tissent dans et entre les différentes tribus, sur la perception de la nature et de la chasse.  
Quoiqu’il en soit, ce livre reste assez addictif. Le style d’écriture est très simple, agréable à lire et très accessible pour des enfants entre 10-12 ans. Néanmoins, j’ai quand même senti quelques longueurs à partir du troisième tome.
Conclusion : un bon livre pour rendre vos adolescents accros !

L’étranger

Fiche identité

  • Titre du livre : L’étranger
  • Auteur : Albert Camus
  • Nombre de pages : 191
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication : 1942

Résumé

Nous suivons le destin de Meursault, un homme vivant à Alger.

Avis    

Encore un résumé succinct, qui ne dit rien de concret, mais je ne pouvais pas mettre plus d’éléments sans dévoiler toute l’histoire. Et en plus, je viens de noter une autre coïncidence incroyable avec le livre précédent : il commence tous les deux par un enterrement !
Dès les premières lignes, nous sommes confrontés à un style d’écriture neutre, avec des phrases courtes, précises et très simples. Il s’agit pour l’auteur de décrire les faits et gestes de Meursault sans entrer dans l’analyse. Moi qui aime les longues phrases lyriques qui débordent de partout, j’étais décontenancé par ce style épuré, mais je me suis vite habituée et je l’ai trouvé très beau à sa manière. Les phrases ressemblent à des petites gouttes qui s’écoulent doucement.
Nous suivons Meursault, un héros très atypique. Sans être un simple d’esprit, il se contente de ce qu’il a sans être tiraillé par l’ambition, il ne se pose pas de questions existentialistes sur l’amour, l’amitié ou la mort, mais se satisfaisait pleinement d’une vie simple. Il accepte les faits bruts et ne s’embarrasse pas de pensées « parasites ». Son comportement est déroutant pour les gens de son entourage : pourquoi ne pleure-t-il pas à l’enterrement de sa mère ? Pourquoi est-il si indifférent et « étranger » au monde ? Et surtout, pourquoi a-t-il tué cet Arabe sur la plage ? On craint Meursault parce qu’il est différent, on le juge plus sur son comportement lors de l’enterrement de sa mère que sur son crime.
Je pense que comme tout lecteur, j’ai jugé Meursault selon mes propres standards : je l’ai trouvé peu sympathique, insensible et étrange. Mais à la fin du livre, je me suis dit que je n’avais aucun droit de porter un jugement de valeur sur lui. Il a le droit d’être ce qu’il est, de vivre sa vie et si ce crime paraît absurde, c’est que peut-être la vie elle-même l’est.
Ce livre nous pousse à nous questionner sur le droit à la différence d’abord, sur le sens même de la vie, sur la peine de mort aussi, sur l’impartialité de la justice humaine, sur ce qu’on entend par « normalité ». Il y a tellement de choses condensées dans ce petit ouvrage, tellement de subtilités qu’on en ressort avec un bouillonnement d’idées. 
Je pense que ce livre est un vrai chef-d’œuvre intemporel !  À lire au moins une fois dans sa vie !