Je suis une légende

Fiche identité

  • Titre du livre : Je suis une légende
  • Auteur : Richard Matheson
  • Nombre de pages : 240
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 1954

Résumé

Robert Neville est seul, dans un monde frappé par une épidémie inconnue. Autour de lui gravitent des hommes, ni vivants ni morts, mais qui le traquent jusqu’au fond de sa demeure toutes les nuits…

Avis    

J’ai vu le film, joué par Will Smith au cinéma, avant de découvrir ce livre. Et je tiens à mentionner que le film ne partage quasiment rien avec cet ouvrage mythique.
Le résumé nous dévoile le contexte: seuls des morts-vivants, ou peut-être des vampires, subsistent sur Terre. Robert Neville pense être le dernier être humain et il lutte jour après jour pour sa survie : barricader les fenêtres, ne pas sortir dès le coucher du soleil, couvrir ses volets de chapelets d’ails, s’approvisionner quotidiennement en eau et en nourriture, tenter de massacrer le plus de « vampires » dès le lever du jour…
À chaque ligne, on sent la tension qui l’anime et l’angoisse qui l’étreint. Il est seul, rongé par les remords, le passé et la solitude. Il rêve d’en finir, rêve de rencontrer un autre être vivant à qui il pourrait parler, rêve de découvrir ce qui aurait pu causer la destruction de l’espèce humaine. Parfois, il sombre dans l’alcoolisme et le désespoir, mais toujours cet instinct de survie presque animale le retient. Un épisode m’a particulièrement ému : celui du chien.
Moi qui ai toujours un peu fui la SF, je me suis retrouvée complètement accro à cet ouvrage. J’ai adoré passer ces quelques heures avec Robert Neville. Il n’y a pas un seul moment où je me suis ennuyé, pas une seule longueur.
L’auteur a un talent de conteur et maintient le suspens de chapitres en chapitres. Son style d’écriture est très fluide et très agréable. La fin est tout simplement superbe : je suis restée muette de stupeur. Et là, mes neurones frétillaient de joie devant toute la subtilité de l’auteur et toute cette réflexion qu’il nous offre: « C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés« . Je ne vous en dirais pas plus pour vous laisser découvrir ce chef-d’oeuvre !
À lire de toute urgence !

Le monde s’effondre

Fiche identité

  • Titre du livre : Le monde s’effondre
  • Auteur : Chinua Achebe
  • Nombre de pages : 254
  • Édition : Présence africaine
  • Année de publication : 1958

Résumé

Cette histoire se déroule dans un village africain, chez les Ibos. Nous suivons la vie d’Okonkwo, un notable prospère qui doit son succès à sa persévérance. Mais lui et les siens ne se doutent pas que leurs vies voleront bientôt en éclats…

Avis    

Ce livre est souvent décrit comme un des incontournables de la littérature africaine du XXème siècle. Je trouve qu’il mérite pleinement ce qualificatif. Cette histoire fut pour moi une superbe découverte.
Le récit se divise en deux grandes parties. La première raconte la vie quotidienne d’un village ibo nommé Umuofia. Nous suivons les rites, les croyances et les superstitions qui imprègnent chaque moment de leur existence (conflits entre clans, mariages, enterrements, jours de marché, tribunal…). Nous découvrons leurs dieux, les relations dans la famille, la place des hommes et des femmes dans le village, le travail journalier dans les champs. L’auteur nous donne une vision très réaliste du fonctionnement d’un clan sans sombrer dans l’idéalisme ou dans l’utopie. Même si dans l’ensemble la vie sociale dans le village se déroule relativement bien, Chinua Achebe n’hésite pas à pointer du doigt certaines pratiques comme le sacrifice humain ou l’abandon d’enfants jumeaux à leur naissance.
Dans la seconde partie du livre, un événement vient détruire cet équilibre social : l’arrivée des missionnaires blancs et des colons. Ces derniers viennent imposer petit à petit leurs croyances et leurs institutions et menacent les coutumes ancestrales et la cohésion sociale. On voit la société ibo se disloquer et se désagréger sous nos yeux. L’auteur a une vision juste des dégâts causés par la colonisation et la diffusion du christianisme au sein de ces communautés. Il a su décrire avec précision, sans agressivité ni rancune, la disparition progressive des fondements du village d’Umuofia.
J’ai ici un peu de mal à juger le style d’écriture, ce qui explique le 4ème cœur : comme je l’ai lu en anglais, j’ai eu du mal à appréhender une partie du vocabulaire (malgré un dictionnaire très costaud). J’ai trouvé parfois l’ensemble peu fluide, mais ici, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même de ne pas encore maîtriser la langue de Shakespeare. J’ai remarqué aussi qu’au niveau de certains chapitres, j’avais plus l’impression de lire un essai sur la vie des ibos qu’un roman.
En tout cas, je vous recommande fortement ce livre ! To be read ? Of course !!!