Washington Square

Fiche identité

  • Titre du livre : Washington Square
  • Auteur : Henry James
  • Nombre de pages : 283
  • Édition : Liana Levi
  • Année de publication : 1880

Résumé

Le Dr. Sloper, médecin connu à New-York, vit seul avec sa fille Catherine et sa sœur Mrs. Penniman. Hélas, et pour son grand dépit, Catherine possède très peu d’attraits mis à part sa fortune colossale. Lorsqu’un jeune homme, M. Morris Townsend, lui déclare brusquement sa flamme, un drame se noue.

Avis    

C’est avec ce livre que je clos mes lectures de l’année 2014, qui fut riche en découvertes et en émotions.
Le scénario de ce livre semble presque trop basique au premier abord : une jeune fille dépourvue de qualités, mais riche se fait courtiser par un beau jeune homme brillant mais désargenté et paresseux. Mais, détrompez-vous, si l’intrigue en elle-même est mineure, la relation entre les personnages rend ce roman unique, avec une psychologie profonde et une lucidité et cruauté impitoyable. Les machinations des uns et des autres, leurs motivations profondes et leurs maladresses vont causer un tort irrémédiable à Catherine.
Pour moi, le moins pire dans cette histoire est Morris Townsend même s’il joue avec la candeur et la naïveté de Catherine. En effet, ses motivations sont claires dès le début, c’est-à-dire se marier avec une jeune fille riche bien qu’insipide, mais qui lui assurera un avenir confortable jusqu’à la fin de ces jours.
Quant à Mrs. Penniman, cette vieille bique aigrie, toquée et fantasque m’a beaucoup énervé !!! Au lieu de protéger sa nièce, cette folle stupide empire les choses en se compromettant avec Morris, sans tact ni finesse ni réflexion. Son but était de vivre par procuration cette romance, de jouer un rôle grandiose dans cette histoire naissante pour assouvir son imagination débridée et mettre un peu de piquant dans sa vie désœuvrée et monotone. Mais que de dégâts causés ! Que de gâchis ! Elle mériterait d’être enfermée, je vous jure ! Pff !
Mais le personnage le plus cruel reste à mes yeux le Dr. Sloper. C’est un homme tyrannique qui méprise la simplicité de sa fille et qui joue avec ses sentiments : il fera tout pour la blesser, la provoquer et l’humilier pas parce qu’il tient absolument à sa fortune, mais surtout pour prouver que son jugement était correct. Il se considère comme un bon juge de la nature humaine, mais à force de tirer sur la corde, elle finit par se casser définitivement.
Le style d’écriture est riche, parfois un peu lourd, mais reste accessible.
Vous l’avez compris, ce livre a suscité divers émotions chez moi et c’est ce qui est merveilleux dans la lecture. C’est un livre que je vous recommande !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Daisy MillerLe tour d’écrou

Hamlet

Fiche identité

  • Titre du livre : Hamlet
  • Auteur : William Shakespeare
  • Nombre de pages : 127
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 1601

Résumé

Une nuit, le fantôme de son défunt père apparaît à Hamlet et lui réclame une vengeance, car son frère l’a empoisonné pour ensuite s’emparer du royaume et épouser sa veuve.

Avis          

Ce serait présomptueux de ma part de vous proposer une analyse d’Hamlet, car tant d’ouvrages sérieux existent déjà sur ce sujet. Tout a déjà été dit ; chaque ligne a été méticuleusement disséquée, interprétée et analysée et cette fameuse tirade « Être ou ne pas être » a été utilisée à toutes les sauces.
Il s’agit ici de mon humble avis face au génie de Shakespeare que je mesure peut-être pour la première fois. Lorsque le spectre de son père vient lui réclamer vengeance, Hamlet est tourmenté par ce qu’il doit faire : est-il lâche ? Est-il fou ou simule-t-il son état pour mieux réaliser ses desseins ? À vrai dire, je ne sais pas trop.
En tout cas, cette situation le sépare de ses semblables, l’isole et le tourmente profondément. De là, viennent ses doutes, son questionnement sur le sens de la vie et de la mort : à quoi sert de vivre, de lutter et de s’acharner à gagner mille et une fortune puisque notre destin est inéluctable. Nous deviendrons tous, sans exception, des corps pourris sous terre, nourriture des vers et poussière du chemin. La mort nous met tous sur un pied d’égalité, riche comme pauvre… Vu comme ça, il y a de quoi être désemparé non ?
J’ai aimé comment la tragédie est menée, comment les événements s’enchaînent jusqu’à son point culminant. Deux scènes sont particulièrement remarquables à mes yeux : sa célèbre tirade ainsi que celle avec Horatio et le fossoyeur.
L’auteur a une plume riche, poétique, où se mêlent parties tragiques et scènes comiques, où un ton plein d’humour et de finesse vient adoucir des passages complexes.
Pourquoi pas le 5ème cœur ? Parce que je l’ai lu en version française, ce qui est préjudiciable, car toute traduction est imparfaite et dénature un peu le texte.
À lire ? Bien évidemment, ne serait-ce que pour votre culture générale.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog :  Le songe d’une nuit d’étéMacbethOthelloRoméo et Juliette