La perle et la coquille

Fiche identité

  • Titre du livre : La perle et la coquille
  • Auteur : Nadia Hashimi
  • Nombre de pages : 576
  • Édition : Milady
  • Année de publication : 2014

Résumé

Cette histoire se déroule en Afghanistan. Rahima et ses quatre sœurs n’ont plus le droit de quitter la maison, même pour aller à l’école. Leur mère et leur tante décident de transformer Rahima en « bacha posh », c’est-à-dire en la travestissant en garçon, pour qu’elle puisse aider à la maison. Mais, malheureusement elle se fait remarquer par un chef de guerre et son destin ainsi que celle de ses deux sœurs basculent lorsqu’elles sont mariées de force.

Avis       

Cette histoire fictive est émouvante et raconte le sort des femmes en Afghanistan. Le récit se fait en deux voix : d’abord celle de Rahima, une fille de treize ans, qui est transformée en « bacha posh » ; ensuite celle de Shekiba, son arrière-arrière-grand-mère qui a également traversé de multiples tribulations.
Pour résumer, les conditions de vie des femmes sont lamentables et au-delà de toute décence humaine : naître femme est une malédiction, un malheur. Aucun espoir de vie meilleure ne les attend. Être scolarisé est un défi surtout si elles doivent aller seules à l’école et subir les persécutions et les taquineries des garçons ; ensuite, vient le mariage à un très jeune âge, quasiment au début de leur puberté. Pour quelques billets, elles sont mariées sans leur consentement à des hommes nettement plus âgés qu’elle. L’intégration dans leur belle-famille peut bien se passer ou non, selon le nombre de femmes que l’époux a déjà, les jalousies internes et la cruauté et tyrannie de la belle-mère. Corvéables à merci, disponibles pour leur mari, elles sont emmurées dans leur nouveau foyer et ne peuvent plus y sortir. Leur seul espoir est de mettre au monde un fils et de bénéficier ainsi de plus de considération.

Le destin de Rahima ressemble à ce récit. Celui de Shekiba, son ancêtre, est sensiblement le même, et ce récit sur deux époques distantes de près d’un siècle nous montre à quel point rien n’a changé. Moi qui croyais que le régime des talibans a été la source de conditions de vie déplorables des femmes, je me suis trompée.
Le style d’écriture est fluide, agréable et se lit bien. Pourquoi je n’ai pas mis le 5ème cœur ? Malgré ce récit poignant, je trouve qu’il manque une légère dose d’émotions, qui aurait pu rendre les personnages encore plus attachants. Je ne sais pas comment l’exprimer, mais parfois, l’auteur joue un peu trop sur le côté manichéen et cruel des personnages, que rien ne vient contrebalancer et qui donne parfois un ton trop simpliste au récit.
Pour conclure, c’est une belle découverte que je vous recommande vivement !

Sur la plage de Chesil

Fiche identité

  • Titre du livre : Sur la plage de Chesil
  • Auteur : Ian McEwan
  • Nombre de pages : 192
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 2007

Résumé

Le soir de leur mariage, Edouard et Florence se retrouvent seuls dans une auberge pour passer leur lune de miel. Mais ils sont plein d’appréhension et de doute, car ils sont tous les deux inexpérimentés sur le sujet.

Avis          

Pour bien commencer l’année, choisissons un auteur qu’on apprécie ! Voici un livre de Ian McEwan, court, mais particulièrement bien écrit, qui évoque un sujet, qui à notre époque, semblerait totalement stupide.
Un jeune couple, Edouard et Florence, mariés depuis quelques heures, se retrouvent dans leur chambre nuptiale. Tous les deux sont inexpérimentés et redoutent cette étape de leur relation amoureuse. La soirée avance à petit pas, avec des tentatives d’approche, des gestes maladroits et gauches jusqu’au point culminant qui se résume au fiasco total de leur nuit de noces. En soi, ce n’est pas si dramatique, mais il faut le voir selon le contexte historique et personnel de chaque protagoniste.
Nous sommes au début des années 60, et la sexualité reste encore un sujet tabou pour la plupart des gens. En alternant les points de vue, l’auteur nous permet un retour sur le passé de chacun des personnages et les faits qui ont façonné leur caractère. Edouard a une mère qui a des troubles psychiatriques et a vécu une vie insipide et terne dans la campagne anglaise, et même à Londres lors de sa vie d’étudiant. Florence, élevée dans une famille aisée et intellectuelle, est passionnée de musique, mais sa mère n’a jamais eu de gestes affectueux envers elle. Florence reconnaît sa peur du contact sensuel et est très inhibée (pour ne pas dire frigide).
Le style d’écriture est incisif et l’auteur décrit avec brio leur maladresse, leur manque de communication et aussi le décalage entre leurs pensées et leurs actions. Le texte est court et se lit plutôt bien. Lorsqu’on ressort du bouquin, on soupire après tout ce gâchis et ce silence stupide.
Bon, pour conclure, une bonne lecture pour démarrer l’année !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Amsterdam – Dans une coque de noixExpiationLes chiens noirs – L’intérêt de l’enfantSamedi