Splendeurs et misères des courtisanes

Fiche identité

  • Titre du livre : Splendeurs et misères des courtisanes
  • Auteur : Honoré de Balzac
  • Nombre de pages : 694
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1838

Résumé

Lucien revient à Paris avec l’abbé Carlos Herrera, plus ambitieux que jamais.

Avis          

Six mois se sont écoulés depuis que j’ai lu Illusions perdues, mais ce cher Lucien est toujours resté quelque part dans mes pensées, et je me suis souvent demandé qu’est-ce qu’il est devenu.
Et le voilà qui revient à Paris triomphant et riche, au grand étonnement de tous. Il récupère son titre de Rubempré, s’attire l’affection de quelques grandes dames aristocrates et songe même à en épouser une.
Dans ce récit, nous avons une multitude de personnages, mais Balzac les a chacun extrêmement bien travaillé. Son talent réside dans le fait qu’on ressent pour chaque personnage une émotion différente. Lors de la lecture, on a vraiment l’impression de les côtoyer, de connaître leurs états d’âme et de partager un bout de leur existence fictive.
Il y a d’abord Lucien, pour lequel j’ai toujours eu des sentiments partagés entre l’indulgence – étant donné tous ses déboires depuis ses débuts à Angoulême – et l’agacement face à son caractère égoïste, inconstant, faible et ambitieux. Je lui reproche encore et toujours sa paresse et sa vanité, qui le perdront ! Et quel échec, mais chut, je n’en dirais pas plus ! D’ailleurs, il s’efface un peu dans cette histoire au profit de l’abbé Carlos Herrera, alias Jacques Collin, alias Vautrin, alias Trompe-la-mort, qui à mes yeux est le personnage principal. Sous ces différentes identités se cache un des personnages les plus diaboliques et cruels que j’ai rencontré dans mes lectures.
Le titre parle des courtisanes, mais celle qu’on ne saurait oublier ici est Esther. Je n’ai ressenti que de la pitié pour cette pauvre créature, aveuglée par l’amour et en même temps l’objet des machinations machiavéliques et des convoitises de tout le monde !
Balzac taillade toute cette société parisienne du XIXème siècle et leurs faiblesses : comment ne pas trouver ridicule le baron Nucingen, qui croit acheter choses et gens avec son argent, mais qui est pris dans les affres de la passion amoureuse ? Et même, ces maris et femmes, qui restent stoïques, voire indifférents, devant l’adultère avéré de leur conjoint ?
Il nous décrit aussi minutieusement le système judiciaire et le droit criminel de l’époque, l’argot des rues, les conditions de vie des courtisanes, etc. Sur ce point, il me rappelle un peu les sujets évoqués par Victor Hugo dans Les Misérables, mais la poésie et la plume engagée en moins.
Le style d’écriture est très riche, grandiloquent, fouillé mais complexe. Ce ne fut pas facile tout le temps, même pour moi, lecteur aguerri, d’autant plus que le rythme était lent, les descriptions plus détaillées et longues. Seuls deux aspects m’ont agacé : le style allemand-juif contrefait par Balzac pour le baron Nucingen, et les multiples allusions à ces autres ouvrages.
Si je n’ai pas été aussi époustouflé que le premier tome, je garderai de très bons souvenirs de cette lecture. À lire ? Oui, si vous aimez l’univers balzacien !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Eugénie GrandetIllusions perduesLa duchesse de LangeaisLe bal de Sceaux – Le colonel ChabertLe père Goriot – Les employésUrsule Mirouët

Le liseur du 6h27

Fiche identité

  • Titre du livre : Le liseur du 6h27
  • Auteur : Jean-Paul Didierlaurent
  • Nombre de pages : 217
  • Édition : Au diable vauvert
  • Année de publication : 2014

Résumé

Guylain Vignolles mène une existence des plus ternes : écœuré par son travail dans une usine qui broie des livres, complexé par son nom depuis sa plus tendre enfance, sa seule manie est de lire, le matin dans le RER du 6h27, quelques feuillets sauvés du massacre.

Avis    

Malgré les milliers de kilomètres de distance, je me suis fait happée par le buzz médiatique. Je n’ai lu que des éloges sur ce livre et j’espérais quelque chose de positif, mais hélas quelle déception ! Mais alors, je suis vraiment dépitée !
D’abord, cette histoire présente des similitudes étonnantes – pour ne pas dire suspectes – avec le roman Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal, un écrivain tchèque que j’ai lu il y a un an et demi. Les deux livres commencent presque de la même manière : un homme, confronté à la solitude, et qui travaille dans une presse qui broie des livres. Tout comme Hanta, Guylain déteste son travail et tout comme lui, ce dernier s’approprie quelques feuillets en cachette et les lit. Je ne vais pas vous citer ici toutes les ressemblances, mais certaines sont flagrantes.
Mais là où l’écrivain tchèque met une ambiance qui nous rend mal à l’aise, l’auteur ici bifurque vers une histoire conventionnelle, fleur bleue et mièvre. C’est un conte de fées moderne, gnangnan à souhait avec des personnages stéréotypés, plats et superficiels. Et bien sûr, il y a ce détestable cliché de « la fille qui attend sagement que le prince charmant vienne la chercher dans son palais ». Je vous jure que ce type de schéma me met hors de moi !!!
La construction du récit est bancale, car le début est complètement déconnecté de la suite : la machine Zerstor 500, qui est décrite comme un animal avide et féroce, n’est plus qu’une ombre dans le tableau et à ma grande déception, n’intervient quasiment pas. En fait, je ne comprends même pas pourquoi l’auteur est entré dans autant de détails sur la vie professionnelle de Guylain pour ensuite abandonner cette piste.
Je note quand même un style d’écriture agréable, une plume fluide qui aurait pu donner un récit d’envergure, mais qui malheureusement s’est laissé aller dans la facilité du conformisme littéraire ! Pour résumer, ce fut une lecture rapide qui ne laisse pas un souvenir impérissable !