Le colonel Chabert

Fiche identité

  • Titre du livre: Le colonel Chabert
  • Auteur: Honoré de Balzac
  • Nombre de pages: 208
  • Édition: Gallimard

Résumé

Le colonel Chabert a été déclaré mort il y a plusieurs années de cela, à la bataille d’Eylau. Mais gravement blessé, et enterré vif, il finit par s’en sortir miraculeusement et retourne tant bien que mal à Paris pour réclamer son identité et ses droits.

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En ce moment, je suis dans ma veine classique, et après avoir longtemps hésité, j’ai choisi de continuer à découvrir le génie de Balzac à travers ce petit roman.
Le résumé est clair mais voici ce que je rajouterai : le colonel Chabert, à son retour à Paris, s’adresse à un avoué, M. Derville, qui par charité, l’aidera.
Mais quelle désillusion pour ce pauvre soldat ! Il arrive dans un Paris où des changements politiques ont eu lieu : adieu Napoléon et retour à la Restauration, autant dire que les soldats de son type ne sont plus les bienvenus. En plus, du temps s’est écoulé : l’administration le juge mort et enterré et ne souhaite pas étudier son cas ; sa femme s’est remariée et détient une large partie de sa fortune. Lui qui croyait être accueilli comme un héros, le voilà considéré comme un paria, un homme dont la présence gêne plus qu’elle n’arrange. La justice elle-même semble être source de complications : a-t-il le droit, ou même la légitimité, de retrouver son nom, sa femme et sa fortune ? A priori oui, mais non…
Chabert est décrit par l’auteur comme un être passif, un soldat habitué aux règles militaires et qui se retrouve perdu dans la vie en société. Son sacrifice à la guerre n’est payé en retour que par de l’ignorance et par des tromperies de son ancienne épouse. Mais il m’a quand même agacé : je l’ai trouvé naïf, candide, généreux au point d’être stupide. Il souhaite rester honorable, méprise sa femme mais à quel prix ! Pourquoi ne pas avoir au moins lutter pour récupérer une partie de sa fortune ?
Par son attitude, il me rappelle vaguement le père Goriot, tout aussi intègre mais faible, aveugle et bête. Je suis peut-être cynique mais à quoi sert l’honneur si on est réduit à vivre comme un mendiant ? Si le droit est avec nous mais qu’on y renonce, qu’on l’abandonne pour des grands principes « dans les nuages » ? Bref, j’arrête de polémiquer et je retrouve mon calme!
Le style d’écriture est très riche, soutenu, avec cette fois-ci un vocabulaire spécifiquement juridique à un certain moment qui peut se révéler ardu. Les premières pages – comme tous les Balzac lus à ce jour – semblent compliquées, mais il faut persévérer un peu et ne pas abandonner tout de suite.
A lire ? Oui quand même car il est court  et parce que c’est écrit par Balzac, ce grand génie !

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