Splendeurs et misères des courtisanes

Fiche identité

  • Titre du livre: Splendeurs et misères des courtisanes
  • Auteur: Honoré de Balzac
  • Nombre de pages: 694
  • Édition: Gallimard

Résumé

Lucien revient à Paris avec l’abbé Carlos Herrera, plus ambitieux que jamais.

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Six mois se sont écoulés depuis que j’ai lu Illusions perdues, mais ce cher Lucien est toujours resté quelque part dans mes pensées, et je me suis souvent demandé qu’est-ce qu’il est devenu.
Et le voilà qui revient à Paris triomphant et riche, au grand étonnement de tous. Il récupère son titre de Rubempré, s’attire l’affection de quelques grandes dames aristocrates et songe même à en épouser une.
Dans ce récit, nous avons une multitude de personnages, mais Balzac les a chacun extrêmement bien travaillé. Son talent réside dans le fait qu’on ressent pour chaque personnage une émotion différente. Lors de la lecture, on a vraiment l’impression de les côtoyer, de connaître leurs états d’âme et de partager un bout de leur existence fictive.
Il y a d’abord Lucien, pour lequel j’ai toujours eu des sentiments partagés entre l’indulgence – étant donné tous ses déboires depuis ses débuts à Angoulême – et l’agacement face à son caractère égoïste, inconstant, faible et ambitieux. Je lui reproche encore et toujours sa paresse et sa vanité, qui le perdront ! Et quel échec, mais chut je n’en dirais pas plus ! D’ailleurs, il s’efface un peu dans cette histoire au profit de l’abbé Carlos Herrera, alias Jacques Collin, alias Vautrin, alias Trompe-la-mort, qui à mes yeux est le personnage principal. Sous ces différentes identités se cache un des personnages les plus diaboliques et cruels que j’ai rencontré dans mes lectures.
Le titre parle des courtisanes, mais celle qu’on ne saurait oublier ici est Esther. Je n’ai ressenti que de la pitié pour cette pauvre créature, aveuglée par l’amour et en même temps l’objet des machinations machiavéliques et des convoitises de tout le monde !
Balzac taillade toute cette société parisienne du XIXème siècle et leurs faiblesses: comment ne pas trouver ridicule le baron Nucingen, qui croit acheter choses et gens avec son argent mais qui est pris dans les affres de la passion amoureuse ? Et même, ces maris et femmes, qui restent stoïques, voire indifférents, devant l’adultère avéré de leur conjoint ?
Il nous décrit aussi minutieusement le système judiciaire et le droit criminel de l’époque, l’argot des rues, les conditions de vie des courtisanes etc. Sur ce point, il me rappelle un peu les sujets évoqués par Victor Hugo dans Les Misérables, mais la poésie et la plume engagée en moins.
Le style d’écriture est très riche, grandiloquent, fouillé mais complexe. Ce ne fut pas facile tout le temps, même pour moi, lecteur aguerri, d’autant plus que le rythme était lent, les descriptions plus détaillées et longues. Seuls deux aspects m’ont agacé: le style allemand-juif contrefait par Balzac pour le baron Nucingen, et les multiples allusions à ces autres ouvrages.
Si je n’ai pas été aussi époustouflé que le premier tome, je garderai de très bons souvenirs de cette lecture. A lire ? Oui si vous aimez l’univers balzacien !

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