Eugénie Grandet

Fiche identité

  • Titre du livre: Eugénie Grandet
  • Auteur: Honoré de Balzac
  • Nombre de pages: 282
  • Édition: Pocket
  • Année de publication: 1833

Résumé

M. Grandet est un riche vigneron vivant dans le village de Saumur. Habile homme d’affaires, il est aussi très avare et vit très modestement avec sa femme, sa fille Eugénie et leur servante Nanon. Dans la ville, certaines familles se disputent pour pouvoir épouser la riche héritière mais un soir, le jour d’anniversaire d’Eugénie, son cousin Charles débarque inopinément de Paris.

Avis       

Ce livre m’a été recommandé par une amie et je la remercie vivement d’avoir insisté pour que je le lise. C’est aussi le premier roman de Balzac que je lis donc mon commentaire risque d’être long.
Dès le début du livre, j’étais rebutée par les longues descriptions et il a fallu que je m’y prenne deux à trois fois avant de m’insérer totalement dans l’histoire. Malgré tous les éloges faits sur cet auteur, je n’aime définitivement pas son style d’écriture, surtout sa façon de décrire les paysages ou le décor. J’ai l’impression qu’il s’attarde beaucoup sur des petits détails inutiles et superflus. Néanmoins, cet aspect n’a pas gâché l’ensemble de la lecture. 
Au-delà de l’histoire d’amour bien triste qui se noue entre Eugénie et Charles, le thème principal du livre reste l’argent, personnifié par M. Grandet. Dans mes lectures, j’ai déjà rencontré des personnages cruels mais celui-ci est le plus détestable et exécrable : c’est un être avide, avare, égoïste, despotique, totalement obnubilé par l’argent et capable de tout pour arriver à ses fins.
Si au début du livre j’ai ressenti de l’attachement pour Eugénie avec sa candeur, sa naïveté et sa simplicité, vers la fin elle m’a déçue, comme si l’héritage l’avait en quelque sorte corrompu et rendu mauvaise. Certes, son geste était généreux mais j’y ai quand même senti un arrière-goût de rancœur et d’amertume.
A travers cet ouvrage, l’auteur nous montre aussi un monde qui change et qui évolue vers un capitalisme où règne la loi du plus fort et du plus malin. Même si l’ouvrage a été écrit en 1833, il a des accents très contemporains, comme en témoigne ce paragraphe : « les avares ne croient pas à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une terrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique, les mœurs. Institutions, livres, hommes et doctrines, tout conspire à miner la croyance d’une vie future sur laquelle l’édifice social est appuyé depuis dix-huit cent ans. Maintenant, le cercueil est une transition peu redoutée. L’avenir, qui nous attendait par delà le requiem a été transposé dans le présent. Arriver per fas et nefas au paradis terrestre du luxe et des jouissances vaniteuses, pétrifier son cœur et se macérer le corps en vue de possessions passagères, comme on souffrait jadis le martyre de la vie en vu de biens éternels, est la pensée générale ! pensée d’ailleurs écrite partout, jusque dans les lois, qui demandent au législateur : « Que paies-tu ? » au lieu de lui dire « Que penses-tu ? ». Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? »

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