La nuit du renard

Fiche identité

  • Titre du livre: La nuit du renard
  • Auteur: Mary Higgins Clark
  • Nombre de pages: 320
  • Édition: Le livre de poche
  • Année de publication: 1977

Résumé

Neil et Sharon Martin, la petite amie de son père, sont mystérieusement kidnappés par un homme qui exige une rançon. Mais, pure coïncidence ou effet prémédité, demain sera le jour de la condamnation à mort sur la chaise électrique de Ronald Thompson, un jeune homme de dix-neuf ans accusé du meurtre de Nina, la maman de Neil….

Avis    

Récemment je vous parlais d’un projet. Il est toujours en cours mais j’ai tendance à l’interrompre pour des ouvrages que je qualifierai de plus « accessible ». C’est ainsi que deux ans après, j’attaque ce célèbre livre de Mary Higgins Clark, récompensé par le Grand prix de la littérature policière en 1980. Je suis toujours sceptique quand une récompense est attribuée à un livre mais, mes réticences se sont évanouies au fur et à mesure de la lecture.
Nous sommes plongés dans un thriller haletant, une course contre la montre pour démasquer le ravisseur. Habituée aux romans tordus d’Agatha Christie, j’ai rapidement deviné qui était le coupable car l’auteur laisse une quantité d’indices flagrants. L’attention tient surtout au suspens distillé par l’auteur car les enquêteurs n’ont qu’une vue partielle des évènements, contrairement aux lecteurs privilégiés qui connaissent dans le menu détail les faits et gestes du criminel.
Je regrette que la psychologie du ravisseur soit moins fouillée. Il aurait été intéressant de connaître l’origine de ces pulsions. Les autres personnages sont assez superficiels mais ce n’est pas gênant, compte tenu des multiples rebondissements.
Le style d’écriture est fluide, léger et agréable. Une fois commencé, on ne peut plus le lâcher car on a envie de connaître la fin. Un bon polar à lire dans un parc ensoleillé ou sous un parasol à la plage !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Dans la rue où vit celle que j’aimeTu m’appartiens

Daisy Miller

Fiche identité

  • Titre du livre: Daisy Miller
  • Auteur: Henry James
  • Nombre de pages: 98
  • Édition: Gallimard
  • Année de publication: 1879

Résumé

Lors d’un séjour à Vevey en Suisse, Mr. Wintebourne, un jeune Américain expatrié depuis un moment, rencontre Daisy Miller, une de ses compatriotes venue passer des vacances en Europe.

Avis    

Je suis en ce moment dans un livre gigantesque et je demande si j’arriverai un jour à bout de ce projet insensé. Voici un aperçu : environ 1 000 pages, écrit sur un papier très fin made in Pléiade dans une police si minuscule que l’achat d’une loupe s’avère nécessaire.
Pour ne pas aggraver ma myopie, et surtout, pour me changer de temps en temps les idées, je papillonne ici et là vers des ouvrages plus courts. Ce livre d’Henry James répondait parfaitement à ce critère. J’espérais qu’il  gommerait aussi l’avis mitigé que j’ai eu sur cet auteur mais, l’effet inverse s’est produit.
Son style d’écriture ne me plaît pas sans que j’arrive à discerner la cause. J’ai l’impression d’entendre un homme raide et guindé mélanger un langage soutenu avec un ton très moderne. Les coupures de ses phrases sont brutales, les dialogues sont creux  et l’ensemble manque cruellement de fluidité. Il utilise beaucoup de non-dits au point qu’il faut savoir lire adroitement entre les lignes pour comprendre les relations qui se nouent entre les différents personnages.
Généralement une histoire d’amour naît quand deux jeunes gens se rencontrent inopinément. Mais, ici l’auteur va plus loin. Il oppose les mœurs libérées de Daisy Miller aux dogmes rigides de la société européenne du XIXème siècle. Son comportement m’étonne un peu car dans l’ouvrage d’Edith Wharton intitulé Le temps de l’innocence, j’ai cru comprendre que la société américaine du XIXème siècle était encore plus stricte.
Cette jeune demoiselle, soit par insouciance ou par pure provocation, refuse de se plier aux traditions et aux convenances. Il faut savoir qu’à cette époque, se balader dans la rue avec un homme pouvait à jamais entacher la réputation d’une jeune fille. Mais je ne l’ai trouvé ni sympathique ni attachante : sa rébellion est la conséquence de son caractère frivole, léger et irréfléchi. C’est par pure bêtise qu’elle se retrouvera dans cette position délicate et non pas parce qu’elle avait une idée plus moderne et plus juste de la société.
Winterbourne, lui, m’a paru lâche. Je sentais qu’il était divisé entre son attirance pour Daisy qui se brûlait les ailes et son attachement aux valeurs morales de la société. J’avais l’impression qu’il voulait imposer son autorité sur cette pauvre créature bête et innocente et que sa frustration venait du fait qu’il n’y arrivait pas.
Néanmoins, l’histoire, relativement courte, entraîne une succession d’évènements trop rapides. A peine a-t-on cligné une ou deux fois les  yeux qu’on se retrouve déjà vers une fin  brusque qui laisse un arrière-goût moralisateur : l’ordre est rétablie lorsque le destin frappe soudainement la fautive. J’aurai préféré une fin plus osée et romantique. Que retenir ? Remercions le ciel d’être né(e) au XXIème siècle  dans un pays moderne et libéré de ces codes absurdes !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Le tour d’écrouWashington Square