Chez les heureux du monde

Fiche identité

  • Titre du livre: Chez les heureux du monde
  • Auteur: Edith Wharton
  • Nombre de pages: 441
  • Édition: Le livre de poche
  • Année de publication: 1905

Résumé

Lily Bart est une jeune femme ayant toujours vécue dans la haute et riche société new-yorkaise. Un revers de fortune la rend non seulement ruinée mais orpheline. Lily, à l’âge où il est temps de se marier, cherche à tout prix un parti convenable, susceptible de maintenir son train de vie luxueux. Mais…

Avis    

J’ai juste été foudroyée par ce livre d’Edith Wharton, auteur dont j’avais apprécié moyennement les ouvrages jusqu’à ce jour. Ce récit fut pour moi un coup de cœur phénoménal et inoubliable !
Nous suivons Lily Bart, jeune fille évoluant dans la haute société new-yorkaise où tout n’est que bals, dîners et soirées mondaines, voyages sur la Riviera et projets de mariage pour les jeunes filles. Lily y est dans son élément et il lui suffirait d’un mariage riche pour assurer son avenir d’orpheline ruinée. Mais, ces projets se heurtent à l’attirance qu’elle éprouve pour M. Selden et les doutes qu’elles éprouvent de temps en temps face à ce milieu où elle a toujours vécu. Même si elle est hautaine, orgueilleuse, imbue d’elle-même et pétrie d’autres défauts, je me suis énormément attachée à Lily, peut-être parce qu’au fond d’elle, j’ai senti qu’elle aurait pu être quelqu’un de différent. Malheureusement, elle est le pur produit de la société qui l’a façonnée.
Je ne souhaite rien dévoiler pour vous laisser tout le loisir de découvrir ce livre splendide. Il s’agit de l’histoire d’une déchéance, de la descente aux enfers causée par quelques décisions – peut-être erronées de l’héroïne (mais ici c’est à chacun de juger) – et surtout par la cruauté de la société.
En effet, derrière le vernis éclatant et les apparences se cachent un monde impitoyable, cruel, égoïste et mesquin. Tout n’est basé que sur les convenances, l’hypocrisie, le souci de préserver les apparences et la poursuite d’une situation encore plus enviable. L’argent est le moteur mais surtout le poison de cette cage dorée. Ce qui est fascinant est que l’univers que décrit Edith Wharton n’a pas vraiment changé, que le nature humaine reste la même et que l’argent continue à être le fléau de notre société moderne. 
Le style d’écriture est très riche, avec de longues et belles phrases. Il faut les lire tout doucement, les savourer, les croquer une à une car certaines sont de vraies perles. En plus, on sent une ironie féroce derrière, une critique acerbe de cette société new-yorkaise matérialiste et hypocrite. 
En sortant de cette lecture j’ai eu les larmes aux yeux, et je me suis remémorée la source du titre (en anglais : The house of mirth), issue de ce verset biblique (Ecclésiaste 7.4) : « Le cœur du sage est dans la maison du deuil, mais le cœur des insensés est dans la maison de liesse ». Et vous, dans quel maison êtes-vous ? A lire de tout urgence !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Ethan FromeLe temps de l’innocence

Prince de sang

Fiche identité

  • Titre du livre: Prince de sang (Tome 1 de l’Entre-deux guerres)
  • Auteur: Raymond Feist
  • Nombre de pages: 540
  • Édition: J’ai lu
  • Année de publication: 1989

Résumé

Vingt ans se sont écoulés depuis les épisodes de la Guerre de la faille. Le royaume de Krondor vit dans la prospérité et la paix. Pour préparer ses deux enfants aux charges qui incombent aux souverains, le prince Arutha les envoie en mission diplomatique dans l’empire de Kesh.

Avis    

Après les trois tomes de la guerre de la faille, suivi de La trilogie de l’Empire, nous retournons de nouveau dans le royaume de Krondor. Ce tome m’a beaucoup déçu car j’ai trouvé l’intrigue vraiment minimaliste. En résumé, deux jeunes princes se retrouvent mêlés à une succession d’aventures et d’intrigues dans l’empire de Kesh. L’auteur écarte petit à petit ceux qui jouaient un rôle prépondérant dans la Guerre de la faille pour introduire de nouveaux personnages principaux : Borric et Erland, les deux fils du prince Arutha. Malheureusement, ces derniers sont très prévisibles, plats, sans réel charisme. Ce sont plutôt deux adolescents turbulents, foufous et insolents qui doivent apprendre, parfois malgré eux, les responsabilités futures qui les incombent. Heureusement, les personnages secondaires sont nettement plus sympathiques et arrivent à relever le niveau sinon j’aurai mis une note plus basse. On devine aisément ce qui va se passer et il n’y a pas de surprise particulière dans le récit.
Ce livre est aussi l’occasion de découvrir l’empire de Kesh, plusieurs fois mentionné dans les autres livres. Cet empire est très fortement inspiré d’un univers oriental et exotique, des Mille et une nuits en quelque sorte.
Le succès de Feist s’explique sûrement par le fait qu’il arrive à créer un univers fantasy peu éloigné de la réalité et à utiliser des ingrédients qui ont déjà fait leurs preuves et à y distiller un brin de combats, de complots et d’humour.
Le style d’écriture est simple et le livre se lit relativement vite. Mais il n’a pas la saveur des premiers romans de Feist. C’est juste un ersatz de ces principaux chefs-d’œuvre ! Dommage !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La trilogie de l’Empire (Tome 1 à 3)Le boucanier du roiMagicienSilverthorn – Ténèbres sur Séthanon