Elle s’appelait Sarah

Fiche identité

  • Titre du livre : Elle s’appelait Sarah
  • Auteur : Tatiana de Rosnay
  • Nombre de pages : 356
  • Édition : Héloïse d’Ormesson
  • Année de publication : 2006

Résumé

Julia Jarmond est une journaliste américaine, mariée à un Français. Lors de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv, son supérieur lui demande d’écrire un article sur cette date historique. De fil en aiguille, ses recherches vont aboutir à Sarah, une jeune fille juive qui a subi, comme toutes les familles juives de cette période, un long et terrible calvaire. Mais en déterrant la vérité, Julia risque de mettre le doigt sur des secrets bien enfouis…

Avis          

Bien que les personnages soient purement fictifs, les faits, eux, ont réellement existé. Cette rafle, du nom du Vélodrome d’Hiver situé à Paris dans le 15ème arrondissement (il n’existe plus actuellement), est une page de l’histoire française qu’il ne faut pas oublier. Que s’est-il passé ce 16 juillet 1942 ? Des familles juives ont été emmenées de force par la police française et ont été enfermées pendant plusieurs jours dans le Vélodrome d’Hiver. Traitées comme des bêtes, sans nourriture et sans eau, certaines personnes y ont trouvé la mort. Mais la majorité a été déportée dans des camps de concentration français où les enfants ont été séparés violemment de leurs parents. Ces derniers ont ensuite été déportés à Auschwitz.
Ce livre nous parle de cet événement précis dans un style d’écriture correct et agréable. Il est très émouvant et j’ai  eu plusieurs fois les larmes aux yeux en lisant certains passages qui sont vraiment très durs. On suit le cheminement de Sarah, qui symbolise tous ces enfants déportés. Plusieurs questions se bousculaient dans ma tête en lisant cet ouvrage : pourquoi cette horreur ? Pourquoi cette soumission des autres Français face à tout ce qui se passait devant leurs yeux ? Était-ce la peur qui les retenait ou autre chose ? Personnellement, je n’en sais rien et ce blog n’a pas pour vocation de juger qui que ce soit. Seulement, il est important de se souvenir du passé pour ne pas commettre les mêmes erreurs dans le futur.
Et le 5ème coeur, où est-il ? À un certain moment du livre, l’auteur se focalise trop sur les émotions de la journaliste, et ça rend l’histoire un peu bancale. Je n’ai pas beaucoup aimé le parallèle entre la vie contemporaine de Julia et celle de Sarah, et l’auteur aurait pu en rester à Sarah au lieu de faire une fin à « l’américaine ».
Si vous cherchez des livres sur le même thème, mais encore plus poignant car il s’agit d’un témoignage véridique, je vous recommande l’ouvrage de Primo Levi.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Boomerang 

Imprimatur

Fiche identité

  • Titre du livre : Imprimatur
  • Auteur : Monaldi & Sorti
  • Nombre de pages : 850
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 2002

Résumé

Cette histoire se déroule au XVIIème siècle. Dans une auberge, un étrange décès a eu lieu : les autorités soupçonnent la peste. Tous les pensionnaires de cet établissement, par mesure de sûreté, y sont donc enfermés et mis en quarantaine. Atto Melani, abbé mais aussi espion de Louis XIV, pense que c’est un empoisonnement et il va tenter de dénouer cette histoire. Il sera secondé par un apprenti, à qui il va non seulement inculquer des leçons d’histoire, mais aussi  dévoiler les intrigues et les secrets politiques de cette époque.

Avis    

L’épaisseur de ce livre m’a directement attiré, comme un aimant. Sans rien connaître de l’auteur ni même de l’intrigue, je l’ai emprunté à la bibliothèque. Et quelle magnifique découverte (comme quoi le hasard fait souvent bien les choses) ! Les descriptions, qui sont magnifiques, très riches et bien fournies, nous transportent dans une autre époque, celui d’un pan entier du XVIIème siècle. Tout est décrit avec minutie, même si parfois trop de détails tuent l’intrigue : on découvre avec délice la musique, la peinture, la médecine, l’astrologie et surtout les intrigues politiques.
L’histoire ressemble un peu au Da vinci code, le côté thriller et américain en moins. L’accent est plutôt mis sur les aspects et les enjeux historiques, et il faut noter que ces auteurs ont fait dix ans de recherches avant d’écrire ce livre. Sans vous raconter toute l’intrigue, c’est le rôle plutôt sombre –  et peu glorieux – du pape Innocent XI concernant Guillaume d’Orange et les hérétiques qui est dévoilé dans cet ouvrage. On a aussi les relations qui existaient entre les « puissants » de cette époque, dont Louis XIV, Colbert, l’Empire ottoman, le pape Innocent XI, Nicolas Fouquet…
Je confirme quand même qu’au début, il est vraiment difficile de démarrer le livre, compte tenu du style un peu lourd et détaillé. Mais, une fois passées les 100 premières pages et que tout se met en place, on est plongé dans l’enquête qui se déroule dans cette petite auberge, et celle-ci aura des conséquences considérables.

En refermant le livre, je me suis vraiment demandé : jusqu’où la part de vérité allait-elle dans cette histoire ?