Amsterdam

Fiche identité

  • Titre du livre : Amsterdam
  • Auteur : Ian McEwan
  • Nombre de pages : 252
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1998

Résumé

L’histoire commence par l’enterrement de Molly Lane, critique gastronomique décédée suite à une maladie foudroyante. Clive Linley et Vernon Halliday, tous deux ses anciens amants, s’y retrouvent. Ces deux hommes, amis de longue date, mène une carrière plutôt réussie : Clive est un compositeur célèbre de symphonies tandis que Vernon est directeur de la rédaction d’un journal londonien, The Judge. Mais…

Avis          

Ce résumé est mauvais, mais comment dire en peu de mots le vrai sens de l’histoire sans dévoiler tout le contenu de ce roman d’Ian McEwan ? Le décès de Molly n’est que le prétexte pour l’auteur de nous introduire dans la vie de deux amis, je dirai plutôt des connaissances de longue date qui ont, à un moment de leur vie, partagé le lit de Molly.
L’ambiance est assez particulière : nous évoluons dans un univers très masculin dans la peau de deux hommes obnubilés par leur carrière professionnelle. Clive est un artiste solitaire, qui ne vit que pour sa symphonie ; Vernon, lui, dirige un journal en déclin et cherche tous les moyens pour booster le chiffre d’affaires. L’auteur met surtout l’accent dans ce roman sur les choix moraux et les raisons avancés par les deux protagonistes pour justifier leurs gestes : faut-il, par peur de laisser échapper l’inspiration, détourner les yeux face à une personne en danger ? Et pour Vernon, va-t-il détruire la vie personnelle et professionnelle d’un politicien pour sauver son journal ?
L’auteur met le doigt sur les travers humains, sur les mécanismes d’autojustification pour masquer la honte et pour libérer la conscience d’avoir fait une action injuste. Chacun met un masque bienveillant, mais en dessous se cache des choses bien vilaines, des choses qu’on ne souhaite pas que les autres voient, des monstres d’égoïsme et d’indifférence qui se tapissent et qui se barricadent derrière tel ou tel justification. Je suis sortie de ce livre satisfaite, car j’aime ce genre de lecture tortueuse qui nous renvoie le miroir cruel de la société actuelle. Ce n’est pas joli à voir mais ça pourrait bien être l’un de nous, l’un de nos voisins, collègues, ami(e)s ou famille…
Le style d’écriture est limpide, clair, fluide et très agréable à lire. La fin est assez originale, mais sans suspens pour moi. Je me doutais qu’ils allaient en arriver là.
À lire ? Of course !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Dans une coque de noix – ExpiationLes chiens noirs – L’intérêt de l’enfant Samedi –  Sur la plage de Chesil

Carmen

Fiche identité

  • Titre du livre : Carmen
  • Auteur : Prosper Mérimée
  • Nombre de pages : 99
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1845

Résumé

Le narrateur, archéologue féru d’histoire romaine décide de faire des recherches à propos de la bataille de Munda du côté de Cordoue. C’est ainsi qu’il y fait la connaissance d’un célèbre contrebandier, José Navarro, qui quelques mois plus tard lui confiera l’histoire de sa vie.

Avis    

Je change complètement de registre en attaquant ce classique français, surtout très connu grâce à l’adaptation en opéra par Georges Bizet. Ce livre m’a surtout attirée, car j’avais la nostalgie de l’Andalousie, région que j’ai visitée récemment. J’avais très envie d’y retourner, mais si ce n’est pas grâce à un billet d’avion, je pense qu’un roman reste un intermédiaire raisonnable.
J’étais très surprise, car je ne m’attendais pas à ce que le livre soit aussi succinct. En effet, il s’agit d’un récit très court mettant en scène trois personnages principaux : le narrateur, témoin d’une confession et qui ne joue aucun rôle mis à part celui d’auditeur (et archéologue à ses heures perdues) ; José Navarro, un soldat devenu contrebandier et Carmen, une belle Bohémienne, femme fatale et manipulatrice. L’intrigue tient en peu de mots et je m’excuse si je dévoile toute l’histoire : Carmen fera tourner la tête à José qui quitte son poste de soldat pour devenir contrebandier afin de satisfaire sa dulcinée. Fou amoureux d’elle, il sera prêt à tout pour la conquérir et à ne pas la perdre, quel qu’en soit le prix. Il s’agit d’une histoire d’amour tragique, plus proche du genre théâtral que romanesque.
La fin de l’histoire m’a un peu ému. On peut reprocher à José son excès de naïveté, possessivité et jalousie, mais à Carmen aussi sa frivolité. La question à se poser serait : qui est vraiment Carmen ? Est-ce finalement une créature sans cœur ? Ou alors une femme éprise de liberté, indépendante et qui refuse de se soumettre non seulement aux lois, mais aux hommes ? Quoiqu’il en soit, elle m’a paru quand même lointaine et peu attachante, ce qui explique une partie de la note.
Je suis surtout déçue par le dernier chapitre, qui clôt le livre d’une façon très abrupte, car il dénote complètement par rapport à l’ambiance globale : on passe de la tragédie amoureuse à une étude consacrée aux Bohémiens. Le style d’écriture est aussi riche, parfois ardu à lire. Je ne l’ai pas trouvé très fluide et il a fallu m’accrocher pour m’habituer à ses tournures de phrases et son ton parfois pompeux.
Je pense que l’opéra de Bizet reste une alternative préférable, mais pour les plus curieux, c’est un livre à découvrir quand même !