Le K

Fiche identité

  • Titre du livre : Le K
  • Auteur : Dino Buzzati
  • Nombre de pages : 441
  • Édition : Pocket
  • Année de publication : 1966

Résumé

Il s’agit d’un recueil d’une cinquantaine de nouvelles de l’auteur italien Dino Buzzati.

Avis          

Les nouvelles n’ont jamais été mon genre de prédilection jusqu’à ce que je lise celui-ci. Ce recueil m’a envoûté d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas : j’ai commencé par lire la première histoire, puis je me suis dit « encore une autre c’est vraiment pas mal ! » Et là, je suis tombée dans une spirale infernale ! Impossible de lâcher ! Plus je lisais et plus j’en redemandais encore et encore et encore.
L’auteur a un style d’écriture très agréable, fin et très soigné : il sait raconter une histoire, aller à l’essentiel, donner les détails qu’il faut sans s’embarrasser de superflus. En quelques mots, il nous plonge dans son décor qui dégage une atmosphère particulière avec une pointe de mystère et d’angoisse sourde entre les lignes. Je vous assure : c’est superbe !
Il y a des histoires pour tous les goûts : certains sont empreints d’un réalisme saisissant, d’autres frôlent le fantastique, les faits divers côtoient les confessions intimes. Dino Buzzati aborde plusieurs thèmes. Je pense que je pourrais en faire une thèse tellement il y a de choses à dire. Il évoque les illusions de l’homme moderne préoccupé par la gloire, l’argent et les vanités ; il se moque de cette course à la réussite, car au final le point d’arrivée pour tous, c’est la mort. Il nous parle de deuils, de lourds secrets portés par ces personnages, de solitude, de vaines espérances, de jalousies, d’amours destructeurs et égoïstes, du temps qui passe et qui ne revient jamais. Ce sont des récits avec un accent pessimiste, mais où émergent également une grande sensibilité et beaucoup d’humour.
Voici les nouvelles qui m’ont le plus marqué : « Le K », « La leçon de 1980 », « La création », « Général inconnu », « Et si ? », « L’arme secrète », « Pauvre petit garçon », « Le casse-pieds », « Le veston ensorcelé », « L’oeuf », « Chasseurs de vieux », « Douce nuit », « L’ascenseur », « Le petit ballon », « Suicide au parc », « Iago », « Les deux chauffeurs », « Les bosses dans le jardin », « Petite Circé », « Esclave ».
On sort de ce livre avec un léger sentiment d’inquiétude et de tristesse. Il nous donne à réfléchir sur le sens qu’on donne à sa vie sans tomber dans le côté moralisateur.
Cet ouvrage m’a beaucoup marqué, c’est pour ça que je vous invite vivement à le lire !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le désert des Tartares

Expiation

Fiche identité

  • Titre du livre : Expiation
  • Auteur : Ian McEwan
  • Nombre de pages : 496
  • Édition : Folio
  • Année de publication : 2001

Résumé

L’histoire commence en Angleterre, vers les années 30 lors d’une journée caniculaire. Briony, du haut de ces treize ans, surprend deux scènes ambiguës entre sa soeur Cecilia et Robbie, le fils de la ménagère. Mais son caractère fantasque et immature va faire basculer le cours de leur existence.

Avis          

En ce moment, j’ai la main heureuse au niveau de mes lectures : chaque livre est une pépite d’or qui m’apporte beaucoup de satisfaction. Ce livre d’Ian McEwan m’a ébloui.
Dès les premières lignes, il nous plonge dans un décor qui semble agréable, mais où souffle une ambiance étrange, comme si une fausse note résonnait quelque part. L’auteur arrive à mettre une tension subtile, mais qui monte au fur et à mesure des pages jusqu’à ce qu’éclate le drame qui va affecter toute une vie.
Pour ne pas dévoiler cette histoire magnifique, tout ce que je pourrai vous dire se résume à ceci : le thème prépondérant tourne autour du mensonge, de la culpabilité et des moyens mis en oeuvre pour racheter ces fautes.
L’auteur nous décrit minutieusement les faits et gestes des personnages principaux, leurs états d’âme pour qu’on puisse comprendre qui ils sont et ce qui les pousse à agir comme ils l’ont fait. Chacun tirera ses propres conclusions. Pour ma part, malgré cette analyse fouillée, je n’ai toujours pas réussi à répondre de manière satisfaisante à toutes mes interrogations : pourquoi ? Est-ce par orgueil, immaturité, sous le coup de la pression des autres ou bien par besoin d’être au centre de l’intérêt des gens qu’elle a agi ainsi ? Est-on trop jeune à treize ans pour discerner le bien, le mal et les conséquences d’un mensonge ? Quel gâchis, mais quel immense gâchis !
Le style d’écriture est limpide, clair et agréable. Chacune de ces phrases nous emmène dans son décor ; il joue avec notre imagination et notre perception du monde : lors de la lecture, je sentais presque la chaleur inhabituelle qui régnait dans le manoir ; j’entendais les bombes siffler sur le champ de bataille ; je voyais les soldats blessés, malades et mourants à l’hôpital avec les infirmières à leur chevet. Ian McEwan est un peintre de la société anglaise des années 30. Mais il a réussi à nous décrire aussi un pan de la Seconde Guerre mondiale avec la retraite (pour ne pas dire débandade !) vers Dunkerque des troupes britanniques. Cette partie fut un peu plus laborieuse, avec quelques longueurs disséminées ici et là, mais ce n’est pas bien grave.
Bon, voici les mots de la fin : to be read ? YES !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : AmsterdamDans une coque de noixLes chiens noirsL’intérêt de l’enfant – Samedi – Sur la plage de Chesil