La quête d’Ewilan ( Tome 1 à 3)

Fiche identité

  • Titre du livre : La quête d’Ewilan (Tome 1 à 3)
  • Auteur : Pierre Bottero
  • Nombre de pages : 1 024
  • Édition : Rageot Editeur
  • Année de publication : 2003

Résumé

Camille se retrouve propulsée accidentellement dans le royaume de Gwendalavir. Mais est-ce le hasard ou le destin ? Epaulée par son meilleur ami Salim, elle va y vivre de multiples aventures pour sauver l’empire en péril.

Avis     

Voici une trilogie passionnante destinée à des adolescents. Elle permet de les introduire doucement dans le monde magique de la fantasy et de créer ainsi de futurs aficionados.
Camille débarque par hasard dans un monde parallèle au sien, au royaume de Gwendalavir qui subit actuellement une guerre féroce contre les Raïs et les Ts’liches. Au fur et à mesure qu’elle découvre cet endroit, elle se liera d’amitié avec plusieurs personnages qui vont l’aider, car Ewilan dispose d’un pouvoir qui pourrait sauver le royaume. Les péripéties s’enchaînent vite. On suit avec avidité et avec impatience la suite de leurs aventures : va-t-elle retrouver son frère Akiro ? Vont-ils réussir à libérer les Figés et ses parents ?
Les personnages sont attachants : Ewilan, une adolescente intelligente, courageuse et déterminée, Edwin le guerrier froid et parfois trop autoritaire, Ellana la march’ombre, Bjorn le preux chevalier, Duom Nil’Erg le maître analyste, Salim un garçon espiègle et malicieux que j’ai adoré, etc.
Il y a tous les ingrédients pour tenir en haleine n’importe quel lecteur : de la magie, des aventures, des dangers, de l’amitié, une quête presque impossible, des créatures monstrueuses qui veulent à tout prix les empêcher de réussir, etc. L’univers construit par l’auteur est bien fait, mais me rappelle parfois celui du Seigneur des anneaux et d’autres livres de fantasy lu précédemment.
Le style d’écriture est limpide, fluide et sans aucune longueur. Une fois qu’on a commencé un chapitre, il est quasiment impossible de s’arrêter. On a envie de vivre l’aventure jusqu’au bout.
Je n’ai pas mis le cinquième cœur, car je trouve que certains événements sont un peu trop « faciles ». J’aurai aimé plus de difficultés pour les personnages, mais ce n’est qu’un point de vue subjectif qui n’enlève rien aux qualités de ces ouvrages.
Si vous décidez de lire cette trilogie, prévoyez quelques doses de café ou une nuit blanche, avec l’impression de se réveiller dans un univers inconnu le lendemain (on est où ? Pourquoi on est tous enfermés ? C’est quoi ce virus ?).
Pour conclure, une trilogie à découvrir absolument pour les adolescents et pour les adultes fans de fantasy !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le pacte des marchombres (Tome 1 à 3)Les mondes d’Ewilan (Tome 1 à 3)

L’histoire de Bone

Fiche identité

  • Titre du livre : L’histoire de Bone
  • Auteur : Dorothy Allison
  • Nombre de pages : 414
  • Édition : 10 x 18
  • Année de publication : 1992

Résumé

Ce roman largement autobiographique, raconte l’enfance de Ruth Ann, appelée communément Bone par sa famille en raison de sa petite corpulence.

Avis     

Je suis sortie de ce roman en pleurs. J’étais touchée jusqu’au plus profond de moi-même par l’enfance brisée de Bone.
Tellement de choses se sont bousculées dans mon cœur et dans ma tête : la colère, la haine, l’incompréhension, le chagrin et une profonde tristesse.
Mais revenons d’abord sur cette histoire : née de père inconnu dans une famille blanche et pauvre de Caroline du Sud, Bone mène une existence plutôt tranquille avec sa mère et sa demi-sœur. De plus, elle voit régulièrement la famille élargie – tantes, oncles un peu délurés, cousins et cousines, mamie – qui n’est jamais à court d’anecdotes et de ragots. Mais lorsque sa mère se remarie avec Glen, tout bascule, car elle devient victime de maltraitance et d’inceste.
Ce roman est poignant. L’auteur décrit avec beaucoup de réalisme le mécanisme de la violence au sein d’une famille : l’enfant se sent coupable et n’ose pas raconter ce qui se passe. Les autres membres de la famille ferment les yeux et accentuent encore plus l’isolement de l’enfant. J’ai ressenti chaque émotion et sentiment de Bone comme si j’étais dans sa peau ; j’ai frémi à chacune de ces colères ; j’ai senti bouillir un torrent de haine et de rage au fond de moi. Je n’avais qu’une envie : la protéger, la sortir de cet enfer, la prendre dans mes bras et la rassurer en lui promettant que tout irait bien. Mais je n’ai rien pu faire : j’ai assisté au drame, à ce terrible dénouement qui m’a fait longuement sangloté.
Expliquez-moi comment est-ce possible ? Pourquoi ce choix ? Cet aveuglement ? Je ne comprends pas…Je ne peux pas comprendre.
L’auteur décrit aussi les conditions de vie précaires d’une certaine frange de la population en Caroline du Sud : violence conjugale, alcoolisme, endettement, chômage ou prison font partie de leur quotidien.
Le style d’écriture est limpide, fluide et les pages se tournent sans aucune lassitude. Au moment où la tension est à son paroxysme, l’auteur bascule sur un mode plus doux et raconte des souvenirs d’enfance. Heureusement qu’il y a cette famille élargie solidaire et attachante malgré ses défauts. Je n’oublierai pas de sitôt l’oncle Earle, les tantes Ruth, Alma et Raylene…
Une question me taraude après la lecture de ce témoignage : qu’est devenu cet enfant ? A-t-elle pu dépasser ce passé, se « reconstruire » ? Petite Bone, où que tu sois, je souhaite que tu puisses trouver la paix.