L’histoire de Bone

Fiche identité

  • Titre du livre: L’histoire de Bone
  • Auteur: Dorothy Allison
  • Nombre de pages: 414
  • Édition: 10 x 18

Résumé

Ce roman largement autobiographique, raconte l’enfance de Ruth Ann, appelée communément Bone par sa famille en raison de sa petite corpulence.

Avis     

Je suis sortie de ce roman en pleurs. J’étais touchée jusqu’au plus profond de moi-même par l’enfance brisée de Bone.
Tellement de choses se sont bousculées dans mon cœur et dans ma tête : la colère, la haine, l’incompréhension, le chagrin et une profonde tristesse.
Mais revenons d’abord sur cette histoire: née de père inconnu dans une famille blanche et pauvre de Caroline du Sud, Bone mène une existence plutôt tranquille avec sa mère et sa demi-sœur. De plus, elle voit régulièrement la famille élargie – tantes, oncles un peu délurés, cousins et cousines, mamie – qui n’est jamais à court d’anecdotes et de ragots. Mais lorsque sa mère se remarie avec Glen, tout bascule car elle devient victime de maltraitance et d’inceste.
Ce roman est poignant. L’auteur décrit avec beaucoup de réalisme le mécanisme de la violence au sein d’une famille : l’enfant se sent coupable et n’ose pas raconter ce qui se passe. Les autres membres de la famille ferment les yeux et accentuent encore plus l’isolement de l’enfant. J’ai ressenti chaque émotion et sentiment de Bone comme si j’étais dans sa peau ; j’ai frémis à chacune de ces colères ; j’ai senti bouillir un torrent de haine et de rage au fond de moi. Je n’avais qu’une envie : la protéger, la sortir de cet enfer, la prendre dans mes bras et la rassurer en lui promettant que tout irait bien. Mais je n’ai rien pu faire : j’ai assisté au drame, à ce terrible dénouement qui m’a fait longuement sangloté.
Expliquez-moi comment est-ce possible ? Pourquoi ce choix ? Cet aveuglement ? Je ne comprends pas…je ne peux pas comprendre.
L’auteur décrit aussi les conditions de vie précaires d’une certaine frange de la population en Caroline du Sud : violence conjugale, alcoolisme, endettement, chômage ou prison font partie de leur quotidien.
Le style d’écriture est limpide, fluide et les pages se tournent sans aucune lassitude. Au moment où la tension est à son paroxysme, l’auteur bascule sur un mode plus doux et raconte des souvenirs d’enfance. Heureusement qu’il y a cette famille élargie solidaire et attachante malgré ses défauts. Je n’oublierai pas de sitôt l’oncle Earle, les tantes Ruth, Alma et Raylene…
Une question me taraude après la lecture de ce témoignage: qu’est devenu cet enfant ? A-t-elle pu dépasser ce passé, se « reconstruire » ? Petite Bone, où que tu sois, je souhaite que tu puisses trouver la paix.

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