Tsanga-tsanga

Fiche identité

  • Titre du livre: Tsanga-tsanga
  • Auteur: Jean-Marie Planes
  • Nombre de pages: 84
  • Édition: Mollat
  • Année de publication: 1999

Résumé

Nous avons ici un carnet de voyage d’un Français visitant pour la première fois l’île de Madagascar.

Avis    

En temps normal, il n’y a aucune chance que ce type d’ouvrage attire mon attention. Mais, le paysage me rappelait quelque chose de très familier et c’est en regardant bien le titre que j’ai compris qu’il parlait de Madagascar.
C’est un pays que je connais car j’en suis originaire. J’étais surtout curieuse de connaître l’impression qu’aurait un étranger sur cet endroit. Il nous livre un avis très subjectif, coloré de descriptions de paysages et de coutumes de certaines tribus malgaches comme la circoncision, le respect des Ancêtres, le retournement des morts ou bien les fady sur les jumeaux dans certaines régions. J’ai trouvé qu’il avait une opinion assez juste sur les mœurs de la société actuelle, notamment le comportement détestable de certains étrangers, les inégalités flagrantes de richesse ou bien la conduite des jeunes filles.
Malgré l’effort qu’il a fait pour saisir la culture malgache dans son ensemble, il le regarde toujours avec son œil occidental et il fait quelques jugements de valeur, notamment sur la beauté physique des gens. Puis, pour raconter un certain rite, il décrit les morts comme des « choses ». Cela m’a profondément scandalisé car ce mot, presque anodin,  montre qu’il ne comprend pas l’essence réelle de cette cérémonie, donc toute la base de notre culture. Il a aussi essayé d’intégrer un peu de vocabulaire malgache et c’est une intention louable sauf qu’il y avait pas mal de fautes d’orthographe. J’aurais aimé qu’il demande à quelqu’un de lui épeler le mot ou qu’il consulte un dictionnaire avant de les disséminer dans son bouquin.
Son style d’écriture est assez plat et je me suis vite lassée au bout de quelques pages.
Néanmoins, les magnifiques photos de Pierrot Men entre les pages rattrapent l’ensemble !

Eugénie Grandet

Fiche identité

  • Titre du livre: Eugénie Grandet
  • Auteur: Honoré de Balzac
  • Nombre de pages: 282
  • Édition: Pocket
  • Année de publication: 1833

Résumé

M. Grandet est un riche vigneron vivant dans le village de Saumur. Habile homme d’affaires, il est aussi très avare et vit très modestement avec sa femme, sa fille Eugénie et leur servante Nanon. Dans la ville, certaines familles se disputent pour pouvoir épouser la riche héritière mais un soir, le jour d’anniversaire d’Eugénie, son cousin Charles débarque inopinément de Paris.

Avis       

Ce livre m’a été recommandé par une amie et je la remercie vivement d’avoir insisté pour que je le lise. C’est aussi le premier roman de Balzac que je lis donc mon commentaire risque d’être long.
Dès le début du livre, j’étais rebutée par les longues descriptions et il a fallu que je m’y prenne deux à trois fois avant de m’insérer totalement dans l’histoire. Malgré tous les éloges faits sur cet auteur, je n’aime définitivement pas son style d’écriture, surtout sa façon de décrire les paysages ou le décor. J’ai l’impression qu’il s’attarde beaucoup sur des petits détails inutiles et superflus. Néanmoins, cet aspect n’a pas gâché l’ensemble de la lecture. 
Au-delà de l’histoire d’amour bien triste qui se noue entre Eugénie et Charles, le thème principal du livre reste l’argent, personnifié par M. Grandet. Dans mes lectures, j’ai déjà rencontré des personnages cruels mais celui-ci est le plus détestable et exécrable : c’est un être avide, avare, égoïste, despotique, totalement obnubilé par l’argent et capable de tout pour arriver à ses fins.
Si au début du livre j’ai ressenti de l’attachement pour Eugénie avec sa candeur, sa naïveté et sa simplicité, vers la fin elle m’a déçue, comme si l’héritage l’avait en quelque sorte corrompu et rendu mauvaise. Certes, son geste était généreux mais j’y ai quand même senti un arrière-goût de rancœur et d’amertume.
A travers cet ouvrage, l’auteur nous montre aussi un monde qui change et qui évolue vers un capitalisme où règne la loi du plus fort et du plus malin. Même si l’ouvrage a été écrit en 1833, il a des accents très contemporains, comme en témoigne ce paragraphe : « les avares ne croient pas à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une terrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique, les mœurs. Institutions, livres, hommes et doctrines, tout conspire à miner la croyance d’une vie future sur laquelle l’édifice social est appuyé depuis dix-huit cent ans. Maintenant, le cercueil est une transition peu redoutée. L’avenir, qui nous attendait par delà le requiem a été transposé dans le présent. Arriver per fas et nefas au paradis terrestre du luxe et des jouissances vaniteuses, pétrifier son cœur et se macérer le corps en vue de possessions passagères, comme on souffrait jadis le martyre de la vie en vu de biens éternels, est la pensée générale ! pensée d’ailleurs écrite partout, jusque dans les lois, qui demandent au législateur : « Que paies-tu ? » au lieu de lui dire « Que penses-tu ? ». Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? »

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Illusions perdues – La duchesse de Langeais – Le bal de SceauxLe colonel ChabertLe père Goriot – Les employésSplendeurs et misères des courtisanes Ursule Mirouët