Le diable au corps

Fiche identité

  • Titre du livre : Le diable au corps
  • Auteur : Raymond Radiguet
  • Nombre de pages : 191
  • Édition : Flammarion
  • Année de publication : 1923

Résumé

Alors que la guerre bat son plein en Europe, un adolescent noue une relation amoureuse avec une femme mariée à un soldat parti au front.

Avis    

Pour maintenir un brin d’activité sur ce blog en attendant que mes autres projets de lecture se concrétisent, je me suis attelée à la lecture de ce roman, au titre bien mystérieux.
Je m’attendais à une histoire de type gothique et quelle déception lorsque j’ai découvert qu’il s’agit d’un récit de passion et d’adultère entre un adolescent et une femme mariée !
Bon, je ne me laisse pas abattre et continue laborieusement ma lecture, avec pour toute compagnie un personnage principal agaçant et presque antipathique. C’est un jeune garçon imbu de sa personne, égoïste, manipulateur et pervers. Il cherche moins l’amour, mais plutôt l’emprise et le contrôle total de Marthe, une femme mariée décrite ici comme crédule et faible. Elle devient son jouet, caprice de ses sautes humeurs et de ses désirs. Si vous saviez à quel point j’avais envie de rentrer dans le roman pour leur mettre à chacun une bonne paire de claques…
Bien que l’auteur ait disséqué en profondeur les sentiments du personnage principal, je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire et à l’apprécier. Ce n’est pas ce côté immoral qui m’a dérangé – à vrai dire, cet aspect m’a même laissée indifférente – mais plutôt le style d’écriture lourd et indigeste, les phrases hachées et pompeuses, le ton un peu hautain et l’intrigue au final, des plus banales. Je n’ai pas été surprise, pas émue, juste ennuyée et ce fut un soulagement de terminer ce récit et de passer à autre chose.
Bref, un livre à mettre aux oubliettes !

Le colonel Chabert

Fiche identité

  • Titre du livre : Le colonel Chabert
  • Auteur : Honoré de Balzac
  • Nombre de pages : 208
  • Édition : Gallimard
  • Année de publication : 1832

Résumé

Le colonel Chabert a été déclaré mort il y a plusieurs années de cela, à la bataille d’Eylau. Mais gravement blessé, et enterré vif, il finit par s’en sortir miraculeusement et retourne tant bien que mal à Paris pour réclamer son identité et ses droits.

Avis    

En ce moment, je suis dans ma veine classique, et après avoir longtemps hésité, j’ai choisi de continuer à découvrir le génie de Balzac à travers ce petit roman.
Le résumé est clair, mais voici ce que je rajouterai : le colonel Chabert, à son retour à Paris, s’adresse à un avoué, M. Derville, qui par charité, l’aidera.
Mais quelle désillusion pour ce pauvre soldat ! Il arrive dans un Paris où des changements politiques ont eu lieu : adieu Napoléon et retour à la Restauration, autant dire que les soldats de son type ne sont plus les bienvenus. En plus, du temps s’est écoulé : l’administration le juge mort et enterré et ne souhaite pas étudier son cas ; sa femme s’est remariée et détient une large partie de sa fortune. Lui qui croyait être accueilli comme un héros, le voilà considéré comme un paria, un homme dont la présence gêne plus qu’elle n’arrange. La justice elle-même semble être source de complications : a-t-il le droit, ou même la légitimité, de retrouver son nom, sa femme et sa fortune ? A priori oui, mais non…
Chabert est décrit par l’auteur comme un être passif, un soldat habitué aux règles militaires et qui se retrouve perdu dans la vie en société. Son sacrifice à la guerre n’est payé en retour que par de l’ignorance et par des tromperies de son ancienne épouse. Mais il m’a quand même agacé : je l’ai trouvé naïf, candide, généreux au point d’être stupide. Il souhaite rester honorable, méprise sa femme, mais à quel prix ! Pourquoi ne pas avoir au moins lutter pour récupérer une partie de sa fortune ?
Par son attitude, il me rappelle vaguement le père Goriot, tout aussi intègre mais faible, aveugle et bête. Je suis peut-être cynique, mais à quoi sert l’honneur si on est réduit à vivre comme un mendiant ? Si le droit est avec nous, mais qu’on y renonce, qu’on l’abandonne pour des grands principes « dans les nuages » ? Bref, j’arrête de polémiquer et je retrouve mon calme !
Le style d’écriture est très riche, soutenu, avec cette fois-ci un vocabulaire spécifiquement juridique à un certain moment qui peut se révéler ardu. Les premières pages – comme tous les Balzac lus à ce jour – semblent compliquées, mais il faut persévérer un peu et ne pas abandonner tout de suite.
À lire ? Oui, quand même, car il est court et parce que c’est écrit par Balzac, ce grand génie !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Eugénie Grandet – Illusions perdues – La duchesse de Langeais – Le bal de Sceaux – Le père Goriot – Les employés – Splendeurs et misères des courtisanes – Ursule Mirouët