Le maître a de plus en plus d’humour

Fiche identité

  • Titre du livre : Le maître a de plus en plus d’humour
  • Auteur : Mo Yan
  • Nombre de pages : 128
  • Édition : Points
  • Année de publication : 2001

Résumé

Lao Ding se retrouve au chômage un mois avant sa retraite à cause de la fermeture de l’usine de matériel agricole.

Avis          

C’est le second livre de Mo Yan que je lis. Si la note s’est sensiblement amélioré par rapport au roman Le grand chambard, je ressens quand même un sentiment mitigé.
L’auteur raconte ici le changement d’existence de Lao Ding suite à la fermeture de l’usine. Comment s’en sortir quand il n’existe aucune protection du salarié ? Quelles opportunités saisir à son âge avancé et comment joindre les deux bouts avec sa vieille femme ? Une idée germe dans sa tête, mais cette activité, qui semble lucrative, n’est pas si morale.
Le thème principal est intéressant, mais l’auteur ne fait que l’effleurer délicatement, sans entrer ni dans la polémique ni dans la contestation du pouvoir politique et économique en place. Il oppose les nantis (membres du Parti ou patrons d’usine qui conduisent des berlines) aux ouvriers privés de droit et à la merci des aléas économiques. J’aurai aimé plus d’engagement de sa part, plus d’implication de l’auteur. C’est trop subtil et léger à mon goût comme roman social.
Le second reproche est la brièveté du livre. Mais qu’est-ce que c’est court : ce n’est pas un roman, au mieux une nouvelle ! N’était-il pas possible pour l’éditeur de mettre d’autres récits plutôt que celui-là uniquement ?
Le style d’écriture est léger, plein d’humour et de dérision. Je pense que ce livre reste un bon moyen d’appréhender la littérature chinoise contemporaine donc je le recommande quand même.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Le grand chambard

Le noeud de vipères

Fiche identité

  • Titre du livre : Le noeud de vipères 
  • Auteur : François Mauriac 
  • Nombre de pages : 287
  • Édition : Le livre de poche 
  • Année de publication : 1932

Résumé

Alors qu’il se sent bientôt mourant, Louis souhaite se venger des siens en les déshéritant tout en expliquant son geste dans une lettre.

Avis          

Lorsque j’ai commencé ce livre, je me suis dit : pourquoi m’intéresserai-je aux confessions d’un vieil homme plein de haine et de colère ? J’étais assez sceptique au début des premières pages, et puis d’un coup, j’étais happée par ce journal intime et par la personnalité du personnage principal.
Louis est un homme qu’on pourrait presque qualifier d’antipathique : vieux et malade du cœur, sa dernière obsession est de jouer un mauvais tour aux membres de sa famille qui n’attendent que sa mort pour s’emparer d’un héritage colossal. Pourquoi donc ne pas les dépouiller de ces biens qu’ils espèrent tant ? Homme avare, inflexible, distant, plein de rancœur envers sa femme et sa famille, il est prêt à tout pour arriver à ses fins. Mais pourquoi tant de haine ? Pourquoi être arrivé à ce geste là ? C’est là où s’épanouit tout le talent de l’auteur, car il arrive à analyser en profondeur ce personnage tortueux.
Paradoxalement, plus j’avançais dans ma lecture, plus je le prenais en pitié, plus j’avais de la compassion et plus je le comprenais et je l’appréciais même. On a tous au fond de nous peut-être ce « monstre » qui comprend le langage de son semblable…
L’auteur, à travers son personnage, critique aussi le conservatisme bourgeois de province ainsi les pratiques religieuses dénuées de sens et de foi, faites mécaniquement à la suite d’une longue habitude.
Le style d’écriture est fin, riche et nous dresse un portrait réaliste. La fin est belle et laisse un sentiment doux-amer dans la bouche.
Un livre percutant que je vous recommande !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Thérèse Desqueyroux