L’histoire de Bone

Fiche identité

  • Titre du livre : L’histoire de Bone
  • Auteur : Dorothy Allison
  • Nombre de pages : 414
  • Édition : 10 x 18
  • Année de publication : 1992

Résumé

Ce roman largement autobiographique, raconte l’enfance de Ruth Ann, appelée communément Bone par sa famille en raison de sa petite corpulence.

Avis     

Je suis sortie de ce roman en pleurs. J’étais touchée jusqu’au plus profond de moi-même par l’enfance brisée de Bone.
Tellement de choses se sont bousculées dans mon cœur et dans ma tête : la colère, la haine, l’incompréhension, le chagrin et une profonde tristesse.
Mais revenons d’abord sur cette histoire : née de père inconnu dans une famille blanche et pauvre de Caroline du Sud, Bone mène une existence plutôt tranquille avec sa mère et sa demi-sœur. De plus, elle voit régulièrement la famille élargie – tantes, oncles un peu délurés, cousins et cousines, mamie – qui n’est jamais à court d’anecdotes et de ragots. Mais lorsque sa mère se remarie avec Glen, tout bascule, car elle devient victime de maltraitance et d’inceste.
Ce roman est poignant. L’auteur décrit avec beaucoup de réalisme le mécanisme de la violence au sein d’une famille : l’enfant se sent coupable et n’ose pas raconter ce qui se passe. Les autres membres de la famille ferment les yeux et accentuent encore plus l’isolement de l’enfant. J’ai ressenti chaque émotion et sentiment de Bone comme si j’étais dans sa peau ; j’ai frémi à chacune de ces colères ; j’ai senti bouillir un torrent de haine et de rage au fond de moi. Je n’avais qu’une envie : la protéger, la sortir de cet enfer, la prendre dans mes bras et la rassurer en lui promettant que tout irait bien. Mais je n’ai rien pu faire : j’ai assisté au drame, à ce terrible dénouement qui m’a fait longuement sangloté.
Expliquez-moi comment est-ce possible ? Pourquoi ce choix ? Cet aveuglement ? Je ne comprends pas…Je ne peux pas comprendre.
L’auteur décrit aussi les conditions de vie précaires d’une certaine frange de la population en Caroline du Sud : violence conjugale, alcoolisme, endettement, chômage ou prison font partie de leur quotidien.
Le style d’écriture est limpide, fluide et les pages se tournent sans aucune lassitude. Au moment où la tension est à son paroxysme, l’auteur bascule sur un mode plus doux et raconte des souvenirs d’enfance. Heureusement qu’il y a cette famille élargie solidaire et attachante malgré ses défauts. Je n’oublierai pas de sitôt l’oncle Earle, les tantes Ruth, Alma et Raylene…
Une question me taraude après la lecture de ce témoignage : qu’est devenu cet enfant ? A-t-elle pu dépasser ce passé, se « reconstruire » ? Petite Bone, où que tu sois, je souhaite que tu puisses trouver la paix.

La passe-miroir (Tome 4)

Fiche identité

  • Titre du livre : La passe-miroir (Tome 4)
  • Auteur : Christelle Dabos
  • Nombre de pages : 576
  • Édition : Gallimard Jeunesse
  • Année de publication : 2019

Résumé

Ce livre est le quatrième tome de la série La passe-miroir. Ophélie et Thorn sont toujours à la quête du secret qui cause l’effondrement des arches. Vont-ils pouvoir déjouer les plans de cette créature qui semble tirer toutes les ficelles ?

Avis     

À l’heure où la moitié de la planète est confinée, un des rares moyens d’évasion est la lecture. En quelques pages, me voilà transportée dans un univers magique, dépaysant et plein de surprises. Ce dernier tome est plus complexe, car l’auteur déroule enfin l’explication de toutes les énigmes. Qu’est-ce que c’est bien construit, imaginé et ficelé ! J’en ai le souffle coupé !
Deux ans après la lecture de cette trilogie, je vous présente enfin le dernier tome paru récemment. Les aventures d’Ophélie et Thorn continuent et s’intensifient dans l’arche de Babel. Le couple est en quête de tous les mystères pour empêcher la destruction de leur univers. Ophélie va vivre des épreuves assez difficiles dans un endroit appelé l’Observatoire. À travers ce lieu, l’auteur dénonce les dérives de la science, prêt à tout pour obtenir des résultats : les expériences scientifiques réalisées m’ont donné froid dans le dos et montrent à quel point Ophélie est vulnérable malgré son courage. On sent une tension et une ambiance plus sombre que dans les précédents tomes.
L’auteur se focalise sur Ophélie et Thorn et met de côté la plupart des personnages secondaires croisés dans les trois premiers romans, ce qui m’a un peu peiné, car j’espérais encore en revoir certains.
Le style d’écriture est limpide, léger et envoûtant. J’ai dévoré chaque paragraphe et chaque chapitre à une vitesse que je ne soupçonnais même pas. Les péripéties s’enchaînent avec brio, sans aucune lenteur. J’ai même failli faire une nuit blanche tellement j’étais absorbée par ma lecture. Quant à la fin, que dire à part deux mots : magistrale et juste parfaite ! Je tiens particulièrement à remercier l’auteur d’être restée sur ce schéma et de ne pas avoir cédé aux sirènes des romans à l’eau de rose.
C’est avec une pointe de tristesse que je quitte ce dernier tome, tous ces personnages et cet univers féerique. C’est comme terminer un beau et long voyage et savoir que même si on revient sur les lieux, rien ne sera plus pareil comme avant.
Un dernier mot : une série que je recommande absolument !!!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : La passe-miroir (Tome 1 à 3)